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100 autographes de prestige trouvés


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Lettre autographe signée

FREUD Sigmund
Lettre autographe signée adressée à un jeune homme. Vienne 29 Mars 1931 ; 1 page in-8°. En-tête imprimé « Dr. Freud » en haut à gauche, et « Wien, IX., Berggasse 19 » en haut à droite, une page, en allemand. Freud répond à une lettre d’un jeune homme qui pensait devenir médecin, et exprime son intérêt pour un voyage en Grèce que le jeune homme fait avec sa fiancée. Freud a une lettre de M. Déridère, qui est l’inspecteur en chef de l’hygiène pour les sanitaires administration pénitentiaire et veut savoir si le jeune homme va rencontrer le Dr Déridère. Il termine la lettre : « Avec mes meilleurs vœux, votre dévoué Freud.» Rare.


Réf: 30405

18000 euros







Manuscrit autographe signé

SARTRE Jean-Paul
Manuscrit autographe (signé sur la page 1) concernant la crise du RDR (Rassemblement démocratique révolutionnaire). [Vers 1948] ; Ensemble de 14 pages in-4°, numérotées 1 à 14, ratures et corrections. Sartre participe en 1947 à l’action du « Rassemblement démocratique révolutionnaire » (RDR), parti militant français fondé avec David Rousset et Georges Altman. Ce parti qui souhaita des solutions politiques décisives inspirées par le trotskysme ne dura qu’un an. C’est le bilan de ce mouvement politique qui est traité ici par son fondateur un an après son lancement. La première page concerne les conseils de publication par J.-P. Sartre : « Je crois qu’il serait bon de supprimer la première partie (l’historique) : Raisons du RDR, qui est trop longue, assez peu rigoureuse et qui manque d’égarer dans des discussions inutiles. Pour ma part, je suggère de commencer le papier directement par : le Bilan. » Le manuscrit commence donc à la page foliotée 2 titrée « Le Bilan » : « À sa naissance le RDR de définissait comme un rassemblement de prolétaires et d’hommes libres pour lutter contre la guerre et la dictature par la Révolution Sociale. En face de l’état totalitaire russe aussi bien que de la démocratie américaine du dollar, il affirmait son entière indépendance. Repoussant à la fois le recours exclusif aux moyens parlementaires qui sont inefficaces et l’utilisation des méthodes staliniennes qui sont anti-démocratiques, il entendait faire appel à l’initiative des masses et donner à la démocratie une base populaire […] Aujourd’hui le RDR à plus d’un an d’existence ou en est-il ? Le bilan négatif est malheureusement très lourd : Après un départ encourageant, le recrutement s’est vite arrêté. […] Le Franc-Tireur n’a pas soutenu le RDR comme nous pouvons le constater […] But du congrès : Il convient d’abord de définir l’esprit dans lequel ce congrès doit se réunir. Nous devons d’abord nous persuader qu’il ne s’agit pas de la réunion annuelle des délégués d’un grand parti ou d’un mouvement de masse. Avec ses deux mille adhérents, le RDR est une avant-garde révolutionnaire. » Dans un autre chapitre « Les Principes », Sartre rappelle l’esprit du mouvement : « Le RDR lutte contre la dictature qu’elle soit de nature économique, politique, policière ou coloniale. En France il entend rassembler les antifascistes pour faire barrage contre toute tentative gaulliste d’instaurer un pouvoir fort ». Le manuscrit se termine par « L’organisation intérieure » : « Nous devons procéder de manière à mettre les dirigeants staliniens au pied du mur : s’ils refusent de s’associer à nous, ils font la preuve de leur sectarisme, s’ils acceptent, ils reconnaissent immédiatement que le RDR sert les intérêts de la classe ouvrière. Si nous avons assez de cohésion, d’indépendance et d’habileté, nous devons gagner à tous les coups et sur tous les tableaux. » La dernière page, foliotée 14, est en fait la page de titre de l’article : « Titre proposé : La crise du RDR devant la conférence nationale », avec la liste des sous titres. Magnifique manuscrit politique.


Réf: 30605

18500 euros







Lettre autographe, signée

HEMINGWAY Ernest
Lettre autographe, signée « Papa », adressée à son ami le scénariste Peter Viertel. Ketchum, Idaho, 31 décembre 1958 ; 2 pages in-4°. Très belle lettre relatant une partie de chasse : « Nous espérons vous revoir quelquefois avant que vous écriviez un autre scénario de mes livres. Peut-être pour For Whom the Bell Tolls [Pour qui sonne le glas]. For Whom the Bell Tolls fut publié en 1940. « Dear Pete : Thanks for the letter and the word from and on Jerry W. Also Merry Christmas and Happy New Year to you too. It’s been good out here all fall and so far this winter except for the skiing – a worn 10 inches showing rocks on Baldy – down to almost six actually now. No good prospects either but the weather is very screwy and nobody knows anymore. 18 inches in N. Mexico yest. – towards south bound on way Rose Bowl – we had a long beautiful fall and very good shooting – lots of birds and very good cluckers and hen shooting – spread all the way up here to Ketchum now. Fine snipe, plenty pheasants and constant ducks, although season only has 6 more days to run and the – flight not yet down from Canada where they’ve been leaving temps of 47 to 57 for months. Have had good shooting –. Have been working good and shooting well all fall. Weigh 204 – and averaged that size last winter. Everything else ok. Hope your book goes good and keeps on and you hold to what you say and do not fuck it up writing picture shit. Could use something good by you to read. Am so glad you are happy and things ok. Did not write because I kept hearing so much shit and as in some ways it was a tough year for a while did not want to bother or bore you. The last letter I’d had from you was good so stood on that. The news that you’re working good is the best I could have. Give our love to your girl. We will be here a couple more months or maybe only six weeks.Things very bad in Cuba so may have to go there sooner. Want to finish this book before I go back. Bud Purdy and your other friends send you their best. We missed you this year. Hope we’ll see you sometime before you write another picture from some book of mine. Maybe when they do For Whom the Bell Tolls over again sometime. I can get another cap out of that one. Still have this cap and will try to make it last another ten years but that is a long time to wait to see you. Hope you have a good summer and a fine winter. Give my best to John H. if you see him. Write here if you get time. Love from Mary too. Papa. » Peter Viertel met Ernest Hemingway in Sun Valley, Idaho in 1946. Viertel was working on his book, Love Lies Bleeding (1964), a fictional account of the life of Spain’s most famous matador, which was inspired by Hemingway’s Death in the Afternoon (1932). Hemingway lambasts the screenwriting process in this letter, and felt that Viertel was demeaning himself with his Hollywood work. Almost all Hemingway’s novels and short stories were made into movies, but he disliked all of them. He must have held Viertel in high regard, though, for he jokes about making another movie from one of his books! Hemingway was working on A Moveable Feast, a memoir of his life in Paris during 1921-26, his greatest work of nonfiction


Réf: 26207

19000 euros







Aquarelle et gouache, signée

DUFY Jean
Moulin de chantre à Preuilly sur Claise. Aquarelle et gouache, signée en bas à droite. À vue : 47 x 60 cm. Certificat de Jacques Bailly.


Réf: 31047

20000 euros







Dessin original à l’encre sur papier titré par Andy Warhol

WARHOL Andy
Corkie Dessin original à l’encre sur papier titré par Andy Warhol en bas à droite, représentant les deux tiers du visage de Corkie, fumant. Circa 1953; 27,5 x 21,5 cm. Certificat de Frédérick W. Hugues joint. Original ink drawing on paper, title by Andy Warhol, representing two-thirds of Corkie's face, smoking. Circa 1953; 27,5x21,5 cm (10,8 x 8,4 inches).


Réf: 31060

22000 euros







Manuscrit musical autographe signé

VERDI Giuseppe
Manuscrit musical autographe signé. Venise, 9 février 1845 ; 13,5 x 22 cm. Cachet de collection privée. 4 portées avec paroles, formant 17 mesures. Il s’agit de l’air complet du 4e acte d’Ernani sur un livret tiré de la pièce de Victor Hugo, créé à la Fenice de Venise le 9 mars 1844. Il s’agit du fameux air « Solingo, errante, misero » du « Terzetto finale ». Ernani est le second grand succès de Verdi après Nabucco, deux ans auparavant. Au dos figure un autre manuscrit musical signé Pierre Lichtenthal (valse, Milan 24 février 1846). Très belle pièce.


Réf: 31332

25000 euros







Pièce signée

LULLY Jean-Baptiste de
Pièce signée. 12 juillet 1685 ; sur vélin in-folio oblong (17,2 x 24,3 cm). « Nous Jean Baptiste Lully Escuyer conser Secretaire du Roy Maison Couronne de France et de ses finances et surintendant de la Musique de La Chambre de Sa Majesté confessons avoir receu de Mre Estienne Brunet Coner du Roy tresorier general de la Maison de Sa Majesté la somme de cent soixante cinq livres pour nos gages a cause de nostre diete charge de Surintendant de la musique pendant le quartier des mois davril May et Juin de la presente année mil six cent quatre vingt cinq dont nous quittons le diet Sieur Tresorier et tous autres. Faict à Paris le douziesme jour de juillet mil six cent quatre vingt cinq. Lully. » Autographe de toute rareté.


Réf: 30688

25000 euros







Très belle réunion de documents des intimes d’Alfred Dreyfus

AFFAIRE DREYFUS.
Magnifique réunion de documents des intimes d’Alfred Dreyfus sur l’Affaire. DREYFUS Lucie [Chatou, 1869 - Paris, 1945], épouse du capitaine Dreyfus. Lettre autographe signée, adressée au capitaine Meyer. Importante lettre de demande de soutien au capitaine Meyer comme témoin de moralité avant le Conseil de guerre du 22 décembre 1894. Mardi [mi-décembre 1894] ; 3 pages in-12, traces de ruban adhésif de consolidation. « Je suis certaine que vous avez été très impressionné de l’horrible accusation qui pèse sur mon mari ; le pauvre garçon a terriblement souffert pendant ces deux mois et il a grandement besoin d’être soutenu par ses amis pour l’aider à se justifier pleinement. Maître Demange qui a fait communication du dossier est stupéfié du néant de l’accusation et a la conviction absolue de l’honorabilité de mon mari. Aussi, viens-je, Monsieur, faire appel à votre longue et étroite amitié, à l’affection qui vous a toujours unis tous deux et vous prier de venir affirmer devant le Conseil de guerre que mon mari est incapable d’avoir commis une lâcheté, qu’il est une nature loyale et franche, qu’il est animé de sentiments très élevés et qu’il aime son pays par dessus tout. Je vous remercie, cher Monsieur, au nom de mon mari en attendant qu’il le fasse lui-même ce dont je me réjouis. Je vous serre cordialement la main. L. Dreyfus 53 rue de Chateaudun ». DREYFUS Mathieu [Mulhouse, 1858 - 1931], frère d’Alfred Dreyfus, il œuvra sans relâche pour la révision du procès. Lettre autographe signée, adressée à Alfred Dreyfus. Mulhouse le 3 février 1902 ; 3 pages in-12, enveloppe timbrée jointe. « Mon cher Alfred, J’ai lu le “Bloc” hier à Héricourt et de suite j’écrivis ceci à Clemenceau : Mon cher ami, Le passage suivant de votre article du “Bloc” d’hier : c’est alors que se présentèrent W.R. [Waldeck-Rousseau] et Millerand ....... et purent arrêter le cours de la partie avec l’aide du condamné lui-même” m’a fait beaucoup de peine et je vous aime trop pour ne pas vous le dire franchement. Rappelez vous ce qui s’est passé au Ministère du commerce, 48 heures après la condamnation, votre émotion lorsque je vous dis : “Je ne me séparerai pas de vous. Si vous persistez à refuser la grâce, je la refuserai”, ces paroles, après un long silence : “si j’étais le frère, je l’accepterais”, la mission dont je fus chargé, la pression que je dus exercer sur mon frère pour lui arracher le retrait du pourvoi. Et après ce rappel de faits, est-ce que votre expression : “Oser l’aide du condamné lui-même” ne vous paraît pas excessive ? Mettez moi en cause, attaquez moi je le veux bien, mais il n’est pas juste de faire retomber sur la victime elle-même la responsabilité de la faiblesse, les fautes des autres. Bien affectueusement à vous”. Raconte moi dans ta prochaine lettre ce que tu lui as dit et ce qu’il t’a répondu. Je suis heureux pour toi que tu ais enfin trouvé une proposition de Gustave D. donne une belle leçon à E. de R. Je t’embrasse. Mathieu. J’ai reçu ta précédente lettre. » DREYFUS Mathieu. Lettre de Mathieu Dreyfus, adressée à son frère Alfred. Mulhouse, 9 janvier 1903 ; 3 pages 1/2 in-8°. Concerne la préparation de sa demande en révision du jugement de Rennes. « Mon cher Alfred J’ai reçu ta lettre de l’autre jour à laquelle je n’ai pas voulu répondre avant de connaître le contenu de celle que tu m’annonçais par l’entremise de Paul ... Celui-ci vient de me faire remettre tes deux lettres. Mon sentiment est que les conditions actuelles sont favorables à l’action. Attendre plus longtemps, ce serait affaiblir singulièrement ta cause. En demandant une enquête énergique, approfondie au gouvernement, tu exerces un droit, tu fais ton dossier - a celui-ci de faire le sien. Le lendemain du jour ou tu auras vu Jaurès, rends toi chez Clemenceau et montre lui la déposition de Dumas. Il est indispensable que Clemenceau voie, comme les aura vus Jaurès, les éléments dont nous disposons actuellement et tu ne peux pas montrer moins de confiancxe à l’un qu’à l’autre. Et dans ta conversation avec Clemenceau, je te conseille vivement de lui parler de son frère. Ne réponds pas à Reinach avant quelques jours. Car si Cl. [Clemenceau] et Jaurès consentent à faire la démarche collective que tu vas leur demander (axe Buisson, si celui-ci est accepté par les deux autres) la question P... se trouvera incluse dans l’enquête à faire par le gouvernement. Il suffira de la signaler à ces deux amis. Mais si Clemenceau et Jaurès se refusent à faire la démarche, je ne vois pas d’inconvénient à confier la question P... à Reinach et à Brisson. Et si possible aux deux ensemble. Je ne vois aucun inconvénient, si rien n’aboutit actuellement, à l’envoi de ta lettre à ton avocat. Lorsque l’affaire sera définitivement engagée, je serai à ton entière disposition. Mais il faut insister sur ceci : “l’enquête sera ce que seront les enquêteurs”. La première personne à faire interroger est Marle. Ne l’oublie pas. Je n’ai pas écrit à Clemenceau. Il vaut infiniment mieux que tu le vois. S’il est nécessaire que j’intervienne, je le ferai, mais je pense que ce sera inutile. Je t’embrasse. Mathieu » DREYFUS Mathieu. Lettre autographe signée, adressée à Alfred Dreyfus. Mulhouse le 27 avril 1903 ; 3 pages in-12. « Mon cher Alfred, J’ai reçu ce matin tes deux lettres datées de samedi et dimanche. L’attitude de C...... m’étonne et elle me paraît contradictoire avec celle qu’il avait lors de son entretien avec Sylvère et René et de sa conversation avec Hémont. Et ce n’est pas ta demande d’enquête qui peut lui faire croire aujourd’hui que le vote de la Chambre est prohibitif. Tu as très bien agi en te refusant à envoyer une nouvelle lettre demandant à surseoir sur la réponse. La lettre de Reinach me paraît être très importante. Elle ruine la théorie des gens qui de bonne foi pouvaient croire à l’authenticité du bordereau annoté, et à la nuit historique de Mercier, et peut-être est elle un fait nouveau au point de vue de la Cour de Cassation. Car la lettre du Prince de Munster établit nettement la trahison d’Esterhazy et ton innocence. C’est un point à faire examiner par Mornard. Mon sentiment est que tu ne peux pas aller au dîner des 3 Marches. Ta situation déjà fort embarrassée, délicate, vis à vis de L. et de P. le serait encore davantage en face d’eux. Et il me semble que l’état actuel vaut encore mieux qu’une froideur, et peut-être encore davantage, montrée publiquement. Car dans ce milieu de démons se glissent des gens douteux qui ne manqueraient pas d’écouter le lendemain, soit dans les conversations, soit dans des articles de journaux, une situation difficile et tendue. En réalité, tu n’as rien à gagner dans ce contact et tu peux y perdre. L’hostilité de Joseph [Reinach] et de L.[Labori] est manifeste ; ta présence ne la fera pas disparaître. Quilici est un photographe qui nous a rendu des services. Je les ai payés en son temps, ca je lui a déjà versé 1000 francs si ce n’est pas 1500. En tout cas 1000 francs. Nous ne lui devons donc rien. Il est arrivé à Mulhouse hier. La concierge s’est méfiée de lui et lui a dit que j’étais en voyage. Voudra-t-il aujourd’hui ; c’est possible. Je t’embrasse Mathieu ». REINACH Joseph [Paris, 1856 - id., 1921], homme politique et journaliste français. Lettre autographe signée, adressée à Mme Dreyfus. Dimanche 5 septembre 1897 ; 3 pages in-12, enveloppe timbrée jointe. « Je vous remercie, Madame, de m’avoir envoyé cette belle et douloureuse lettre que je viens d’envoyer à M. S.K. [Auguste Scheurer-Kestner, président du Sénat]. Je le supplie de penser à un moyen sûr de faire savoir à votre mari qu’il s’occupe de lui, que rien ne sera épargné pour mettre un terme à son martyre. J’avise également M. S.K. que, sans le nommer et sans faire mention aucune de ses intentions, j’ai profité hier d’une longue promenade que j’ai faite avec le ministre de la Justice pour lui raconter tout ce terrible drame et lui exposer ma conviction personnelle. M. Darlan [garde des Sceaux] a été très ému. Il a été surtout frappé de tout ce que je lui ai dit et la conviction obstinée, invincible de Demange. J’estime qu’il ne serait pas inutile que Demange écrivît une lettre confidentielle au ministre de la Justice. Il peut lui dire que je l’ai informé sommairement de la conversation que j’ai eue avec lui et que, dans ces conditions, il croit devoir confirmer mes dires et exposer au ministre, bien que l’affaire soit du ressort du ministre de la Guerre, sa conviction personnelle et la raison de cette conviction. Une belle lettre, bien explicite, de Demange produirait un effet que j’estime devoir être très utile. Le dossier est bien préparé. Au moment où M. S.K agira, il n’est pas inutile que la religion du ministre de la Justice soit d’avance éclairée, que sa conscience soit tout au moins préoccupée. Demange ne devrait pas parler à Darlan des intentions de M. S.K. Il devrait seulement, mais amplement, lui imposer sa conviction personnelle. Si, pour quelque raison, il ne voulait pas écrire au ministre, il pourrait m’écrire ici (Grand Hôtel du Parc où je serai jusqu’à jeudi) une lettre que je communiquerai confidentiellement à Darlan. Voulez-vous, Madame, informer de ce que je vous écris votre beau père et notre ami Bernard Lazare. Je serai jeudi soir à Paris. Je vous prie , Madame, de croire à tout mon respectueux dévouement. Joseph Reinach Vous pouvez montrer cette lettre à M. Demange ».


Réf: 29651

25000 euros







Manuscrit musical autographe signé

SAINT-SAËNS Camille
Manuscrit musical autographe signé « Hymne à la Paix ». 1919 ; titre et 11 pages oblongues in-folio. Beau manuscrit pour chant et piano de l’Hymne à la Paix (op. 159) sur un texte de Jean-Louis Faure : « Sonnez, sonnez toujours ! Clairons de la Victoire ! Sonnez ! Voici la Paix dans son manteau de gloire ». En si bémol majeur, marqué Allegro eroico, il est soigneusement mis au net à l’encre noire sur papier oblong à 12 lignes (H. Lard-Esnault, Ed. Bellamy Sr), signé et daté 1919 en fin. C’est une des toutes dernières oeuvres de Saint-Saëns, qui en dirigea la première audition, dans sa version avec orchestre, le 14 octobre 1920, au Trocadéro, lors d’un festival en son honneur. L’Hymne à la Paix avait déjà paru dans le Supplément musical du Figaro du 9 mai 1920, et sera publié la même année chez Durand.


Réf: 30297

25000 euros







Lettre autographe signée

MILLET Jean-François
Lettre autographe signée, adressée à Durand-Ruel. Cherbourg 20 décembre 1870 ; 3 pages 1/2 in-8°, fente sur la dernière page. « Vous devez vous demander pourquoi je ne vous ai point fait encore l’envoi des tableaux dont je vous ai parlé. Plusieurs raisons m’en ont empêché. Quand j’ai répondu à votre première lettre je venais de mettre en train un tableau plus important que ceux dont je vous parlais, et j’ai voulu le continuer en laissant les autres pour un moment. Il m’est survenu un rhûme horrible qui m’a mis en de telles souffrances que j’ai été forcé de ne pas travailler pendant quelque temps. Les jours sont devenus si sombres qu’on n’y voyait véritablement pas. Puis la tête pleine de nouvelles menaces d’invasion et par terre et par mer, à ce point qu’on se tenait prêt à partir. Voici enfin mon tableau terminé & un des petits. Je le laisse seulement un peu sécher pour y revoir certaines choses après que je l’aurai desambuer. Pour comble de malchance, revoici des journées si tristes et si sombres qu’on ne peut se rendre compte au juste de ce qu’on a fait. Je crois donc qu’il vaut mieux pour vous comme pour moi que je garde ce tableau quelques jours encore, pour tâcher de lui faire gagner un degré de mieux. Mais les nécessités de la vie n’en vont pas moins leur train, & je me trouve si à court que je prends le parti de vous demander une nouvelle avance d’argent. J’aurai pourtant bien voulu n’en point venir là avant de vous envoyer mes tableaux, mais je vous le répète, j’aurai la conscience et l’esprit plus calmes en revoyant tranquillement mon tableau désambu. Je pourrais bien vous l’envoyer en l’état qu’il est, mais encore une fois, je serai plus satisfait en le gardant quelques jours de plus, très persuadé que vous comprendrez cela. Si vous pouvez faire ce que je vous demande, faites le aussi promptement que possible, je vous en prie. Je ne vois point de honte à avouer qu’il y a nécessité. Je vais prendre des informations sur la manière de vous envoyer mes tableaux. Comme il faut tenir compte des nécessités du moment comme vous me le disiez dans votre première lettre, et c’est bien raison, je vous demanderai de mes deux tableaux 2,500 f. Vous êtes à Londres au moins, aussi bien informés que nous ici. Vous savez donc comment Le Hâvre est menacé & le reste. Pourvu qu’on ne nous débusque pas d’ici ! Je n’ai point de nouvelles de Sensier depuis déjà longtemps. J’imagine qu’il a dû suivre le gouvernement à Bordeaux, mais je n’en sais pourtant rien & ne peux lui écrire sans savoir son adresse. Recevez de moi, cher Monsieur Durand-Ruel, ma très cordiale poignée de main. J.F. Millet. » Les lettres de Jean-François Millet sont d’une insigne rareté.


Réf: 661

26000 euros