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NAPOLÉON Ier (Napoléon Bonaparte).

Si on trouve des notes et des manuscrits autographes datant de sa captivité, les documents signés à Sainte-Hélène par l’Empereur sont de la plus grande rareté, Napoléon se refusant d’écrire ou de signer des lettres qui devaient passer par la censure de Hudson Lowe. Il est plus rare de trouver des pièces signées de Napoléon que des manuscrits autographes, qui bien que spectaculaires n’en sont que moins rares !

Pièce signée. Longwood, 12 décembre 1817 ; 1 page oblongue in-8°, de la main de son valet Louis Marchand. Très rare document signé par Napoléon à Sainte-Hélène. Note adressée « Au Grand Maréchal », le général comte Bertrand, afin qu’il fasse payer 1 000 F « pour la toilette », 1 725 F « pour gages de Décembre », et 4 500 F « pour les besoins de la Maison ».

Pièce rarissime.

Ce document exceptionnel est disponible chez ARTS et AUTOGRAPHES. Pièce signée par Napoléon à Longwood.

Fille naturelle de Napoleon

Une fille naturelle de Napoleon

Nous avons eu la chance de retrouver dans un grenier (eh oui cela existe encore) une correspondance insolite que nous vous proposons : L’histoire d’une jeune femme qui se prétendait fille naturelle de Napoléon Ier.

L’histoire de Charlotte Chappuis, d’après sa correspondance retrouvée dans un grenier.

A la chute de l’Empire, en juillet 1815, les troupes autrichiennes du général Radiwojewich envahissent la Franche Comté. Le général Steinninger commande la division d’occupation du Doubs et du Jura. Il voit un jour se présenter à son état-major, à l’Isle sur le Doubs, une jeune fille d’une vingtaine d’années qui lui demande protection, prétendant être une fille naturelle de Napoléon, et s’estimant menacée en France par le régime de la Restauration. Le général procède personnellement à son interrogatoire ; il est vrai que la jeune fille est fort avenante.

Elle raconte son histoire :

Née en 1795, Charlotte Chappuis, c’est son nom, est le fruit d’une liaison entre Buonaparte, alors officier en garnison à Auxonne, et sa mère, Mademoiselle Cottin. Elle porte le nom de son père adoptif, le moine défroqué Chappuis, qui épousa sa mère peu après sa naissance.

Après avoir passé son enfance à Paris, elle retourna dans sa ville natale, Arnay-le Duc, en 1811 où elle demeura jusqu’à la première abdication.

Quand Napoléon fut exilé à l’Ile d’Elbe, elle le rejoignit avec Cambronne et le détachement de la Garde, puis revint  en France, à Salins, attendant le retour de l’Empereur.

Pour appuyer ses dires, elle ne possède que quelques lettres du Grand Maréchal Bertrand, restées chez elle à Arnay, mais elle est incapable de les produire.

Le général Baron Steinninger, perplexe, et soupçonnant quelque intrigue, s’empresse de remettre la demoiselle Chappuis à M. de Novillars, le nouveau sous-préfet de Baume-les-Dames, non sans avoir fait perquisitionner, sans succès, le dernier domicile de la jeune fille à Salins, où elle tenait une pension d’enfants avec son amie Fauchon Lamy.

M. de Novillars, dépassé par l’importance de l’affaire, transmet le 12 octobre la jeune fille et son histoire à M. Capelle, le nouveau préfet du Doubs et futur ministre de Charles X, qui la fait immédiatement enfermer dans la maison de Bellevaux, sous la garde des sœurs, en attendant les instructions du Duc Decazes, le nouveau ministre de la Police Générale du Royaume. Il y a beaucoup de nouveaux, c’est la Restauration.

Personne ne croit véritablement à son histoire, mais, par prudence, et compte tenu des mouvements de ralliement que la Princesse suscite de la part des bonapartistes, on juge préférable de la maintenir en détention ; elle y restera jusqu’en juillet 1816.

Charlotte se morfond, tente de correspondre avec son amie de Salins, et de faire intervenir le maire, fort conciliant, mais ses lettres ne parviennent pas à destination, malgré la multiplication des intermédiaires empressés. Elles sont probablement interceptées par la Supérieure du Couvent où elle est internée, pour le plaisir des futurs collectionneurs d’autographes.

Début 1816, elle espère que le passage à Besançon du Comte d’Artois permettra sa libération, mais rien n’y fait.

Enfin, en juillet 1816,  le comte de Scey-Montbéliard, qui vient de remplacer le préfet Capelle, ordonne sa libération : la demoiselle est en effet demandée en mariage par le fils d’un sculpteur de Salins !

Mais sitôt libérée, Charlotte, dont toute la région connait l’origine présumée, redevient bien volontiers l’icône du bonapartisme en Franche-Comté, et émeut rapidement les autorités locales, qui obtiennent en octobre 1816 son arrestation et son internement, cette fois au dépôt de mendicité de Dôle .

Effondrée, Charlotte change de stratégie, et affirme que son histoire de filiation impériale est une fable, que, certes, elle a voulu suivre l’Empereur, à l’Ile d’Elbe, puis à Sainte-Hélène, mais uniquement parce qu’elle avait le projet d’épouser un officier de sa Garde.

Est-ce là un premier mensonge, opportuniste ? Un nouveau mensonge ? Est-ce la vérité ?

Le fait est que notre sculpteur de Salins s’agite comme un diable pour la faire libérer, contre l’avis des autorités, et qu’un nouveau prétendant, commerçant à Champagnole, se présente à son tour pour la recueillir et l’unir à son fils !

Qu’elle devait être jolie, la jeune Charlotte Chappuis !

Finalement, c’est le commerçant de Champagnole qui obtient gain de cause, et reçoit en mars 1817 la belle Charlotte, à la sortie de son hospice. Mais la Princesse ne l’entend pas ainsi, c’est le fils du sculpteur qu’elle veut épouser, et elle refuse de loger chez son sauveur, trouvant asile chez un voisin de Champagnole

A Champagnole, elle rencontre rapidement un jeune maitre de forges, Jacob Muller, se fait embaucher par sa manufacture, où les 200 ouvriers l’accueillent aux cris de « Vive l’Empereur » ! Nouveau scandale.

C’est le coup de foudre entre Charlotte et Jacob, et, dès le mois de juin 1817, les voilà qui franchissent tous deux la frontière suisse pour se  marier secrètement.

L’affaire se terminera bien, les Muller auront un fils, Adrien, qui deviendra maire de Champagnole en 1884.

Charlotte Chappuis était-elle une fille naturelle de Napoléon ? On ne le saura sans doute jamais, mais sous le second Empire, on faisait encore allusion à ses origines impériales.

Son caractère bien trempé n’empêcha pas une grande sensibilité, que l’on retrouve dans sa correspondance, telle cette phrase qui conclut une supplique au général autrichien :

« Il m’est doux de verser dans un cœur sensible quelques unes des peines qui surchargent le mien. »

La correspondance de Charlotte Chappuis comprend :

1 las (minute signée de ses initiales) de C. Chappuis, slnd (aout 1815), adressée probablement au général Steinninger.

2 las de M ; de Novillars, sous préfet de Baume-les-Dames, des 10 et 12 octobre 1815, adressées à M Capelle.

2 las du maire de Salins adressées à C. Chappuis et à M. de Novillars, du 14 octobre 1815.

1 copie d’époque d’une lettre de C. Chappuis (circa octobre 1815) dans laquelle elle d écrit sa situation d’internée au couvent de Sœur E. Bouvard.

3 las de C. Chappuis des 4 et 16 octobre et 3 novembre 1815 adressées au maire de Bracon-Salins et à son amie Fauchon Lamy.

1 las de F. Lamy à C. Chappuis du 25 décembre 1815.

1 ls du duc Decazes, Ministre de la Police Générale du 6 décembre 1815.

1 la (minute) de C. Chappuis de début 1816.

2 las de C. Chappuis des 5 avril et 25 juillet 1816.

Une trentaine de copies anciennes (réalisées vers 1900) de lettres adressées au préfet du Jura au sujet de l’affaire Charlotte Chappuis, qui permettent d’en reconstituer beaucoup de détails.

Soit 7  lettres de C. Chappuis, et 6 lettres de personnages ayant participé à l’affaire, entre aout 1815 et juillet 1816. Cet ensemble de lettres est disponible à la galerie ARTS ET AUTOGRAPHES.