Réf : 30765 SCIENCES

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CLAUDE Georges [Paris, 1870 - Saint-Cloud, 1960], physicien et industriel français.

Lettre autographe signée

Lettre autographe signée. Montereau, sans date ; 2 pages in-8° sur papier à son adresse à Montereau. Très intéressante et rare lettre scientifique relative à la fabrication de l’ammoniac. Dans cette lettre vraisemblablement datable de 1917, Georges Claude développe son procédé de fabrication de l’ammoniac. « Dans ces petits tubes de 8 mm de diamètres intérieurs, avec mes procédés de catalyseurs de 15 gr répartis dans 10 cm de longueur (soit D app. = 3) on obtient couramment à 550° 500 l de gaz à 29 % de teneur soit plus de 110 g NH3 : h ou plus de 7 g par g de catal. et plus de 20 k par litre. J’ai indiqué moins par prudence. » Lettre scientifique très importante ! De forme chimique NH3, l’ammoniac est obtenu par combinaison chimique de deux gaz : ’Azote (N2 et l’hydrogène (H2). C’est en 1859 que la réaction de fabrication de l’ammoniac a été obtenue pour la première fois en laboratoire par le chimiste allemand Morren. Le passage du stade du laboratoire au stade de la fabrication industrielle à grande échelle ne fut obtenu que dans les premières années du XXe siècle. La fabrication de l’ammoniac soulève en effet deux séries de problèmes : — Il faut d’abord libérer l’hydrogène et apporter l’azote pour obtenir un mélange gazeux ; — Une fois ce mélange gazeux épuré et comprimé, il faut le transformer en ammoniac par une opération de synthèse. Le rendement pratique de l’opération de synthèse est fonction d’un certain nombre de données telles que la température, la pression et le débit gazeux. L’influence de ces divers facteurs a fait l’objet d’études systématiques qui ont précédé les réalisations industrielles. C’est le savant français Le Chatelier qui, en 1901, a montré que la réaction de synthèse de l’ammoniac s’effectuait grâce à une augmentation de la pression et un abaissement de la température. Les études théoriques de Le Chatelier furent reprises par l’Allemand Haber et la première réalisation industrielle de l’ammoniac fut entreprise dans l’usine allemande de la BASF peu avant 1914, la température adoptée étant de 550° et la pression de 200 kg au cm2. En 1917, en France, Georges Claude mit au point un procédé travaillant à la température de 550° sous une pression de 1 000 kg au cm2. À la même époque, en Italie, CASALE réalisait la synthèse de l’ammoniac à la température de 550° sous une pression de 700 à 800 kg au cm2. Dans un procédé plus récent (le procédé Fauser-Montecatin) la réaction s’effectue sous une pression de 325 kg au cm2. et à la température de 500°.