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Très belle réunion de documents des intimes d’Alfred Dreyfus

AFFAIRE DREYFUS.
Magnifique réunion de documents des intimes d’Alfred Dreyfus sur l’Affaire. DREYFUS Lucie [Chatou, 1869 - Paris, 1945], épouse du capitaine Dreyfus. Lettre autographe signée, adressée au capitaine Meyer. Importante lettre de demande de soutien au capitaine Meyer comme témoin de moralité avant le Conseil de guerre du 22 décembre 1894. Mardi [mi-décembre 1894] ; 3 pages in-12, traces de ruban adhésif de consolidation. « Je suis certaine que vous avez été très impressionné de l’horrible accusation qui pèse sur mon mari ; le pauvre garçon a terriblement souffert pendant ces deux mois et il a grandement besoin d’être soutenu par ses amis pour l’aider à se justifier pleinement. Maître Demange qui a fait communication du dossier est stupéfié du néant de l’accusation et a la conviction absolue de l’honorabilité de mon mari. Aussi, viens-je, Monsieur, faire appel à votre longue et étroite amitié, à l’affection qui vous a toujours unis tous deux et vous prier de venir affirmer devant le Conseil de guerre que mon mari est incapable d’avoir commis une lâcheté, qu’il est une nature loyale et franche, qu’il est animé de sentiments très élevés et qu’il aime son pays par dessus tout. Je vous remercie, cher Monsieur, au nom de mon mari en attendant qu’il le fasse lui-même ce dont je me réjouis. Je vous serre cordialement la main. L. Dreyfus 53 rue de Chateaudun ». DREYFUS Mathieu [Mulhouse, 1858 - 1931], frère d’Alfred Dreyfus, il œuvra sans relâche pour la révision du procès. Lettre autographe signée, adressée à Alfred Dreyfus. Mulhouse le 3 février 1902 ; 3 pages in-12, enveloppe timbrée jointe. « Mon cher Alfred, J’ai lu le “Bloc” hier à Héricourt et de suite j’écrivis ceci à Clemenceau : Mon cher ami, Le passage suivant de votre article du “Bloc” d’hier : c’est alors que se présentèrent W.R. [Waldeck-Rousseau] et Millerand ....... et purent arrêter le cours de la partie avec l’aide du condamné lui-même” m’a fait beaucoup de peine et je vous aime trop pour ne pas vous le dire franchement. Rappelez vous ce qui s’est passé au Ministère du commerce, 48 heures après la condamnation, votre émotion lorsque je vous dis : “Je ne me séparerai pas de vous. Si vous persistez à refuser la grâce, je la refuserai”, ces paroles, après un long silence : “si j’étais le frère, je l’accepterais”, la mission dont je fus chargé, la pression que je dus exercer sur mon frère pour lui arracher le retrait du pourvoi. Et après ce rappel de faits, est-ce que votre expression : “Oser l’aide du condamné lui-même” ne vous paraît pas excessive ? Mettez moi en cause, attaquez moi je le veux bien, mais il n’est pas juste de faire retomber sur la victime elle-même la responsabilité de la faiblesse, les fautes des autres. Bien affectueusement à vous”. Raconte moi dans ta prochaine lettre ce que tu lui as dit et ce qu’il t’a répondu. Je suis heureux pour toi que tu ais enfin trouvé une proposition de Gustave D. donne une belle leçon à E. de R. Je t’embrasse. Mathieu. J’ai reçu ta précédente lettre. » DREYFUS Mathieu. Lettre de Mathieu Dreyfus, adressée à son frère Alfred. Mulhouse, 9 janvier 1903 ; 3 pages 1/2 in-8°. Concerne la préparation de sa demande en révision du jugement de Rennes. « Mon cher Alfred J’ai reçu ta lettre de l’autre jour à laquelle je n’ai pas voulu répondre avant de connaître le contenu de celle que tu m’annonçais par l’entremise de Paul ... Celui-ci vient de me faire remettre tes deux lettres. Mon sentiment est que les conditions actuelles sont favorables à l’action. Attendre plus longtemps, ce serait affaiblir singulièrement ta cause. En demandant une enquête énergique, approfondie au gouvernement, tu exerces un droit, tu fais ton dossier - a celui-ci de faire le sien. Le lendemain du jour ou tu auras vu Jaurès, rends toi chez Clemenceau et montre lui la déposition de Dumas. Il est indispensable que Clemenceau voie, comme les aura vus Jaurès, les éléments dont nous disposons actuellement et tu ne peux pas montrer moins de confiancxe à l’un qu’à l’autre. Et dans ta conversation avec Clemenceau, je te conseille vivement de lui parler de son frère. Ne réponds pas à Reinach avant quelques jours. Car si Cl. [Clemenceau] et Jaurès consentent à faire la démarche collective que tu vas leur demander (axe Buisson, si celui-ci est accepté par les deux autres) la question P... se trouvera incluse dans l’enquête à faire par le gouvernement. Il suffira de la signaler à ces deux amis. Mais si Clemenceau et Jaurès se refusent à faire la démarche, je ne vois pas d’inconvénient à confier la question P... à Reinach et à Brisson. Et si possible aux deux ensemble. Je ne vois aucun inconvénient, si rien n’aboutit actuellement, à l’envoi de ta lettre à ton avocat. Lorsque l’affaire sera définitivement engagée, je serai à ton entière disposition. Mais il faut insister sur ceci : “l’enquête sera ce que seront les enquêteurs”. La première personne à faire interroger est Marle. Ne l’oublie pas. Je n’ai pas écrit à Clemenceau. Il vaut infiniment mieux que tu le vois. S’il est nécessaire que j’intervienne, je le ferai, mais je pense que ce sera inutile. Je t’embrasse. Mathieu » DREYFUS Mathieu. Lettre autographe signée, adressée à Alfred Dreyfus. Mulhouse le 27 avril 1903 ; 3 pages in-12. « Mon cher Alfred, J’ai reçu ce matin tes deux lettres datées de samedi et dimanche. L’attitude de C...... m’étonne et elle me paraît contradictoire avec celle qu’il avait lors de son entretien avec Sylvère et René et de sa conversation avec Hémont. Et ce n’est pas ta demande d’enquête qui peut lui faire croire aujourd’hui que le vote de la Chambre est prohibitif. Tu as très bien agi en te refusant à envoyer une nouvelle lettre demandant à surseoir sur la réponse. La lettre de Reinach me paraît être très importante. Elle ruine la théorie des gens qui de bonne foi pouvaient croire à l’authenticité du bordereau annoté, et à la nuit historique de Mercier, et peut-être est elle un fait nouveau au point de vue de la Cour de Cassation. Car la lettre du Prince de Munster établit nettement la trahison d’Esterhazy et ton innocence. C’est un point à faire examiner par Mornard. Mon sentiment est que tu ne peux pas aller au dîner des 3 Marches. Ta situation déjà fort embarrassée, délicate, vis à vis de L. et de P. le serait encore davantage en face d’eux. Et il me semble que l’état actuel vaut encore mieux qu’une froideur, et peut-être encore davantage, montrée publiquement. Car dans ce milieu de démons se glissent des gens douteux qui ne manqueraient pas d’écouter le lendemain, soit dans les conversations, soit dans des articles de journaux, une situation difficile et tendue. En réalité, tu n’as rien à gagner dans ce contact et tu peux y perdre. L’hostilité de Joseph [Reinach] et de L.[Labori] est manifeste ; ta présence ne la fera pas disparaître. Quilici est un photographe qui nous a rendu des services. Je les ai payés en son temps, ca je lui a déjà versé 1000 francs si ce n’est pas 1500. En tout cas 1000 francs. Nous ne lui devons donc rien. Il est arrivé à Mulhouse hier. La concierge s’est méfiée de lui et lui a dit que j’étais en voyage. Voudra-t-il aujourd’hui ; c’est possible. Je t’embrasse Mathieu ». REINACH Joseph [Paris, 1856 - id., 1921], homme politique et journaliste français. Lettre autographe signée, adressée à Mme Dreyfus. Dimanche 5 septembre 1897 ; 3 pages in-12, enveloppe timbrée jointe. « Je vous remercie, Madame, de m’avoir envoyé cette belle et douloureuse lettre que je viens d’envoyer à M. S.K. [Auguste Scheurer-Kestner, président du Sénat]. Je le supplie de penser à un moyen sûr de faire savoir à votre mari qu’il s’occupe de lui, que rien ne sera épargné pour mettre un terme à son martyre. J’avise également M. S.K. que, sans le nommer et sans faire mention aucune de ses intentions, j’ai profité hier d’une longue promenade que j’ai faite avec le ministre de la Justice pour lui raconter tout ce terrible drame et lui exposer ma conviction personnelle. M. Darlan [garde des Sceaux] a été très ému. Il a été surtout frappé de tout ce que je lui ai dit et la conviction obstinée, invincible de Demange. J’estime qu’il ne serait pas inutile que Demange écrivît une lettre confidentielle au ministre de la Justice. Il peut lui dire que je l’ai informé sommairement de la conversation que j’ai eue avec lui et que, dans ces conditions, il croit devoir confirmer mes dires et exposer au ministre, bien que l’affaire soit du ressort du ministre de la Guerre, sa conviction personnelle et la raison de cette conviction. Une belle lettre, bien explicite, de Demange produirait un effet que j’estime devoir être très utile. Le dossier est bien préparé. Au moment où M. S.K agira, il n’est pas inutile que la religion du ministre de la Justice soit d’avance éclairée, que sa conscience soit tout au moins préoccupée. Demange ne devrait pas parler à Darlan des intentions de M. S.K. Il devrait seulement, mais amplement, lui imposer sa conviction personnelle. Si, pour quelque raison, il ne voulait pas écrire au ministre, il pourrait m’écrire ici (Grand Hôtel du Parc où je serai jusqu’à jeudi) une lettre que je communiquerai confidentiellement à Darlan. Voulez-vous, Madame, informer de ce que je vous écris votre beau père et notre ami Bernard Lazare. Je serai jeudi soir à Paris. Je vous prie , Madame, de croire à tout mon respectueux dévouement. Joseph Reinach Vous pouvez montrer cette lettre à M. Demange ».


Réf: 29651

25000 euros







Manuscrit musical autographe signé

SAINT-SAËNS Camille
Manuscrit musical autographe signé « Hymne à la Paix ». 1919 ; titre et 11 pages oblongues in-folio. Beau manuscrit pour chant et piano de l’Hymne à la Paix (op. 159) sur un texte de Jean-Louis Faure : « Sonnez, sonnez toujours ! Clairons de la Victoire ! Sonnez ! Voici la Paix dans son manteau de gloire ». En si bémol majeur, marqué Allegro eroico, il est soigneusement mis au net à l’encre noire sur papier oblong à 12 lignes (H. Lard-Esnault, Ed. Bellamy Sr), signé et daté 1919 en fin. C’est une des toutes dernières oeuvres de Saint-Saëns, qui en dirigea la première audition, dans sa version avec orchestre, le 14 octobre 1920, au Trocadéro, lors d’un festival en son honneur. L’Hymne à la Paix avait déjà paru dans le Supplément musical du Figaro du 9 mai 1920, et sera publié la même année chez Durand.


Réf: 30297

25000 euros







Lettre autographe signée

MILLET Jean-François
Lettre autographe signée, adressée à Durand-Ruel. Cherbourg 20 décembre 1870 ; 3 pages 1/2 in-8°, fente sur la dernière page. « Vous devez vous demander pourquoi je ne vous ai point fait encore l’envoi des tableaux dont je vous ai parlé. Plusieurs raisons m’en ont empêché. Quand j’ai répondu à votre première lettre je venais de mettre en train un tableau plus important que ceux dont je vous parlais, et j’ai voulu le continuer en laissant les autres pour un moment. Il m’est survenu un rhûme horrible qui m’a mis en de telles souffrances que j’ai été forcé de ne pas travailler pendant quelque temps. Les jours sont devenus si sombres qu’on n’y voyait véritablement pas. Puis la tête pleine de nouvelles menaces d’invasion et par terre et par mer, à ce point qu’on se tenait prêt à partir. Voici enfin mon tableau terminé & un des petits. Je le laisse seulement un peu sécher pour y revoir certaines choses après que je l’aurai desambuer. Pour comble de malchance, revoici des journées si tristes et si sombres qu’on ne peut se rendre compte au juste de ce qu’on a fait. Je crois donc qu’il vaut mieux pour vous comme pour moi que je garde ce tableau quelques jours encore, pour tâcher de lui faire gagner un degré de mieux. Mais les nécessités de la vie n’en vont pas moins leur train, & je me trouve si à court que je prends le parti de vous demander une nouvelle avance d’argent. J’aurai pourtant bien voulu n’en point venir là avant de vous envoyer mes tableaux, mais je vous le répète, j’aurai la conscience et l’esprit plus calmes en revoyant tranquillement mon tableau désambu. Je pourrais bien vous l’envoyer en l’état qu’il est, mais encore une fois, je serai plus satisfait en le gardant quelques jours de plus, très persuadé que vous comprendrez cela. Si vous pouvez faire ce que je vous demande, faites le aussi promptement que possible, je vous en prie. Je ne vois point de honte à avouer qu’il y a nécessité. Je vais prendre des informations sur la manière de vous envoyer mes tableaux. Comme il faut tenir compte des nécessités du moment comme vous me le disiez dans votre première lettre, et c’est bien raison, je vous demanderai de mes deux tableaux 2,500 f. Vous êtes à Londres au moins, aussi bien informés que nous ici. Vous savez donc comment Le Hâvre est menacé & le reste. Pourvu qu’on ne nous débusque pas d’ici ! Je n’ai point de nouvelles de Sensier depuis déjà longtemps. J’imagine qu’il a dû suivre le gouvernement à Bordeaux, mais je n’en sais pourtant rien & ne peux lui écrire sans savoir son adresse. Recevez de moi, cher Monsieur Durand-Ruel, ma très cordiale poignée de main. J.F. Millet. » Les lettres de Jean-François Millet sont d’une insigne rareté.


Réf: 661

26000 euros







Lettre autographe signée

DEGAS Edgar
Lettre autographe signée, adressée à Henry Lerolle. Samedi [18 décembre 1897] ; 1 page in-12, avec adresse (carte-lettre). Superbe lettre donnant sa façon de faire des dessins. Jeudi il est pris par Halevy ; il faudra l’excuser. « J’ai beau me le répéter tous les matins, me redire qu’il faut dessiner de bas en haut, commencer par les pieds, qu’on remonte bien mieux la forme qu’on ne la descend, machinalement je pars de la tête hélas ! »


Réf: 572

27000 euros







Dessin autographe signé.

HUGO Victor
Dessin autographe signé. Dessin original, à la plume et au lavis, signé et daté en bas à droite « Jersey 1854 », collé sur un feuillet avec dédicace autographe signée, « Marine Terrace 1er janvier 1855 » ; environ 3,7 X 10 cm, sur un feuillet 8,7 X 12,5 cm (à vue), encadré avec l’adresse autographe au dos. Petit paysage à la plume et au lavis d’encre brune, et estompe, représentant une bourgade dans le lointain, avec la grosse tour d'un château-fort, et les flèches d'une église. Cette « carte de vœux » est signée et datée en bas à droite : « Victor Hugo. Jersey 1854 ». Victor Hugo l’a montée sur un feuillet de papier sur lequel il a inscrit la dédicace : « Aux pieds de Madame Jules Janin Victor Hugo Marine Terrace, 1er janvier 1855 ». Au verso, l’adresse porte : « Monsieur Jules Janin 20, r. Vaugirard ». Adèle Huet (1820-1876), fille du maire d’Évreux, avait épousé en 1841 le célèbre critique Jules Janin (1804-1874).


Réf: 28298

35000 euros







Lettre autographe signée avec dessin, adressée à Florence Gould

MATISSE Henri Émile
Lettre autographe signée avec dessin, adressée à Florence Gould. Vence 25 décembre 1948 ; 1 page in-4 (26,8 x 20,8 cm, le nom de la destinataire un peu effacé). Belle lettre de vœux illustrée d’un grand dessin de deux fleurs, à la plume et aux crayons rouge et bleu. « Joyeux Noël & mes meilleurs vœux pour l’année 1949. Santé, Bonheur & tout. Votre dévoué, Henri Matisse ».


Réf: 30755

35000 euros







Lettre autographe signée

GAUGUIN Paul
Lettre autographe signée, adressée à Camille Pissarro. [Rouen, vers le 15-20 août 1884] ; 1 page in-8°. « Mon cher Pissarro, J’attends avec plaisir l’arrivée de votre fils et j’espère assez qu’il ne va pas loger chez Murer mais chez moi. Il faut que j’envoye en Norvège le tableau ; il est temps. Si vous comptez toujours exposer, que Lucien les apporte pour que je les envoie avec les miens d’un seul envoi. Quatre, deux dessins ou aquarelles et deux peintures, je compte envoyer la même chose. A quoi pensez-vous d’avoir encore un enfant, le moment n’est pas choisi, il est vrai qu’on ne fait pas ce que l’on veut. Je vous écris à la hâte. Tout à vous. P. Gauguin. Si on arrivait à vendre en Norvège vous savez qu’avec 5 000 f une famille peut vivre superbement et que le pays est très beau. » C’est en grande partie par le truchement de Pissarro que le jeune Paul Gauguin, qui souhaite à la fois quitter Paris et adopter définitivement et exclusivement le métier de peintre, choisit à son tour de s’installer à Rouen. Il nourrit l’espoir, qui fait sourire le vieux Pissarro, de vendre facilement ses toiles aux riches négociants de la ville et trouve une maison dans le quartier Jouvenet en janvier 1884. Il y séjournera dix mois avant de rejoindre sa femme, partie avant lui, à Copenhague. La production de Gauguin à Rouen, très mal connue, est fascinante et pose des questions essentielles sur l’état de l’impressionnisme au milieu des années 1880, alors que germe le mouvement néo-impressionniste. Gauguin envoie plusieurs de ses tableaux rouennais aux dernières expositions impressionnistes et c’est certainement le moment où sa peinture est le plus en phase avec les principes du mouvement, qu’il a approfondis en compagnie de Pissarro, de Cézanne et de Guillaumin. Mais l’originalité de ces peintures tient aussi au fait qu’il se cantonne dans son quartier résidentiel, rustique, ignorant le centre-ville et ne peignant qu’exceptionnellement la Seine. Le Rouen de Gauguin est un village verdoyant et mystérieux, dont le relief très particulier suggère des visions verticales et fermées, dans lesquelles le spectateur a l’impression de s’enfoncer. Ce visage de la ville, présent aussi chez les peintres de l’école de Rouen, imprégnés de la géographie de leur cité, échappe entièrement à Monet et à Pissarro, même s’ils n’ont pas manqué d’explorer, comme il se doit à Rouen, les hauteurs environnantes. En 1884, Paul Gauguin présente plusieurs tableaux. Pour la petite histoire, Fritz Thaulow et Paul Gauguin étaient à l’époque beaux-frères ayant épousé deux sœurs danoises Ingeborg et Mette Gad. Ajoutons à cela que Gauguin et Mette eurent un fils, Pola, qui devint par la suite le biographe d’Edvard Munch. 1890 est un bon cru pour les artistes français : les œuvres de Degas, Monet et Pissaro marquent l’exposition. L’année suivante c’est au tour d’Auguste Rodin de venir en terre nordique avec L’éternel printemps. Début 1895, Claude Monet revient en Norvège pour y peindre. Il séjourne quelques mois et son tableau du Mont Kolsaas est aujourd’hui exposé au Musée d’Orsay.


Réf: 627

36000 euros







Ensemble de 22 lettres autographes signées

CIORAN Emil Michel
Ensemble de 22 lettres autographes signées, adressées à Mme Laurent. De 1976 à 1990 ; formats in-8° et in-4° principalement ; quelques traces de mouillures sur 6 lettres. — Paris, 22 janvier 1976 : Il a « accepté d’écrire pour une revue un texte assez compliqué. » Il se plaint des difficultés de son âge pour travailler. « Or, le cerveau ne marche pas toujours seul ; il faut l’aider, le fouetter. Je fais exactement le contraire, puisque je vis sur des tisanes, qui l’engourdissent au lieu de le réveiller. » Dieppe, le 24 août 1976 : « La Normandie ne vaut pas la Californie […] d’abord parce que cette ville est boudée par les gens bien, ensuite parce que des amis vous y prêtent depuis longtemps chaque année une appartement somptueux. Simone a passé le mois de juillet en Vendée où elle pense retourner pour une semaine avant la rentrée. Nous sommes curieux d’en saisir plus long sur vos impressions d’Amérique. […] Je relis des ouvrages inactuels à la bibliothèque d’ici, ce qui me donne une vague illusion d’activité. » ; Saint-Julien de Concelles, le 7 août 1977 : ils sont chez des amis. « J’y fais de petits travaux de toutes sortes par plaisir bien entendu, car je suis bricoleur dans l’âme. La seule manière de surmonter un cafard invétéré est de s’adonner à des exercices physiques, plus précisément manuels. […] Le mois de juillet a été terrible pour moi : chaque jour des visiteurs de partout... Un vrai cauchemar. Simone a été malade : elle a attrapé une amibe en mangeant quelque crudité et, pour s’en débarrasser, elle doit faire une cure d’arsenic ! ». Dieppe, le 21 décembre 1977 : « Le “destin” de Dick me poursuit. Gâcher une situation comme la sienne, à cause d’une gourgandine ! Cela peut être beau dans une perspective littéraire, mais lui, n’aimait que l’efficacité et non la poésie du downfall. » Paris, 10 janvier 1978 : « Un seul événement mémorable à la B.B.C, un major survivant du Titanic, fait le récit de la catastrophe avec un détachement extraordinaire. » ; 27 mai 1978 : « De mon côté, je vois tous les jours des gens et je vous assure que je ne suis pas quelqu’un qui mérite d’être envié. La condition des morts n’est pas tellement pénible, eux du moins ne reçoivent plus de visites. J’espère que le fait d’être grand-mère a eu sur vous un effet plutôt tonique. Puisqu’il faut que la vie se perpétue, il vaut mieux que cela se fasse par des êtres qu’on aime. Et non par des Katangais ! ». Paris, le 14 juin 1979 : « Avril et mai, je les ai passés presque entièrement dans ma chambre, à cause d’une grippe et ‘une infection à la gorge. Après m’être soigné moi-même inutilement avec des plantes, il m’a fallu prendre des antibiotiques, ce qui équivaut à une défaite. Simone a été plus chanceuse que moi. » Paris, le 15 novembre 1979 : « L’article du Monde a été écrit par un ami. En revanche le dessin, j’entends la caricature est l’oeuvre d’un inconnu […]. On dirait une tête de rat ! Je ne suis tout de même pas si hideux. Ne croyez pas que je sois tellement content du bruit qu’on fait autour de mon livre. J’ n’y suis pour rien. Ce genre de cirque appartient au paysage parisien, et il faut s’y résigner. ». Dieppe, 23 juillet 1980 : « Je n’insiste pas sur l’anniversaire, car cela invite toujours à des réflexions mélancoliques? Personnellement je n’ai jamais fêté un événement quelconque de ma vie, en tout cas pas celui de ma naissance. » Il annonce que Simone est à la retraite et que l’état de santé de son frère est bon « peut-être trop bon ». Paris, le 29 décembre 1980 : « Je n’ai pas le courage de me réfugier à Dieppe à cause du climat trop vif. J’y dors en effet très mal. Où aller ? ». Dieppe, le 9 février 1682 : « Je suis devenu une sorte de personnage “culturel”, avec tout ce que cela implique de concessions, de cabotinage […]. Cela a commencé à Cologne où je me suis produit devant un public allemand […]. Ce fut un demi-échec. En revanche, invité par l’Institut Français d’Amsterdam, je m’y suis comporté comme un acteur. Il s’agissait d’un dialogue en fait : un professeur hollandais qui posait des questions et j’y répondais comme si je m’étais trouvé sur une scène...[…] La vieillesse nous fait gagner en vanité ce que nous perdons en orgueil. Je suis content d’apprendre que Dick a remonté la pente. J’aimerais bien savoir ce qu’il pense de l’état actuel de l’Europe ». 6 septembre 1981 : Ils sont chez des amis où ils pratiquent le jardinage et le bricolage « Vous écrivez de bien jolies lettres ; la dernière surtout devrait figurer dans vos Mémoires si un jour vous décidez d’évoquer les évènements marquants de votre vie. » Paris, 30 décembre 1984 : « Je me fais le reproche d’avoir très peu lu Mme de Sévigné. Je vais vous imiter, je vais me plonger dans ses lettres ». Paris, le 1er janvier 1986 : « Notre voyage a été une réussite. Ce qui nous a plus surtout c’est Lecce, ville splendide non loin de Brindisi, où nous avons pris le bateau pour la Grèce. Athènes nous a déçus. Il est vrai que j’ai dû y donner deux conférences, ce qui suffit à vous gâcher un voyage. Nous nous sommes arrêtés heureusement quelques jours à Corfou qui, sans les touristes, serait une manière de paradis. » Paris, 15 avril 1986 : « Thank youfor your telegramme. But I am on evening of my birthday ». Paris, le 28 décembre 1986 : « Chacun de nous deux, vu notre âge, a des ennuis de santé plus ou moins sérieux. Simone se plaint des jambes, moi je surveille ma tention et affronte — depuis 25 ans ! — mes ennuis gastriques. » Dieppe, le 30 juin 1987 : « Ma vie est devenue un cauchemar. Aurais-je pu empêcher que les choses tournent de cette façon ? Je n’en suis pas sûr. Le résultat de tout cela est que j’ai perdu toute envie de me manifester et que j’évolue lentement vers une manière spéciale d’abrutissement. » Paris, le 11 avril 1989 : « Au long des années, je n’ai fait que maudire le jour de ma naissance et m’émerveiller en même temps d’être né. Je n’aurais donc pas vécu en vain, et c’est avec joie que je contemple cet investigateur d’optimisme qu’est le Pomerol. » Paris, le 21 février 1990. Il n’ a pas répondu plus tôt à sa lettre : « Mon excuse ? La maladie ou plutôt un état étrange qui relève de la psychiatrie et de la vieillesse. Jusqu’à présent je connaissais la fatigue comme problème, je la connais maintenant comme état. C’est ce qu’on appelle progrès.... J’espère pourtant qu’une amélioration est toujours possible. » Sans date : « Cela pourrait aller si je n’étais pas envahi par mes compatriotes et, ce qui est plus grave, par des “écrivains” d’ici et d’ailleurs qui me demandent des préfaces et d’autres stupidités. » Paris, 24 august : « We would be very pleased to see you again, if you could come to dinner next wednesday th 28. » 6 décembre : « I am very much upset by the news of the death of your husband. I know that you were very happy together ». On joint une lettre de Simone : « Dec 6. Thank you for your beautiful little card. […] I wonder if I could arrange a little dinner sometime next week. I would ask Christiane Frémont. […] We would drink the bottle of ine she brought me some time ago. A ‘82 Saint-Émilion 1er grand cru classé ! ». Nous savons que Mme Laurent était une américaine parisienne grande femme élégante et très amie de Man Ray, habitant le quartier de l’Odéon. Elle croisa Cioran rue de l’Odéon et l’aborda. Il l’invita chez lui dans son petit appartement de la rue de l’Odéon et ils sont devenus amis. A la mort de Cioran, elle resta amie avec Simone la compagne de Cioran.


Réf: 30552

38000 euros







SOUVENIRS du baron Tristan LAMBERT.

PRINCE IMPÉRIAL
Souvenirs du Prince Impérial recueillis par le baron T. Lambert. — Médaille en cuivre par Cavelier — 1856 : La Ville de Paris offre à l’Empereur et à l’Impératrice le berceau du Prince Impérial. — Paire de chaussons de bébé du Prince Impérial. — 2 lettres de Marie Stuart. — 14 dessins du Prince Impérial. — Bretelle à boutons porté par le Prince à l’âge de 7 ans. — Livret du Prince Impérial. — Cheveux du Prince Impérial. 1864. — Cheveux de Napoléon III. 1864. — Cheveux de Napoléon III et de l’impératrice. 1864. — Manuscrit du déjeuner du samedi 9 juillet 1864. — Mouchoir carré brodé au chiffre « N » Mouchoir du Prince Impérial à son chiffre brodé. — 2 morceaux de feuille de la palme bénite qui était à son chevet aux Tuileries entre 1867 et 1868, donnés par le Prince Impérial au baron Tristant Lambert. — Boîte à bonbons avec le portrait de l’Impératrice d’Autriche, prise par Napoléon III à Salzbourg à la table de l’Empereur d’Autriche, rapporté par lui au Prince Impérial. — Carte de membre du Cercle des patineurs pour « M. S.A.I. le Prince Impérial, membre du cercle, carte personnelle valable du 1er Xbre 1868 au 1er Xbre 1869 ». En carton vert à pan bordé d’un filet noir. — Ensemble de 3 signatures à l’encre du Prince Impérial. — Photographie de Napoléon IV en buste, en uniforme, arborant ses décorations, assis dans un fauteuil, un livre à la main. Photographie de Le Jeune. Signée à l’encre « Napoléon » et au dos « St Cloud Octobre 1869 ». 105 X 60 mm. — Mouchoir de la Duchesse de Berwick et d’Albe. — Guêtres d’uniforme du Prince Impérial. — Photographie du Prince Impérial en uniforme, arborant ses décorations, assis dans un fauteuil, un livre à la main. Photographie de Le Jeune. Dédicacée « Louis-Napoléon, le 20 9bre 1869, souvenir affectueux de Compiègne ». 105 X 60 mm. — Photographie du Prince Impérial en uniforme, de trois-quart, arborant ses décorations. Photographie de Le Jeune. Dédicacée « Louis-Napoléon, le 20 juillet 1870 ». 105 X 60 mm. — Photographie du Prince Impérial en uniforme, de trois-quart, arborant ses décorations. Photographie de Le Jeune. Dédicacée « Louis-Napoléon, le 6 février 1871 ». 100 X 60 mm. — Photographie légendée « Wilhelmshöhe 16 fev 71 ». Photographie par Emil Rothe Cassel, représentant sept hommes sur un balcon. De gauche à droite : M. Adolphe Abeille (secrétaire du Prince Impérial), le commandant baron Lambert (Commandant des chasses), Tristan Lambert (engagé volontaire), le général marquis de Forton, M. O’Connor S.lieutenant aux Guides, S.A. le général Prince Joachim Napoléon Murat, Comte Louis de Turenne S.lieutenant aux Guides, avec leurs signatures. 185 X 230 mm. — Crayon de bois verni. Acvec étiquette manuscrite à l’encre « Porte-plume, plume, crayon, boîte à cigarette de S.M. L’Empereur Napoléon III, pris par moi dans le cabinet de S.M. et avec sa permission le jour de notre départ de Wilhemshöhe, avant la messe, le 19 mars 1871. Tristant Lambert ». Au dos « Porte-plume et crayon de Napoléon III à Wilhemshöhe ». — 2 photographies du Prince Impérial: * de 3/4 en uniforme, portant ses décorations, par Le Jeune avec dédicace à l’encre « Louis-Napoléon le 15 août 1871 ». * en buste en civil avec la plaque de la Légion d’honneur, par Camden Place Chislehurst. 105 X 60 mm. — 2 photographies du Prince Impérial: * Par Downey London avec dédicace à l’encre « Louis-Napoléon 1872 ». * Par Downey London avec dédicace à l’encre « Louis-Napoléon le 5 janvier 1872 ». 105 X 60 mm. — Photographie du Prince Impérial en buste, en civil, portant la plaque de la Légion d’Honneur. Par Downey London. Signé « Napoléon ». Au dos : Signé « A Tristan Lambert, souvenir de Camden, le 26 juillet 1872 ». 105 X 60 mm. — Photographie du Prince Impérial en buste, en civil. Par Elliot & Fry London. 165 X 110 mm. — L’Empereur Napoléon III, assis, en civil, portant ses décorations. — Paire de chaussettes en fil blanc du Prince Impérial. Avec coutures brodées. En partie haute, chiffré en fil rouge « N » et numéro sur l’une 5 et l’autre 8 — Porte-cigares. En paille tressée, vert et blanc. Avec étiquette manuscrite légendée à l’encre « Porte-cigares donné par le Prince Impérial à Chislehurst T. Lambert ». — Brin de laine et petit morceau de tissu taché de sang. — Fleurs artificielles. Fleurs posées sur le cercueil du Prince Impérial. 1879. — Fleurs artificielles. Fleurs posées sur le cercueil du Prince Impérial. 1879. — Fleurs artificielles. Fleurs posées sur le cercueil du Prince Impérial. 1879. — Fleurs de lierre et fleurs séchées. Fleurs posées sur le cercueil du Prince Impérial. 1879. — 2 franges en argent. Franges du poële mortuaire du Prince Impérial. — Manuscrit autographe du Prince Impérial. « Prière composée par le Prince Impérial et trouvée écrite de sa main dans son livre de messe après sa mort par l’Impératrice ».


Réf: 28913

40000 euros







Gouache sur papier

VLAMINCK Maurice de
Maison Dupuis - rue de village. Gouache sur papier cartonné. Signée en bas à droite. 44,5 x 54 cm Etiquette au dos de la galerie Le Niveau 133 Bld du Montparnasse — Collection du docteur G. Avec certificat du comité Wildenstein.


Réf: 2108

48000 euros