Archives pour février 2017

627-GauguinNous avons de belles lettres de peintres et particulièrement de Gauguin dans nos trésors.

GAUGUIN Paul [Paris, 1848 – Atuona, îles Marquises, 1903],  peintre français.

Lettre autographe signée, adressée à Camille Pissarro. [Rouen, vers le 15-20 août 1884] ; 1 page in-8°.

« Mon cher Pissarro,

J’attends avec plaisir l’arrivée de votre fils et j’espère assez qu’il ne va pas loger chez Murer mais chez moi. Il faut que j’envoye en Norvège le tableau ; il est temps. Si vous comptez toujours exposer que Lucien les apporte pour je les envoie avec les miens d’un seul envoi. Quatre, deux dessins ou aquarelles et deux peintures je compte envoyer la même  chose.

A quoi pensez-vous d’avoir encore un enfant, le moment n’est pas choisi, il est vrai qu’on ne fait pas ce que l’on veut.

Je vous écris à la hâte. Tout à vous

P. Gauguin

Si on arrivait à vendre en Norvège vous savez qu’avec 5000f une famille peut vivre superbement et que le pays est très beau ».

Entre des mois de juin et d’août relativement froids, Paris, fut caniculaire. La température atteignit 35°6 le 5 juillet, 37°8 le 15 et 38°4 le 19 ; d’ou l’on infère la datation de la lettre.

C’est en grande partie par le truchement de Pissarro que le jeune Paul Gauguin, qui souhaite à la fois quitter Paris et adopter définitivement et exclusivement le métier de peintre, choisit à son tour de s’installer à Rouen. Il nourrit l’espoir, qui fait sourire le vieux Pissarro, de vendre facilement ses toiles aux riches négociants de la ville et trouve une maison dans le quartier Jouvenet en janvier 1884. Il y séjournera dix mois avant de rejoindre sa femme, partie avant lui, à Copenhague.

La production de Gauguin à Rouen, très mal connue, est fascinante et pose des questions essentielles sur l’état de l’impressionnisme au milieu des années 1880, alors que germe le mouvement néo-impressionniste. Gauguin envoie plusieurs de ses tableaux rouennais aux dernières expositions impressionnistes et c’est certainement le moment où sa peinture est le plus en phase avec les principes du mouvement, qu’il a approfondis en compagnie de Pissarro, de Cézanne et de Guillaumin. Mais l’originalité de ces peintures tient aussi au fait qu’il se cantonne dans son quartier résidentiel, rustique, ignorant  le centre-ville et ne peignant qu’exceptionnellement la Seine.

Le Rouen de Gauguin est un village verdoyant et mystérieux, dont le relief très particulier suggère des visions verticales et fermées, dans lesquelles le spectateur a l’impression de s’enfoncer. Ce visage de la ville,  présent aussi chez les peintres de l’école de Rouen, imprégnés de la géographie de leur cité, échappe entièrement à Monet et à Pissarro, même s’ils n’ont pas manqué d’explorer, comme il se doit à Rouen, les hauteurs environnantes.

En 1884, Paul Gauguin présente plusieurs tableaux. Pour la petite histoire, Fritz Thaulow et Paul Gauguin étaient à l’époque beaux-frères ayant épousé deux sœurs danoises Ingeborg et Mette Gad. Ajoutons à cela que Gauguin et Mette eurent un fils, Pola, qui devint par la suite le biographe d’Edvard Munch.

1890 est un bon cru pour les artistes français : les œuvres de Degas, Monet et Pissaro marquent l’exposition. L’année suivante c’est au tour d’Auguste Rodin de venir en terre nordique avec L’éternel printemps. Début 1895, Claude Monet revient en Norvège pour y peindre. Il séjourne quelques mois et son tableau du Mont Kolsaas est aujourd’hui exposé au Musée d’Orsay.

Voici le lien pour cette lettre : Gauguin

Vous pouvez acheter cette très belle pièce au prix de 36 000 euros. (Emballage protégé et envoi en recommandé avec AR). Une facture et un certificat seront délivrés à l’heureux acheteur.

The price for this item is 36 000 euros. An invoice and a certificate will be issued to the purchaser.

Il est plus prudent d’acheter des autographes à des experts reconnus et qui ont pignon sur rue.

Contactez nous par email : contact@autographe.com ou par téléphone : 33 (0)1 43 25 60 48, ou à notre galerie :

Galerie ARTS ET AUTOGRAPHES

Jean-Emmanuel RAUX, expert en autographes et manuscrits

9 rue de l’Odéon — 75006 PARIS — Tél.: 01 43 25 60 48

Email : contact@autographe.com

Triste jour que ce 13 février 1820. Le Duc de Berry est assassiné sur les marches de l’Opéra. Il vient d’être frappé d’un coup de couteau par un ouvrier, Louis Louvel.

Nous en avons un émouvant et précieux souvenir : Ce tissu imité du sang du duc de Berry.

BERRY Charles Ferdinand, duc de [Versailles, 1778 – Paris, 1820]

Berry-29290Extraordinaire et émouvante relique : Morceau de tissu imbibé du sang du duc de Berry, contenu dans une petite enveloppe de l’époque avec la mention manuscrite : « Ceci est le sang du duc de Bery assasiné le 13 février 1820, 11 heures 1/2 le soir à l’Opéra. ». Pièce exceptionnelle.

Voici le lien pour cette lettre : duc de Berry

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Flaubert-29393Dans notre choix incomparable de belles lettres nous avons cette jolie lettre de Flaubert :

FLAUBERT Gustave [Rouen, 1821 – Croisset, 1880], écrivain français.

Lettre autographe signée, adressée à Louise Colet. Croisset, 26 juillet [1851] ; 3 pages in-8°.

Lettre publiée dans La Pléiade (Tome II).

« Je vous écris parce que “mon coeur me porte à vous dire quelque bonne parole”. Pauvre amie, si je pouvais vous rendre heureuse, je le ferais avec joie ; ce ne serait que justice. L’idée que je vous ai tant fait souffrir m’est à charge. Ne le comprenez-vous pas ? Mais cela ne dépend (et tout le reste n’a dépendu) ni de moi, ni de vous, mais des choses mêmes. Vous m’avez dû l’autre jour à Rouen, trouver bien froid. Je l’ai été le moins possible pourtant. J’ai fait tous mes efforts pour être bon. Tendre, non. C’eût été une hypocrisie infâme, et comme un outrage à la vérité de votre coeur. Lisez et ne rêvez pas. Plongez-vous dans de longues études. Il n’y a de continuellement bon que l’habitude d’un travail entêté. Il s’en dégage un opium qui engourdit l’âme. — J’ai passé par des ennuis atroces, et j’ai tournoyé dans le vide, éperdu d’embêtement. On s’en sauve à force de constance et d’orgueil ; essayez. Je voudrais que vous fussiez en tel état que nous puissions nous revoir avec calme. J’aime votre société quand elle n’est pas orageuse. Les tempêtes qui plaisent si fort dans la jeunesse ennuient dans l’âge mûr. — C’est comme l’équitation. Il fut un temps où j’aimais à aller au grand galop ; maintenant je vais au pas, et la bride sur le cou. Je deviens très vieux ; toute secousse me gêne, et je n’aime pas plus à sentir qu’à agir. Vous ne me dites rien de ce qui m’intéresse le plus vos projets. — Vous n’êtes pas encore fixée à rien, je le devine. — L’avis que je vous avais donné était bon. Il faut toujours, comme disait Phidias dans le temps, avoir un gigot et un aloyau. Je vous reverrai bientôt à Paris, si vous y êtes. — (Vous deviez rester en Angleterre un mois ?) Je serai à Paris à la fin de la semaine prochaine, je présume. J’irai en Angleterre vers la fin du mois d’août. Ma mère désire que je l’y accompagne. Ce dérangement m’ennuie. Enfin ! Si vous y êtes encore, j’irai vous faire une visite. Nous tâcherons d’être contents l’un de l’autre. À Paris, je remettrai chez vous les deux manuscrits que vous m’avez confiés. — Je vous rendrai aussi, mais seulement à vous et en main propre, une médaille de bronze que j’ai acceptée jadis par faiblesse et que je ne dois par garder. C’est la propriété de votre enfant. Farewell. God bless you, poor child ! »

Voici le lien pour cette lettre : Flaubert

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