Archives pour Victor Hugo

Victor HUGO : Manuscrit autographe de son Journal. 2 pages in-folio sur papier vergé. 23 février – 6 mars [1881]. Victor Hugo – Choses Vues. Tome Il.

Rares et émouvantes pages du journal intime du grand homme, la semaine de son entrée dans sa quatre-vingtième année, au sein desquelles Hugo note le détail de ses activités : Sénat, théâtre, réceptions … la fête et le retentissement mondial de son anniversaire … l’attention portée à ses proches, ses petits-enfants et Juliette Drouet.

24 février. Sénat Nous avons dîné tous les deux avec Lesclide qui nous a accompagné au théâtre. Belle répétition quoique limitée à peu de personnes. Mlle Favart très belle, souvent superbe. Je me couche à deux heures moins le quart du matin.

25 février. Lever et dej. 1h – Sénat 2h – Reçu de Hachette 3000 fr. 7h dîner. 11h coucher.

26 février. Ma fête (remise à demain). Pendant ma toilette, on frappe à ma porte. Je dis :entrez. Georges et Jeanne entrent avec Alice. Ils me souhaitent mon anniversaire. Georges m’apporte un excellent dessin, une tête de jeune garçon faite par lui d’après Bonnat. Je l’engage à continuer d’après nature. Jeanne me donne une jolie petite broderie, signet pour mes livres, faite par elle. Alice me remet de la part de Lockroy un énorme bouquet que je dépose à ses pieds. Après Alice vient JJ. J’écris sur le livre rouge.

Après le déjeuner, est venu Emile Augier, puis Louis Ulbach, avec toute la représentation de l’Internationale. Il m’a apporté deux gros volumes contenant 10.000 signatures. Ma médaille m’arrive d’Italie. Couronne de la Comédie Française. – Sénat. Léon Say est venu me voir. Je monte à son fauteuil et je lui serre la main. – Voiture. – Dîner 7h. – Je vais à la Gaieté (Théâtre de Paris) faire acte de présence à Lucrèce Borgia. – J’arrive à 9h 1/2- Je pars à 9h 1/2.

27 février. Je me lève à 9h. A onze heures, j’ai reçu les petits enfants (voir les journaux). Fête commencée à cinq heures. Terminée à six heures et demie (le grand défilé organisé pour son entrée dans sa 80e année). – Dîner 7h. Louis Blanc, Charles Blanc, Paul Foucher, M. Féval, M. et Mme E.Allix. Foule le soir. – Coucher 11 h 1/2.

28 février. Lever à 9h. Il neige. – Lendemain de la fête (voir les journaux). – Dîner 7h. –  Coucher 11 h.

1er mars. Aux sept ouvriers de la ville (avec un verre de vin) 35 f. 5 f par tête. – blanchissage je paie par exception).

— Maison. Il est arrivé ces jours-ci, de tous les points du globe (jusqu’à Elisabeth-grande, ville de la plus lointaine frontière russe) des télégrammes, lettres, envois de toute espèce, au moins deux mille exemplaires, auxquels il est impossible de répondre.

Le Rappel publie une note très bonne et très bien faite qui explique mon silence. Lesclide est venu et pousse la bonne grâce jusqu’à ouvrir et classer toutes ces lettres et tous ces envois. Il déjeune et dîne avec  nous. – 7h dîner (15 personnes). Foule. – 11h coucher.

2 mars. Lever et déjeuner. – Maison 200. – Alice. Son mois de mars 1125. JJ souffrante. Je reste près d’elle. – Dîner 7h (JJ. Georges. Lockroy). Schoelcher est venu me prier de ne pas aller demain au Sénat.- Coucher 11h.

3 mars. – Lever et dej. – JJ reste au lit. – Dîner 14 p. M. Alphand. JJ reste au lit. Meurice. Vacquerie.

4 mars. Lever et déjeuner. Ont déjeuné hier avec nous MM Barbou (pour le livre V.H et son temps). – JJ toujours très souffrante (fatigue surtout) reste au lit. – Gage du mois 205. – Pour ma fête. A mes quatre (domestiques): Mme Nols 10 Célanie 10 Rosalie 10 Marie 10 ; aux deux d’Alice : Angélique 5 Henriette 5. – Aux huit ouvriers de la ville de Paris (5 f par tête).-7h dîner (14 p.). – 11h coucher.

5 mars. Lever et dej. 1h 1/2. –  touché de Hetzel, Quentin, Maurice 3000. – JJ et Georges au lit. Journée triste. – Dîner 7h. – Coucher 11h.

6 mars. lever et dej. JJ se lève.

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9 rue de l’Odéon — 75006 PARIS — Tél.: 01 43 25 60 48

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Liszt à Victor Hugo

Quand Liszt écrivait des vers à Victor Hugo

LISZT Franz [Raiding, 1811 – Bayreuth, 1886], compositeur et pianiste hongrois.

Lettre autographe signée, adressée à « Monsieur Victor Hugo, Place royale 6 » . [Bernay, 31 mai 1834] ; 3 pages in-4° avec adresse sur la 4e page, cachet de cire rouge de fermeture, marques postales et cachet de Bernay du 31 mai 1834. « Je pense si souvent à vous, mon ami, vos travaux et votre persévérance sont si constamment présents à mon esprit et d’ailleurs je vous lis et vous relis avec tant d’obstination qu’il ne me serait difficile de résister au besoin que j’éprouve de vous écrire quelques lignes. Ce ne seront ni compliments ni flatteries, ni fades protestations d’amitié. Mais je voudrais qu’à travers l’insignifiance et la nullité des mots, vous puissiez voir un coeur loyal et dévoué, heureux et fier de vous comprendre souvent en vous aimant toujours. Quoiqu’habitants de Château, à une grande lieue de la ville, nous parlons beaucoup de vous ici (dans quel coin ou recoin n’en-parle-t-on pas ?) et c’est pour moi un plaisir extrême de batailler parfois avec ces braves gens et de les écraser impitoyablement avec votre nom et vos oeuvres. M. Auguste Leprévost, qui a le bonheur d’être du nombre de vos amis m’a chargé de vous remercier de votre bon souvenir. Il nous viendra probablement à la Chambre prochaine et il espère même qu’à la fin de la session vous pourrez nous donner une huitaine de jours pour parcourir à nous trois, une grande partie de la Normandie. Nous partirions ensemble et je vous reviendrais avec vous : ce seraient vraiment des jours de fête pour moi ! Nous marcherions du matin au soir, votre santé s’en trouverait bien je pense, vous devez même sentir le besoin de sortir un peu de Paris, car … vous avez en vous vivantes et pressées un monde intérieur d’images et de pensées, de sentiments, d’amour, d’ardente passion Mais ne voilà – t-il pas que je me prends à vous citer des vers de M. Victor Hugo ! Je vous ferai grâce des descriptions champêtres. Le pays me paraît généralement plus agréable que beau. Il y a peu de grandeur, peu d’effets de masses du côté que j’habite, mais Jumièges et les environs sont tout autres, et vous intéresseront. Adieu donc, mon ami. Je sais que vous n’aimez pas “faire des lettres” . Ne me répondez donc pas. Dans un mois au plus tard, je vous retrouverai place royale – vous aurez fait quelque chef d’œuvre d’ici là – ; en attendant, veuillez bien me rappeler au souvenir de Madame Hugo et recevoir de nouveau l’expression de mon admiration et de mon dévouement. F. Liszt. » Pièce exceptionnelle : les lettres de jeunesse de Liszt sont très rares. Le compositeur était alors âgé de 23 ans et Victor Hugo de 32 ans.

Nous n’avons jamais eu connaissance d’une lettre de Liszt à Hugo sur le marché des autographes !