Nos plus beaux documents autographes
4045 autographes de prestige trouvés
Pièce signée
COLETTE (Sidonie Gabrielle Colette, dite)Pièce signée. Paris, le 20 octobre 1949 ; 1 pages in-4°. Contrat signé entre Colette et la société Le Fleuron, représentée par Maurice Goudeket. « Madame Colette cède à la société Le Fleuron le droit de publier, en un tirage limité, un ouvrage d’elle intitulé La Fleur de l’âge ».
Lettre autographe signée
BRASILLACH RobertLettre autographe signée, adressée à Mlle Ennebic. Sens, le 31 décembre 1929 ; 2 pages in-4°, enveloppe jointe. « Vous devez me trouver extrêmement silencieux. Sans doute pensez-vous que c’est ce sinistre 31 décembre 1929 qui me force à vous écrire, pour concilier les traditions et mon amitié pour vous. Mais il ne faut pas penser des choses aussi méchantes. Alors, je vous présente tous mes voeux. Peut-être si j’en crois ce que vous m’avez dit cette année — presque l’année dernière — mes voeux sont ils une chose moins banale que des voeux de 1er janvier, s’il est vrai que vous allez changer de vie cette année. Aussi mes voeux sont-ils doublement affectueux. » Il a passé un examen en octobre. Il a rencontré Divoire qui lui a proposé d’entrer à l’Intransigeant, ce qu’il n’accepte pas. « J’ai demandé une collaboration irrégulière plutôt. […] Car cette année, ce n’est qu’une expérience, puisque je serai obligé d’interrompre l’année de l’agrégation et l’année du service militaire, mais si cette expérience me plaisait, ce serait une porte de sortie très convenable pour quitter l’université. […] J’ai revu plusieurs fois Mme Pitoëff qui est toujours la plus délicieuse des femmes. Il était fatal, n’est-ce pas, qu’après l’avoir tant admirée au théâtre, je finisse par la connaître. Ces pauvres gens ont d’ailleurs commencé leur saison par deux fours retentissants qu’ils méritaient bien qu’ils méritaient bien d’ailleurs parce que les pièces étaient exécrables. Maintenant, sans beaucoup de raison, ils ont un succès four avec une pièce allemande 4 criminels qui est curieuse, mais déplaisante. Suzanne n’est pas en Espagne. On a écrit des multitudes de lettres mais comme .... demandait à un moment qui avait l’air pas mal quelle liberté ..à Suzanne chez lui, le moment a répondu par cette formule lapidaire : “ liberté ? Aucune ! “. Et il donna des explication qui prouvaient bien qu’il avait compris et que Suzanne n’aurait pas le droit de sortir, de se promener, de rien faire. L’esclavage ni l’inquisition ne sont encore abolis en Espagne, dirait-on. Et à peu près partout où on a écrit, c’est Liberté - Aucune. Alors, pour le moment Suzanne abandonne ses projets et va venir à Paris. »
Ensemble de pièces signées
BILLETDOUX FrançoisEnsemble de 33 lettres ou pièces signées, adressées à la Société des Auteurs et Compositeurs. 1959-1967 ; sur feuillets in-4°. Intéressant ensemble concernant l’exploitation de ses œuvres et ses droits d’auteur. Bulletins de privilèges signés pour Tchin-Tchin, lettres concernant les accords donnés pour cette pièce au directeur du Rideau de Bruxelles, la reprise de la pièce au Théâtre des Mathurins, les tournées de la pièce par les productions Karsenty, la diffusion des droits dans d’autres pays, ses contacts avec la télévision, les droits de représentations de sa pièce Comment va le monde, Môssieu ? Il tourne, Môssieu, traité pour sa pièce Silence, l’abbé remue encore , etc.
Lettre autgraphe signée
DUNOYER DE SEGONZAC AndréLettre autographe signée adressée à Colette. Chaville, 30 décembre 1933 ; 2 pages in-8° sur papier art-déco, enrichi d’un chromo d’une main tenant une corbeille de fleurs. Petite déchitures dans la fente. « Très chère Colette, je suis fidèle moi aussi au papiers de “compliments”. Je vous adresse les miens avec mes voeux les plus affectueux pour 1934. J’espère que tout va bien. Je vous avais trouvée un peu “fatiguée”, l’autre jours, (comme on dit à St-Tropez). Vous travaillez avec tant de courage et d’une conscience si scrupuleuse. Embrassez bien fort, le gars Maurice [Goudeket] et dites lui tous mes voeux. Très affectueusement et amicalement. Dédé. Ps : ne vous laissez pas harceler par notre vieil ami Floury, qui est bien agité. Je lui ai écrit l’autre jour pour le calmer et lui dire combien vous êtes surchargée de travail. Rien ne presse. Nous verrons cela plus tard. Bonjour à Pauline. »
Lettre autographe signée
BERNANOS GeorgesLettre autographe signée. [ Août 1931] 2 pages in-8 et demi sur papier bordé de noir. L’écrivain avec beaucoup d’humour, se faisant passer pour les différents secrétaires du maître ( deuxième et troisième secrétaires ) indique les différents moyens pour arriver jusqu’à sa demeure. « le maître me prie de vous aviser qu’un autobus fait le service Toulon Hyères. Départ toutes les demi-heures. Durée du voyage vingt cinq minutes » . « On ne recoit au château que les gens du monde». « N.S: Entre nous le patron passe pour bien pensant, mais ca ne l’empêche pas de me pincer dans les coins, et à mes dire des orreurs. si vous êtes journaliste, vous devriez bien dénoncer ce vieux dégoutant là ! ».
Lettre autographe signée
INDY Vincent d’Lettre autographe signée adressée à Emmanuel Chabrier. Mardi soir [17 mai 1887] ; 4 pages petit in-8°. À la veille de la création de l’opéra-comique de Chabrier, Le Roi malgré lui. Vincent d’Indy qui a assisté à des répétitions fait part à son ami de ses critiques, positives et négatives. Il commence par énumérer les choses absolument exquises « et tout à fait neuves et que personne n’avait faites avant toi », le second acte absolument ravissant, la belle trouvaille au troisième acte dans l’air de Minka : « une chose qui m’a transporté les deux fois que je l’ai entendue, c’est vraiment du bel art et ça fait plaisir d’être l’ami de celui qui a senti et exprimé ça ». Puis il exprime ses réserves. D’abord un « mais » musical : « il est gros et embêtant, c’est le grand air de Mézeray [soprano interprétant le rôle de la duchesse de Fritelli] » qui alourdit tout le premier acte, et qu’il serait partisan de couper, et enfin la confusion du livret lui-même, incompréhensible : « Carvalho a dû joliment tailler là-dedans, sa lourde patte s’y reconnait. C’est un bien mauvais service qu’il rend aux gens. Je ne devrais pas te dire ça à la veille de la 1ère, mais tant pis c’est lâché, tu ne m’en voudras pas ». La première du Roi malgré lui, inspiré par la brève candidature du futur Henri III au trône de Pologne, eut lieu le 18 mai 1887 à l’Opéra-Comique qui allait être ravagé par un incendie quelques jours plus tard. Les représentations reprirent quelques mois plus tard au Théâtre des Nations, avec une partition remaniée par Chabrier.
Ensemble de lettres signées
JOUVE Pierre-JeanEnsemble de 2 lettres signées, adressées à Suzanne Arnoux, secrétaire de la Société des Auteurs et compositeurs et 1 pièce signée.— 24 avril 1962 ; 1 page in-4°. Au sujet de la déclaration de sa pièce Lulu d’après Wedekind.— 18 septembre 1966 ; 1 page in-4°. Il a été pressenti par le doyen de la faculté des lettres de Nice afin « d’autoriser la représentation de mon Macbeth, en désignant la compagnie des acteurs sous le titre Les Vaguants. Vous me demandez de votre côté mon autorisation pour une tournée Morna. Les lieux et les dates coïncident. »— Bulletin de privilège concernant la pièce Les Trois Soeurs jouée au théâtre des Célestins de Lyon du 9 décembre 1970 au 7 février 1971, signé par Pierre-Jean Jouve et Sacha Pitoëff.Les trois documents :
Pièce autographe, signée
JEHAN-RICTUS (Gabriel Randon de Saint-Amand, dit)Pièce autographe, signée « Gabriel Randon ». S.l.n.d. ; 8 pages in-12 et 2 pages in-12 pour le questionnaire. Curieuse suite de notes anecdotiques et pensées de la main du poète en réponse à un questionnaire : — « Qu’éprouvez-vous en vous levant ? » : « L’envie de lire une lettre. »— « Pouvez-vous vous sacrifier ? » : « Oui pour une idée, pour une femme, et pour la joie ridicule d’être malheureux. »— « Quel est votre poète préféré ? » : « Le Dante, Villars, ceux de la Pléiade, et après un grand saut, Baudelaire, Musset, Hugo (certaines pièces) et Verlaine, Moreas, Sauvain, de Hérédia, L. Tailhade. »— « À quel moment de votre vie voudriez-vous mourir et comment ? » : « À trente six ans, aimé, en pleine lutte, avec de la gloire et l’amour des jolies jeunes femmes. Je m’en fous d’être guillotiné pour une belle cause qui pourrait être la justice. »— « Préférez-vous la beauté à l’intelligence ? » : « J’adore la Beauté et j’aime l’Intelligence. »— « Êtes-vous susceptible d’enthousiasme ? »: « Oui, bien que je croie mener dans de tels élans, une lutte inutile. »
Pièce autographe signée, écrite au dos d’une enveloppe
CHAISSAC GastonPièce autographe signée, écrite au dos d’une enveloppe, adressée à Pierre Giraud. 9 juin 1948 ; 1 page in-12, adresse timbrée sur le verso.« Cher P.G. De toi je crois que c’est mon évêque ébauchant le geste de la bénédiction des blés que j’aime le plus. Et je t’expliquerai pourquoi quand on se verra. J’ai dessiné hier sur la muraille un gros ventru qui porte un seau et qui est peut être plus trapu que ventru. Je pourrai fort bien exposer des choses à Limoges si ça se trouve. Amitiés. G. Chaissac. »On joint la lettre de son épouse qui était à l’intérieur: grande lettre autographe signée de Camille Chaissac. Cette très intéressante lettre, longue de 4 pages in-folio (31 x 19 cm) foisonne de renseignements sur la vie du couple Chaissac. « Gaston, lui, a l’air d’oeuvrer beaucoup plus au hasard, gratuitement, , il y a des réussites, mais ça m’a toujours gêné de ne pas le voir plus “engagé”. Il est absorbé, concentré bien sûr, mais tout lui ne participe pas au mieux. Son corps n’est là que pour sécréter des toxines qui changent sa vision du monde mais pas la réalisation de l’épanouissement ; et la volonté absente qui doit décider, comparer, choisir ce qu’il convient présentement d’exprimer étant donné les matériaux, la couleur du ciel, l’humeur, l’inspiration etc. Il a bien le désir de créer du beau, de l’harmonieux, du personnel, mais aussi de l’original, du jamais fait non parce que c’est mieux, mais parce qu’il croit être le premier à y penser. »
Lettre autographe signée
SIGNAC PaulLettre autographe signée [adressée à Eugène Dabit]. 24 décembre 1930 ; 1 page 1/2 in-8°.« Je vous remercie de m’avoir envoyé votre nouveau livre : c’est gentil à vous de ne pas oublier votre vieux camarade dans votre jeune gloire. Je l’ai lu avec autant de plaisir que le premier et c’est de tout cœur que je lui souhaite le succès de son aîné. Mais la peinture ? Vous n’abandonnez pas, n’est-ce pas ? »Après L’Hôtel du Nord (Robert Denoël, 1929), Eugène Dabit avait publié Petit Louis (Gallimard, 1930).
Lettre signée
ALEXANDRE VIII en latin Alexander VIII, en italien Alessandro VIII (né Pietro Ottoboni)Lettre signée avec compliment autographe « Sempre de cuore Il Cardle Ottoboni », adressée à Pietro Mocenigo. Rome, 30 juin 1668; 1 page in-folio en italien. Il remercie de l’avoir avisé de son départ pour l’ambassade d’Angleterre et lui adresse ses vœux.
Lettre autographe signée
NADAR (Félix Tournachon, dit)Lettre autographe signée, adressée à un ami. Cannes, 17 février-22 mars 1904 ; 4 pages in-8°. Très belle lettre : « L’adorable adoré parti, votre peine à tous, la tienne, — la permanente inquiétude, quand ce n’est pas l’anxiété pour notre clé de voûte bien aimée, tout hante, excède ma triste vétusté, par les jours, les nuits, —jusqu’à un tout récent suicide par Nice d’un ancien employé de notre maison, — et aussi la pensée obstinée de cette horrible guerre de là-bas... Tout ça est trop pour mon trop peu de force restante. J’étouffe... Le pis est que, malgré tout effort, et il y est, je trouve encore à attrister ce qui est autour de moi déjà triste. Mais tout est noir devant nous. » Il a bien songé à un vieux projet d’article, « mais à cette heure abominable des canonnades asiatiques, pas place ». 22 mars 1904 : retrouvant sa lettre, qu’il avait oublié d’envoyer, il donne des nouvelles d’amis. Il reste à Cannes jusqu’à fin avril, « puis retour à Marseille, — et finalement, vers octobre, espérance de revenir définitivement sur Paris. — C’est embêtant de ne pas même savoir où on mourra ».
Lettre autographe signée
MONTPENSIER Antoine-Philippe d’Orléans, duc deLettre autographe signée « Montpensier », adressée à son frère, le futur roi Louis-Philippe, alors duc de Chartres. 25 juillet 1791, 1 page, in-12, montée sur une grande page.Importante lettre historique, relatant les événements de la fusillade du Champ de Mars, le 17 juillet 1791, qui aura pour conséquence la fuite du roi Louis XVI et de sa famille jusqu’à Varennes. « Je n’ai rien à t’apprendre mon cher Chartres. Je t’ai tout dit la dernière fois. Les Feuillans ne veulent pas se réunir et les Jacobins restent tranquillement à leurs places. Voilà tout. Nous sommes dans un vilain moment, le drapeau rouge est toujours à la fenêtre de l’hôtel de Ville. Au reste il y a mille choses qu’il m’est impossible de t’écrire ce que je te dirais si j’étais avec toi. Je ne sais ce qui empêche de nommer les officiers. Ce que je sais c’est que cela retarde un plaisir bien vif et que cela augmente de jour en jour mon impatience. Adieu mon cher frère je t’embrasse de toute mon âme, tous ces messieurs se rappellent à ton souvenir. Montpensier. Je t’envoye une superbe adresse de Pétion à ses commettans, lis la avec attention. »
Lettre autographe signée
GREEN JulienLettre autographe signée, adressée à un père. 13 juin 1946 ; 2 pages in-4°. « J’ai été très touché de la lettre que vous m’avez écrite et de tout ce que vous me dites du roman, et surtout de ce que vous dites du prêtre et du rôle de prêtre. Peut-être aurai-je un jour le grand plaisir de vous voir à Elioles et nous pourrons alors, si vous le voulez bien, nous entretenir de ces choses si importantes et dont il me semble qu’on parle si peu ici (je pense surtout aux problèmes du romancier). De plus en plus, je me méfie du roman, de tout ce qu’il remue de trouble et e suspect. Parfois des semaines se passent sans que je me sente capable d’ajouter une ligne au livre qui m’occupe en ce moment, et j’en ai écrit un, en 1937 et 38 que je n’ai jamais pu me résoudre à faire imprimer. « Purifiez la source » dit Mauriac. Ce n’est pas si simple. Il entre, en effet beaucoup de raison dans la composition d’un roman, et je ne vois pas très bien comment l’auteur peut se défendre lui-même d’une contamination presque inévitable (Et que dire de ses lecteurs ? Nicole, je crois, a écrit là-dessus quelques phrases assez inquiétantes. Je sais bien que ce n’est pas là une référence d’une valeur indiscutable, mais je crains malgré tout que ce janséniste n’ait raison). Pourtant, il faut bien faire son oeuvre. Nous y sommes tenus. C’est même notre façon à nous romanciers e rendre gloire à celui qui nous a confiés ces petits dons d’écrivains dont nous abusons, parfois, si étrangement. Mais j’ai l’impression, souvent d’avancer dans la nuit. J’ai essayé de dire cela dans mon journal que je vous enverrai. Sans doute ne devrait-on pas parler de soi comme je l’ai fait dans ce livre, mais si je publie ces pages, c’est avec l’idée qu’elles pourront servir à ceux qui, comme moi, cherchent à voir clair. Si elles pouvaient atteindre une personne seulement et l’empêcher de désespérer, ce serait déjà beaucoup. Je voulais passer quelques jours à Elioles, ce printemps. J’en avais même parlé au R.P. Carré que vous connaissez sans doute et qui est de si bon conseil , mais la publication de mon livre m’a empêché e quitter Paris et je suis maintenant plongé jusqu’au cou dans des difficultés d’un autre ordre que vous avez le bonheur de ne pas connaître. »
Lettre autographe signée
[AS DE L’AVIATION - GUERRE 14-18] — BOURHIS JeanIl mourut des suites d’un combat aérien livré le 14 mars 1916 près de Verdun ; atteint d’une balle au bassin, il trouva l’énergie de regagner son point d’atterrissage et mourut huit jours plus tard. Parti comme simple soldat, il termina sous-lieutenant et chevalier de la Légion d’honneur. Il est crédité de 3 victoires homologuées. Lettre autographe signée, adressée au journaliste Jacques Mortane. Toul, 17 février 1916 [moins d’un mois avant sa mort], à Jacques Mortane ; 7 pages in-8° (dernière page défr.). Extraordinaire lettre dans laquelle il raconte ses vols les plus mémorables pour le journal La Guerre aérienne. Le premier est anodin : la chaufferette de bord de son passager ayant enflammé la doublure de sa veste de cuir, les deux occupants du B1 avaient d’abord cru à un incendie de l’appareil. La découverte de la réalité mit Bourhis de bonne humeur. « Je le fus moins le jour où mon moteur me plaquant en Bochie (au-delà de Lens) je dus m’entraîner au vol plané le plus long… et user de douceur avec mon appareil pour l’amener sans accrocs au-delà des lignes boches. Jamais je n’ai tant regretté le ronflement du moteur qu’on trouve parfois assommant… mais qui couvre si bien le sifflement des balles et rend l’éclatement des obus plus sourd. […] Jusqu’au 10 octobre 1915 rien de bien saillant. Ce jour 10 octobre, j’eus la satisfaction de « descendre » un Boche et cette fois en territoire français. Je ne vous parlerai pas beaucoup du combat qui ne fut guère émotionnant. Je tirai dans de bonnes conditions et dans un temps très court une quarantaine de cartouches et ce fut fini : mon adversaire descendit à pic de 3000 m. Mais la partie émotionnante fut mon atterrissage : j’ai atterri « par bonds successifs » m’ont dit les camarades… et aussitôt hissé sur des épaules robustes j’ai fait dans cette position un certain parcours qui m’a permis de me rendre compte de ce que peut être un voyage à dos c’est-à-dire à bord du vaisseau du désert. » Bourhis a gardé pour la fin son plus beau vol, « le seul vol émouvant, angoissant même ». C’était au mois d’août 1915, en plein midi, par une forte chaleur. Il volait depuis plusieurs heures, son appareil traînant un grappin. « Tout à coup un point noir paraît à l’horizon. Il grandit rapidement et se dirige sur moi. C’est un énorme avion noir barré de croix blanches : un boche ! Attention, nous allons nous rencontrer ! D’un effort violent je lance mon appareil dans un bond vertigineux, au dessus de la sombre machine ! Un choc — Le grappin l’accroche ! Je tire le câble : il tient. Je respire enfin ! mais je suis brisé par l’effort. Au bout du câble, accroché solidement au grappin, l’avion boche vaincu se balance tel un jouet… Je suis joyeux et je ris… je ris… Pendant quelques minutes tout va bien. Puis le moteur faiblit, le vol devient pénible. […] Je ne suis plus qu’à 4350 m et brusquement mon moteur s’arrête : c’est la descente folle, vertigineuse. La sueur à grosses gouttes coule de mon menton. […] La chute s’accentue, une aile casse… tout est noir… je tombe comme une pierre… »













