Archives pour février 2012

Cardinal de Retz

RETZ Jean-François-Paul de [Montmirail, 1613 – Paris, 1679],  archevêque de Paris et écrivain français. Objet de la haine implacable de Louis XIV, le cardinal de Retz avait cependant obtenu la permission de s’établir à Commercy, où il vivait en grand seigneur tout en rédigeant ses Mémoires. En cette année 1762, Mme de Sévigné raconte comment Corneille, Molière et Boileau venaient, pour le distraire, lui lire leurs œuvres.

Lettre autographe signée « Le cardinal de Rais », adressée à M. de Bissi.  A Commerci, le 16 de juin 1672 ; 1 page in-8° avec adresse autographe et cachets de cire rouge aux armes au verso du 2e feuillet.

Il parle d’une prière que M. de Rochebrune lui fera de sa part : « mais je vous avoue que vous estimant autant que je le fais, je trouve même une satisfaction sensible à vous être obligé et à vous témoigner par la confiance que je prends en vostre bonté pour moi et pour mes amis, l’estime très parfaite et très véritable que je fais du bien de votre amitié. » Transcription ancienne jointe.  Très rare.

Vous pouvez l’acheter en téléphonant à Arts et Autographes (01 43 25 60 48) ou en passant à la galerie pour l’acquérir. Lien sur la fiche de l’ouvrage : ICI.

Aujourd’hui, 8 février 2012, s’est vendu à l’Hôtel Drouot, aux enchères, par l’Etude Néret-Minet Tessier, un dossier peu ordinaire, un « petit trésor d’histoire » : le dossier de manuscrits de travail du procureur général dans l’Affaire Landru. Voici la description au catalogue :

AFFAIRE LANDRU

Étonnant et exceptionnel ensemble de brouillons de la plaidoirie de M. Robert Godefroy, avocat général dans l’Affaire Landru. [1920-1921].

Il s’agit des manuscrits de travail issus de ses archives personnelles. Cet ensemble comprend les dossiers (manuscrits avec de nombreuses corrections, interrogatoires de Landru, etc.) des victimes Mme Buisson, Mlle Marchadier, Mme Héon, Anna Collomb, Mme Laborde-Line, Mme Jaume, Mme Pascal, Mlle Babelay, Mme Guillin, Mme Cuchet.

Sont joints à ces manuscrits de travail : le réquisitoire définitif du Procureur de la République (tapuscrit), l’acte d’accusation de l’avocat général, M. R. Godefroy manuscrits d’ébauche du tapuscrit définitif et le tapuscrit.

Sont joints différents tapuscrits en rapport avec l’audience, projets de liste de témoins, incidents prévus, papiers divers lettre anonyme et articles de journaux.

Pour cette affaire qui passionna toute la France, nous citons une des réponses de Landru à l’avocat général qui est presque un aveu : « Vous parlez toujours de ma tête, Monsieur l’avocat général, je regrette de n’en avoir pas plusieurs à vous offrir ». Le procès attira le Tout-Paris, Mistinguett, Raimu, Colette, etc.

Ce dossier personnel de travail est exceptionnel et de tout premier plan sur cette fameuse affaire qui défraya les années 1920-1921.

Après une bagarre d’enchère entre un musée privé et un amateur, le marteau tombait à 7500 euros. Et une main se lève dans le fond de la salle : « Sous réserve de préemption de l’Etat ». L’Etat ainsi faisait préemption en achetant au prix adjugé le précieux ensemble de manuscrits du procureur. Ce dossier dormait dans la famille depuis 1921.

Mise en vente à la fin du procès, la cuisinière a d’abord rejoint le Musée Grévin, puis une collection américaine. Aux dernières nouvelles, ce serait Laurent Ruquier qui l’aurait achetée et exposée dans le hall du Théâtre Marigny où sa pièce a été jouée du 1 Décembre 2005 au 26 Février 2006. Il y a une vingtaine d’année un grand écrivain récupéra aux puces, sur la cuisinière, l’étiquette sur laquelle était marquée : « cuisinière-Affaire Landru ». Ce précieux document est dans la collection de ce grand écrivain fantastique…