Archives pour Gauguin Paul

Vous pouvez acheter cette très belle pièce au prix de 27000 euros.

GAUGUIN Paul [Paris, 1848 – Atuona, îles Marquises, 1903], peintre français.

Lettre autographe signée, adressée à Charles Morice. [Tahiti], avril [18]98 ; 3 pages et demie in-8 (19,8 x 15,5 cm), sous chemise demi-maroquin bleu moderne.
Sévère et douloureuse lettre de Tahiti, à propos de Noa Noa. Apparemment inédite.

Fixé à Tahiti en 1895, pour son deuxième séjour, Gauguin, très démuni et malade, désespérait de son sort. Trois mois avant cette lettre, il avait tenté de se suicider. Durant ce même mois d’avril, il obtint en ville un petit emploi au cadastre lui permettant de subsister. Il répond à une lettre de reproches de Charles Morice, qui avait écrit avec lui Noa Noa, ce récit du premier séjour du peintre à Tahiti, publié dans La Revue blanche d’octobre et novembre 1897. Morice s’efforçait alors de placer ce livre chez un éditeur (Noa Noa sera publié en 1901 aux éditions de La Plume, mais Gauguin ne verra jamais ce volume). Un désaccord éclatera entre eux, Morice ayant touché seul et sans partage les droits de la publication en revue.

Morice lui ayant reproché d’oublier ses efforts en sa faveur, Gauguin riposte vivement :  « il faut avouer que tes courtes lettres, si spirituelles qu’elles soient, deviennent inintelligibles pour moi, deviennent des rébus que je ne peux déchiffrer dans l’état pitoyable où je suis. Si tu n’as pas le temps nécessaire pour m’écrire, abstiens-toi totalement ; j’ai encore peu de temps à vivre et il vaut mieux ne pas me tourmenter. A quoi fais-tu allusion en m’accusant d’oublier tes efforts ? Je n’ai pas de copie de lettres comme les commerçants et je ne sais laquelle de mes lettres longues et explicatives a pu te blesser […] Est-ce ma réponse à ta demande de toucher l’argent de Noa Noa [les droits d’auteur de La Revue blanche, que Gauguin, qui n’avait rien touché, refusait de partager avec lui] ? […] tu agis avec sévérité en me refusant la bouchée de pain – la seule – qui se présente possible dans un temps toujours à venir […] je souffre physiquement depuis deux ans […] je n’ai plus de forces – tout sombre devant moi, et tu viens me tourmenter, toi l’ami et non l’ennemi […] Hors de la société, hors de la famille, – je n’ai jamais lu ces mots (cher père) écrits par mes enfants [Gauguin avait, l’année précédente, rompu avec sa femme] […] à défaut d’expansion mes actes et mes paroles témoignaient pour moi du peu d’oubli de ce que l’on fait pour moi […] quoiqu’il en soit, pour conclure, je te dirai alors sévèrement : “Mon cher Morice, cessons cette correspondance à bâtons rompus qui ne rime à rien ; mieux vaut encore le pur souvenir d’une bonne amitié d’autrefois, désormais dans le silence” […] P.S. Je venais de terminer un tableau que je crois une belle œuvre et je te l’avais dédié, considérant que la nécessité cruelle, qui m’obligeait à te refuser ce que tu me demandais, me forçait à un dédommagement. Il est vrai que mon tableau n’a aucune valeur pécuniaire, mais l’intention vaut le fait […] En le regardant, tu penseras peut-être que j’ai toujours été et que je suis encore plus ton ami que tu ne le pensais ».

Rousseurs éparses, insignifiantes déchirures.

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Galerie ARTS ET AUTOGRAPHES

Jean-Emmanuel RAUX, expert en autographes et manuscrits

9 rue de l’Odéon — 75006 PARIS — Tél.: 01 43 25 60 48

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627-GauguinNous avons de belles lettres de peintres et particulièrement de Gauguin dans nos trésors.

GAUGUIN Paul [Paris, 1848 – Atuona, îles Marquises, 1903],  peintre français.

Lettre autographe signée, adressée à Camille Pissarro. [Rouen, vers le 15-20 août 1884] ; 1 page in-8°.

« Mon cher Pissarro,

J’attends avec plaisir l’arrivée de votre fils et j’espère assez qu’il ne va pas loger chez Murer mais chez moi. Il faut que j’envoye en Norvège le tableau ; il est temps. Si vous comptez toujours exposer que Lucien les apporte pour je les envoie avec les miens d’un seul envoi. Quatre, deux dessins ou aquarelles et deux peintures je compte envoyer la même  chose.

A quoi pensez-vous d’avoir encore un enfant, le moment n’est pas choisi, il est vrai qu’on ne fait pas ce que l’on veut.

Je vous écris à la hâte. Tout à vous

P. Gauguin

Si on arrivait à vendre en Norvège vous savez qu’avec 5000f une famille peut vivre superbement et que le pays est très beau ».

Entre des mois de juin et d’août relativement froids, Paris, fut caniculaire. La température atteignit 35°6 le 5 juillet, 37°8 le 15 et 38°4 le 19 ; d’ou l’on infère la datation de la lettre.

C’est en grande partie par le truchement de Pissarro que le jeune Paul Gauguin, qui souhaite à la fois quitter Paris et adopter définitivement et exclusivement le métier de peintre, choisit à son tour de s’installer à Rouen. Il nourrit l’espoir, qui fait sourire le vieux Pissarro, de vendre facilement ses toiles aux riches négociants de la ville et trouve une maison dans le quartier Jouvenet en janvier 1884. Il y séjournera dix mois avant de rejoindre sa femme, partie avant lui, à Copenhague.

La production de Gauguin à Rouen, très mal connue, est fascinante et pose des questions essentielles sur l’état de l’impressionnisme au milieu des années 1880, alors que germe le mouvement néo-impressionniste. Gauguin envoie plusieurs de ses tableaux rouennais aux dernières expositions impressionnistes et c’est certainement le moment où sa peinture est le plus en phase avec les principes du mouvement, qu’il a approfondis en compagnie de Pissarro, de Cézanne et de Guillaumin. Mais l’originalité de ces peintures tient aussi au fait qu’il se cantonne dans son quartier résidentiel, rustique, ignorant  le centre-ville et ne peignant qu’exceptionnellement la Seine.

Le Rouen de Gauguin est un village verdoyant et mystérieux, dont le relief très particulier suggère des visions verticales et fermées, dans lesquelles le spectateur a l’impression de s’enfoncer. Ce visage de la ville,  présent aussi chez les peintres de l’école de Rouen, imprégnés de la géographie de leur cité, échappe entièrement à Monet et à Pissarro, même s’ils n’ont pas manqué d’explorer, comme il se doit à Rouen, les hauteurs environnantes.

En 1884, Paul Gauguin présente plusieurs tableaux. Pour la petite histoire, Fritz Thaulow et Paul Gauguin étaient à l’époque beaux-frères ayant épousé deux sœurs danoises Ingeborg et Mette Gad. Ajoutons à cela que Gauguin et Mette eurent un fils, Pola, qui devint par la suite le biographe d’Edvard Munch.

1890 est un bon cru pour les artistes français : les œuvres de Degas, Monet et Pissaro marquent l’exposition. L’année suivante c’est au tour d’Auguste Rodin de venir en terre nordique avec L’éternel printemps. Début 1895, Claude Monet revient en Norvège pour y peindre. Il séjourne quelques mois et son tableau du Mont Kolsaas est aujourd’hui exposé au Musée d’Orsay.

Voici le lien pour cette lettre : Gauguin

Vous pouvez acheter cette très belle pièce au prix de 18 000 euros. (Emballage protégé et envoi en recommandé avec AR). Une facture et un certificat seront délivrés à l’heureux acheteur.

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Il est plus prudent d’acheter des autographes à des experts reconnus et qui ont pignon sur rue.

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