Archives pour vente publique d’autographes et manuscrits

PetainNous mettons en vente aux enchères, le 28 novembre 2014 à l’Hôtel Drouot, par l’entremise de l’étude Oger-Blanchet quelques autographes de la bibliothèque du grand collectionneur que fut Lucien Graux dont un très rare manuscrit de Philippe Pétain (lot10)

PÉTAIN Philippe [Cauchy-à-la-Tour, 1856 – île d’Yeu, 1951], maréchal et homme d’État français.

Pièce autographe signée. 1 page in-8°, encadrée. En-tête à son nom gravé. Étiquette rouge en lettres dorées : « Bibliothèque du Docteur Lucien Graux » collée au dos.

Il s’agit du célèbre Ordre du jour du Général Pétain au lendemain de la grande attaque générale des Allemands sur l’ensemble du front de Verdun et des deux rives de la Meuse. L’exemplaire que nous proposons est la recopie par Pétain de son ordre original qui est conservé aux Archives nationales.

« Le 9 avril est une journée glorieuse pour nos armes. Les assauts furieux des soldats du Kronprinz ont été partout brisés. Fantassins, artilleurs, sapeurs, aviateurs de la 2e armée ont rivalisé d’héroïsme. 

Honneur à tous !

Les allemands attaqueront sans doute encore. Que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu’hier… Courage, on les aura. Ph. Pétain. »

Cette belle pièce historique est estimée 1000 à 1500 euros. Sans nul doute elle va voir son estimation pulvérisée.

Lien pour le catalogue en ligne (pdf en ligne) : ici.

QUAND ?  Mercredi 10 décembre 2014 à l’Hôtel Drouot – Richelieu – 9, rue Drouot, 75 009 Paris – Salle 16 à 15 h 30.

OGER-BLANCHET — 22 rue Drouot 75009 PARIS — Tél. : 01 42 46 96 95 —  Fax : 01 45 23 16 32. Email : contact@ogerblanchet.fr

Catalogue sur demande à l’étude ou disponible à la galerie.

Galerie ARTS ET AUTOGRAPHES — Jean-Emmanuel RAUX, expert en autographes et manuscrits

9 rue de l’Odéon — 75006 PARIS — Tél.: 01 43 25 60 48

Galerie ouverte du mardi au samedi inclus de 11 h à 12 h 30 et 14 h à 18 h.

Organisation de catalogues à prix marqués et Organisation de ventes publiques

Eventail_MaupassantDans notre prochaine vente publique d’autographes et manuscrits du 6 novembre 2013 passera un éventail mythique : l’éventail offert par Guy de Maupassant à la comtesse Potocka.

Lot 143 :  MAUPASSANT Guy de [Tourville-sur-Arques, 1850 – Paris, 1893],  écrivain français.

Poème autographe signé, « à Madame la Comtesse Potocka », écrit sur le revers d’un bel éventail en soie brodée et peinte, à monture d’ivoire incrusté. Un décor floral, des scènes champêtres peintes et enrichies de fils de soie colorée et de pierre dures ornent ce ravissant éventail. L’un des brins constituant la monture est cassé.

« Vous voulez des vers ? … Eh bien non.

Je n’écrirai sur cette chose

Qui fait du vent, ni vers ni prose ;

Je n’écrirai rien que mon nom.

Pour qu’en vous éventant la face

Votre oeil le voie, et qu’il vous fasse

Sous le souffle frais et léger,

Penser à moi sans y songer ».

Dans une lettre à la comtesse Potocka datée du 21 août 1889, Maupassant décrit ce fameux éventail : « Je voulais vous envoyer d’ici un éventail avec quelques lignes. Je n’en ai trouvé qu’un, assez médiocre mais ancien et doublé de façon à me permettre d’écrire deux quatrains qui n’ont guère de sens, mais je n’ai pas la tête claire aujourd’hui. Jamais je ne me suis senti perdu comme je le suis à cette heure, et je vois devant moi tant de chagrins, de douleurs. […]  Votre dépêche qu’on vient de me monter m’a été un soulagement, quelque chose comme un sourire, une poignée de main, plus, une sympathie très douce qui m’a fait un bien infini. Elle est arrivée si juste qu’elle m’a semblé apportée par un esprit. J’ai été si surpris, ne vous ayant pas donné mon adresse, que j’ai failli croire à de la sorcellerie. J’ai compris enfin que le numéro d’expédition avait servi à me retrouver. Cela est ingénieux, gentil et délicat. Merci, madame. Voudrez-vous me dire si vous avez reçu mon éventail dont je suis un peu honteux, à tous égards. Si je vous le demande c’est que je ne connais pas la probité commerciale du marchand qui a fait l’expédition. Au milieu de toutes mes misères d’aujourd’hui j’ai pensé cent fois à ce petit dîner d’hier dans le buffet de la gare. Je n’avais jamais senti mon attachement pour vous si vivant et vibrant ».

Née princesse Pignatelli di Cergharia, séparée de son mari, le comte Nicolas Potocki, attaché à l’ambassade d’Autriche-Hongrie, la comtesse était d’une élégance unique qui tranchait sur les falbalas à la mode, et laissait derrière elle un sillage de Shaw’s Caprice, parfum inventé pour elle par Guerlain. Exaspéré de céder malgré lui à son magnétisme, Maupassant se rendit bientôt tous les jours chez elle, rapporte le jeune Marcel Proust, et noua avec elle des relations ambiguës, peut-être moins superficielles qu’il n’y paraît. Il est à penser qu’ils voyagèrent ensemble par le train de Paris, arrivant à Lyon le mardi 20 en fin d’après midi. Ils prirent ensemble un repas au buffet de la gare de Perrache, avant que Maupassant ne rende visite à son frère interné à l’asile de Bron (près de Lyon) ; l’écrivain sombrera lui-même dans la folie dix-huit mois plus tard.

Précieux et poignant souvenir.

 

L’histoire (ou le contexte) : Lorsque Maupassant, accablé de terribles maux de tête, se rendit, le 21 août 1889, à l’asile de Bron pour voir son frère Hervé, interné dix jours plus tôt, il n’imaginait pas le terrible spectacle qui l’attendait.

Sans doute avait-il voyagé jusqu’à Lyon avec la comtesse Potocka, qui dîna avec lui au buffet de la gare de Perrache avant de poursuivre de son côté vers l’Italie.

Née princesse Pignatelli di Cergharia, séparée de son mari, le comte Nicolas Potocki, attaché à l’ambassade d’Autriche-Hongrie, la comtesse était d’une élégance unique qui tranchait sur les falbalas à la mode, et laissait derrière elle un sillage de Shaw’s Caprice, parfum inventé pour elle par Guerlain. Elle avait su mettre à ses pieds une cour d’admirateurs, qu’elle nommait ses « macchabées » (morts d’amour, bien sûr) et martyrisait à sa guise. Exaspéré de céder malgré lui à son magnétisme, Maupassant se rendit bientôt tous les jours chez elle, rapporte le jeune Marcel Proust, et noua avec elle des relations ambiguës, peut-être moins superficielles qu’il n’y paraît.

C’est en tout cas auprès d’elle qu’au retour de l’asile, désespéré, pressentant peut-être sa propre fin, Maupassant débonda son cœur, dans une lettre de quatre pages pleine de ratures.  « J’avais laissé mon frère à Cannes extravagant, déraisonnable, violent, brutal, fou assurément mais plus irritant qu’apitoyant. Je viens de retrouver un misérable dément qui a fait cent lieues vers la mort, […] un pauvre être grimaçant, pleurant, qui m’a étreint dans ses bras pendant deux heures en demandant sa mère et sa femme et sa fille, et […]. Si je croyais au Dieu de vos religions quelle horreur sans limites j’aurais pour lui ! Me voici dans ma chambre d’hôtel, si meurtri que je n’ai pu descendre dîner. Mais pourquoi vous raconter ces lamentables choses ».

Alors, se forçant à changer de sujet, il lui décrivit l’éventail XVIIIe qu’il avait trouvé pour elle, pour la remercier de la dépêche pleine de vraie sympathie qu’elle avait eu la délicatesse de lui envoyer en chemin et qui lui fut un baume lorsqu’il revint à son hôtel.

Ce précieux objet (lot 143) estimé entre 25/30000 euros, est une des vedette de la très belle vente d’autographes et manuscrits dirigée par l’Étude Néret-Minet – Tessier et Sarrou le 6 novembre 2013 à l’Hôtel Drouot.

Expert : Jean-Emmanuel RAUX

9 rue de l’Odéon 75 006 – PARIS

01 43 25 60 48 – contact@autographe.com

Exposition publique : mardi 5  novembre 2013 de 11 h à 18 h, salle 16 et le matin de la vente, mercredi 6  novembre de 11 h à 12 h

Le catalogue est en téléchargement ici.

Téléphone pendant l’exposition et la vente : 01 48 00 20 16

Étude Néret-Minet – Tessier et Sarrou S.A.R.L. – Agrément 2001-014 — RCS : TVA INTRA – FR 440 305 183 00012

8 rue Saint-Marc – 75002 Paris. — Tél. : 01 40 13 07 79 – Fax : 01 42 33 61 94