Nos plus beaux documents autographes
4586 autographes de prestige trouvés
Manuscrit autographe « L’Eternel Retour », signé de l’étoile (et un début de signature biffé)
COCTEAU JeanManuscrit autographe « L’Éternel Retour », signé de l’étoile (et un début de signature biffé). [Avril 1943] ; 3 pages in-4°. Le film L’Éternel Retour révéla Jean Marais et en fit une star.« Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, sont les deux grandes histoires d’amour. Le coeur tourne autour de ces deux terribles et merveilleux mécanismes. L’auteur de L’Éternel Retour a emprunté ce titre à Nietzche mais il en diminue exprès le sens et veut dire que les grandes légendes se reproduisent éternellement. C’est, en effet, l’histoire de Tristan et Yseult, que ce film raconte. Les héros sont de notre époque. La même fatalité les entraîne dans les mêmes circonstances jusqu’à la mort ». Puis il en donne l’intrigue et ses rebondissements
Ensemble de 3 manuscrits autographes
QUINET EdgarEnsemble de 3 manuscrits autographes (dont un signé et un incomplet), d’adresses aux électeurs. 9 pages in-folio in-8° (un feuillet effrangé).Belles proclamations républicaines. — Paris, 6 mai 1849, à ses concitoyens : « Voulez-vous rendre impossible le retour des Révolutions ? Confondez le salut de la République avec le salut même de la Patrie. […] La France a enfanté avec douleur la République. Mais la mère étouffe-t-elle son enfant à cause du travail qu’il lui a causé ? Ses douleurs mêmes lui sont une raison nouvelle de s’attacher au fruit de ses entrailles. »— [Vers 1870], aux électeurs de la Seine : « Il y a quarante ans quand nous affirmions la République, combien étions-nous ? Chaque année, la France est venue à nous. Qu’ont pu, contre nous, les interdictions, les proscriptions, les exils ? Ils n’ont servi qu’à augmenter notre nombre […] La République vit et elle vivra. »— [1871 ?], aux électeurs républicains de la Haute-Garonne. Se peut-il « que quelques Républicains se disposent à s’abstenir, ou […] à perdre leur vote sur un autre nom, que celui de Mr de Rémusat ? S’il en est ainsi, qu’ils me permettent de les adjurer de renoncer à une pensée si funeste à leur propre cause. »
Dossier
PAULHAN LouisDossier de cartes signées ou de photographies signées par Louis Paulhan.— Une belle photographie le représente dans son biplan, dédicacée à E. Lasalle. 13 X 18 cm.— Une carte signée, le représentant en vainqueur du raid Londres Manchester sur biplan Farman, en mai 1910.— 13 cartes signées (cartes postales ou photographies de ses exploits).— 1 carte de visite autographe signée : « Vous pourriez avec les documents que je possède faire un récit aéronautique qui puisse intéresser sûrement la belle jeunesse d’aujourd’hui qui jette un regard sur l’aviation. »— 11 cartes postales ou photographies diverses le concernant.Bon dossier.
Ensemble de lettres autographes signées
SUTZKEVER AvromImportante correspondance d’une trentaine de lettres autographes signées, en yiddish. 1969-1975 ; Formats divers, quelques-unes avec des dessins originaux. Quelques enveloppes conservées.
Manuscrit autographe signé
COCTEAU JeanManuscrit autographe « L’Éternel Retour », signé de l’étoile (et un début de signature biffé). [Avril 1943] ; 3 pages in-4°. Le film L’Éternel Retour révéla Jean Marais et en fit une star. « Tristan et Yseult, Roméo et Juliette, sont les deux grandes histoires d’amour. Le coeur tourne autour de ces deux terribles et merveilleux mécanismes. L’auteur de L’Éternel Retour a emprunté ce titre à Nietzche mais il en diminue exprès le sens et veut dire que les grandes légendes se reproduisent éternellement. C’est, en effet, l’histoire de Tristan et Yseult, que ce film raconte. Les héros sont de notre époque. La même fatalité les entraîne dans les mêmes circonstances jusqu’à la mort ». Puis il en donne l’intrigue et ses rebondissements
Ensemble de 8 lettres autographes signées, adressées à son fils Arthur
BERTRAND Henri-Gatien, comteEnsemble de 9 lettres autographes signées, 7 adressées à son fils Arthur et 2 à son frère. 1837-1842 ; 9 pages in-4° ou in-8°, 7 avec adresses.25 août 1837, il annonce l’envoi de dix gourdes... Châteauroux 27 mai 1841, longue lettre d’affaires sur le prix du livre que son fils compte publier. « M. J. Janin, m’avait dit qu’avant de fixer le prix à 1500 f le prix dont on avait d’abord parlé pour 1500 exemplaires, il fallait voir le nombre de feuilles d’impression ; que tu devrais venir chez lui débattre tes intérêts avec M. Plon, que l’imprimeur te donnerait six mois pour payer »... Paris 16 mai 1842 : « Mes cartes sont toutes finies et j’espère que demain les corrections du second volume seront à l’oeuvre »... Châteauroux 8 août 1842 : « Nap. est allé à Bourges […] pour entendre M. Crémieux et Michel qui plaident aujourd’huy »... 18 septembre 1842 : « Mon fils Arthur m’a fait une vive peine en se refusant à m’accompagner dans mon voyage. Puisse sa conduite, pendant que je serai éloigné, ne pas augmenter mes chagrins »... Il résume les dispositions qu’il a prises pour la fourniture du bois, le paiement des gages, etc. Saint-Pierre 9 décembre 1842 : à peine arrivé aux Salines, « il m’a fallu en repartir pour venir auprès de Nap; qui vient d’essuyer une fièvre bien dangereuse. Je suis depuis dix jours auprès de lui » ; il est en pleine convalescence et Bertrand assiste à ses repas afin de modérer son appétit… Châteauroux 17 décembre,il transmet à son fils la part de son frère un bouquet pour Mme de Saint-Cyran, « la belle cousine »…2 lettres autographes signées à son frère à propos d’Arthur.
Ensemble de 4 documents.
REICHMAN FredEnsemble de 4 documents [adressés à Daria Bogdanovsky en France]. Lettre autographe signée. San Francisco, 23 juin 1960 ; 2 pages in-4°, en français. Il donne de ses nouvelles, « C'est beaucoup de temps depuis j'ai essai à écrire en français [ ] Je suis un père maintenant, a belle fille de 14 mois s'appelle alexandra ! Ma femme Michela et moi nous sommes très heureux avec le soleil qui se leve chaque jour dan sa rire sa joie de vivre ». Il prépare une exposition au musée de la Légion d'Honneur, qui après partira à Los Angeles à sa galerie : « J'ai fait beaucoup de progrès depuis vous avez vu mes tableaux à Paris. Plus de la nature et plus de les choses qui sont très proches même dedans mon coeur » (il a illustré sa lettre de points géométriques, ce qui la rend artistique). Lettre autographe signée. San Francisco 17 février [1964] ; 1 page grand in-8 oblongue, en français, illustrée d'une composition imprimée, grande enveloppe jointe. De retour chez lui après son séjour parisien, il lui a été difficile à se remettre au travail, mais il s'y est bien lancé et prépare sa prochaine exposition. « Sur notre retour chez nous, il était très très difficile à commencer notre rhythme comme l'autre foie. Et, j'ai trouvé qu'il était très très difficile à peindre ! Quel surprise ! Mais, depuis un ou deux mois, j'ai commencé à travailler avec esprit et le travail est maintenant bien ! Nous sommes très contents maintenant » Lettre autographe signée. San Francisco, 25 mars 1966 ; 1 page grand in-8, en français, enveloppe jointe enrichie au dos de dessins de sa fille Alexandra (6 ans 1/2). La lettre est illustrée de points et taches de couleurs, ce qui la rend très attrayante. Il annonce sa venue en France. « Nous irons en france cet été et nous espérons être à Paris pour 15-21 jours entre le 15 juin et ? juillet. Serez-vous à Paris ? Connaissez vous d'une endroit où nous pourrons demeurer ? » Copie d'un article sur lui paru en octobre 1965 en anglais, sur lequel il a ajouté une correspondance autographe signée (7 lignes, 1 page in-4, en français), enveloppe jointe enrichie de dessins aux feutres de couleurs. « Ca va bien ici, je travail, je fait des tableaux et je suis en train de faire quelque progrès. Les enfants sont un joie pour ma femme et moi, même si c'est beaucoup de travail. » L'ensemble est très attrayant.
Ensemble de 9 lettres autographes signées, 7 adressées à son fils Arthur et 2 à son frère
BERTRAND Henri-Gatien, comteEnsemble de 9 lettres autographes signées, 7 adressées à son fils Arthur et 2 à son frère. 1837-1842 ; 9 pages in-4° ou in-8°, 7 avec adresses. 25 août 1837, il annonce l'envoi de dix gourdes... Châteauroux 27 mai 1841, longue lettre d'affaires sur le prix du livre que son fils compte publier. « M. J. Janin, m'avait dit qu'avant de fixer le prix à 1500 f le prix dont on avait d'abord parlé pour 1500 exemplaires, il fallait voir le nombre de feuilles d'impression ; que tu devrais venir chez lui débattre tes intérêts avec M. Plon, que l'imprimeur te donnerait six mois pour payer »... Paris 16 mai 1842 : « Mes cartes sont toutes finies et j'espère que demain les corrections du second volume seront à l'oeuvre »... Châteauroux 8 août 1842 : « Nap. est allé à Bourges [ ] pour entendre M. Crémieux et Michel qui plaident aujourd'huy »... 18 septembre 1842 : « Mon fils Arthur m'a fait une vive peine en se refusant à m'accompagner dans mon voyage. Puisse sa conduite, pendant que je serai éloigné, ne pas augmenter mes chagrins »... Il résume les dispositions qu'il a prises pour la fourniture du bois, le paiement des gages, etc. Saint-Pierre 9 décembre 1842 : à peine arrivé aux Salines, « il m'a fallu en repartir pour venir auprès de Nap; qui vient d'essuyer une fièvre bien dangereuse. Je suis depuis dix jours auprès de lui » ; il est en pleine convalescence et Bertrand assiste à ses repas afin de modérer son appétit Châteauroux 17 décembre,il transmet à son fils la part de son frère un bouquet pour Mme de Saint-Cyran, « la belle cousine » 2 lettres autographes signées à son frère à propos d'Arthur.
Poème autographe signé
JACOB MaxPoème autographe signé, intitulé « Roman de chevalerie ». Sans date ; 2 pages in-8°. « La bradamante et Marphise Se disputent un amoureux À cheval ! À votre guise ! Voici la lance et l'épieu. C'est l'enfer qui les met aux prises : J'ai deux âmes il m'en faut trois. (Dans un château fort à Pise Se meurt Ogier le Danois) [ ] Marphise est païenne infidèle Et votre Dieu me la doit Bradamante tu fais fi d'elle ! Que ton dragon aux cent ailes Vole pour deux meurtres en ce duel. » À la suite de ce poème Max Jacob écrit : « On a jugé cette poésie obscure. J'en donnerai donc l'explication : Ogier le Danois va mourir et Satan guigne cette âme de pêcheur. Ogier possède un miroir qui lui fait voir à distance les femmes qui se battent par amour de lui. Ogier possède aussi un dragon volant et rapide qui peut tuer les deux guerrières. Satan demande à Ogier de lui donner ces âmes. L'amour est indifférent à tout ce qui n'est pas son objet assez cruel pour damner autrui et se damner lui-même. »
Lettre signée « Charles A Lindbergh »
LINDBERGH CharlesLettre signée « Charles A Lindbergh », adressée à Robert L. Reece, directeur de Pan American Airways. « Les Monts-de-Corsier, Vaud », 14 août 1967 ; 2 pages in-4°, en anglais ; longue déchirure le long du bord supérieur de la deuxième page sans toucher au texte. « I am greatly interested in our IHC hotels, much as I dislike all first-class hotels personally. They are, of course, essential to Pan American business and to the welfare (in this case) of East Africa. (I am dubious about the effect they will have on our civilization in the long run ; but I don't think Pan American is in a position to set policy on that basis — or East Africa!) Along with the Nairobi IHC, I believe an inn system is of tremendous importance. In fact I believe the hotel-inn system should be organized in many places where we land […]. I fully agree with you about the importance of our moving faster in the African area, and will talk again about this when I get back to New York next month. I think there is tremendous potential in Africa, and that we are not yet making plans in accord with it. » He goes on to quote a letter from John Owen concerning transportation to East African national parks, and comments on his wife’s “Immersion in Life” article as well as a book project for Harcourt Brace. He concludes: « We have invited Bill Jovanovich and his wife to accompany us on a safari through southern Kenya and northern Tanzania—the route we have taken before.» In very good to fine condition, with a long tear along the top edge of the second page. Traduction française partielle : « Je suis très intéressé par nos hôtels IHC, tout comme personnellement je déteste tous les hôtels de première classe. Ils sont, bien sûr, essentiels aux affaires panaméricaines et à la prospérité (dans ce cas) de l’Afrique de l’Est. (Je doute de l’effet qu’ils auront sur notre civilisation à long terme ; mais je ne pense pas que Pan American soit en mesure de définir une politique sur cette base - ou en Afrique de l’Est!) Avec Nairobi IHC, je crois qu’un système d’auberge est d’une importance capital. En fait, je crois que le système hôtel-auberge devrait être organisé dans de nombreux endroits où nous atterrissons… Je suis entièrement d'accord avec vous sur l’importance de nous déplacer plus rapidement dans la zone africaine, et j’en reparlerai quand je reviendrais à New York le mois prochain. Je pense qu’il y a un énorme potentiel en Afrique, et que nous ne faisons pas encore de plans en accord avec cela. » Il cite ensuite une lettre de John Owen concernant le transport vers les parcs nationaux d’Afrique de l’Est, et commente l’article “Immersion dans la vie ” de sa femme ainsi qu’un projet de livre pour Harcourt Brace. Il conclut: « Nous avons invité Bill Jovanovich et sa femme à nous accompagner dans un safari à travers le sud du Kenya et le nord de la Tanzanie - la route que nous avons empruntée auparavant. »
Pièce autographe
LHOTE AndréPièce autographe. Sans date [vers 1945] ; 2 pages in-4°. Texte autobiographique. « Né à Bordeaux, (il y a déjà quelque temps). Autodidacte absolu. A peint dès qu’il a pu tenir un crayon de couleur. Fils d’un petit fonctionnaire, il lui fallut à 13 ans choisir un métier...rémunérateur. Entre en apprentissage chez un sculpteur-décorateur, apprend le rudiment du dessin à l’école des Bx-Arts de Bordeaux et entre dans les classes de sculpture décorative. Premiers prix partout, naturellement. Brillant artisan, son métier ne l’intéresse que dans la mesure où il peut innover. Mais “l’Art nouveau” en sculpture est peu apprécié à Bx. Dégoûté de faire du Louis XV, du Louis XVI ou de la renaissance de commerce, il reporte tout son amour sur la peinture qu’il n’a pas cessé de pratiquer, chaque soir et le dimanche. […] À 22 ans, il abandonne le métier de sculpteur et se consacre à la peinture. Pour vivre, il lui faut donner des leçons à des jeunes gens qui préparent leurs examens. C’est ainsi que se révèlent en lui les dons d’éducateur et de théoricien de la peinture, qui nous ont valu des livres tels que La Peinture, le Cœur et l’Esprit, Parlons peinture(devenus introuvables). […] A. Lhote expose à Paris depuis 1908, où ses envois furent remarqués dès ses débuts au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne. en 1910, il fit sa première exposition particulière qui lui valut une notoriété qui s’est bien entendu amplifiée par la suite. […] A. Lhote ne s’intéresse qu’à la nouveauté en art, peindre en dehors des sentiers battus fut de tous temps sa passion. Ennemi des conventions usées de l’Académisme, il fut un des premiers dès 1911, à fonder cette école dite cubiste, dont on dit tant de mal jadis, et qui maintenant est à l’honneur dans les musées européens. […] On lui offrit avant guerre une place de professeur à l’École des Beaux-Arts de Paris […] Tout ce qu’il put faire fut d’accepter d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur. »Document très intéressant.
Lettre autographe signée
COLETTE (Sidonie Gabrielle Colette, dite)Lettre autographe signée, adressée à Mlle Claude Chauvière, sa secrétaire et amie. Sans date, sans doute entre 1931 et 1932] ; 1 page 1/2 in-4° sur le papier bleu du Claridge.Belle lettre sur sa ligne de cosmétiques qu’elle veut lancer dans sa boutique de la rue Miromesnil : « Non, mon petit Claude, je n’ai plus de bronchite. J’ai seulement un pied qui traîne encore et une crise d’argent, comme tout le monde. Je me hâte terriblement pour avoir mes “produits” au point, bientôt. J’ai un parfum, bientôt deux, une “eau”, une autre “eau” des rouges en train, deux trucs gras, des poudres qui ne seront faites que fin janvier ou en février, etc. etc. Tout sera très bien, mais quand ? Je me grouille du mieux que je peux »...
Lettre autographe signée
MARQUET AlbertLettre autographe signée, adressée à Élie Faure. Paris, 13 décembre 1919 ; 1 page 3/4 in-8° (17,5 x 14,5 cm).« C’est la déveine, la fatalité ou le Bon Dieu ou je ne sais quoi qui suscite tous les obstacles possibles chaque fois que je dois aller voir la collection Gangnat. Je dois partir dans une huitaine. À mon retour, si vous voulez bien, nous ferons encore une tentative pour voir ces Renoirs, peut-être que ma persévérance lassera le mauvais sort. Le tableau que vous avez vu chez Blot représente la porte de St-Cloud et date de 1903 ou 4, quant au Pont-Neuf, il a dû être fait deux ans plus tard [œuvres d’Albert Marquet, probablement exposées à la galerie Eugène Blot]. Aurai-je le plaisir de voir cette exposition avant mon départ ? Quand venez-vous ? Mes bonnes amitiés. Marquet. »L’ingénieur et industriel Maurice Gangnat, (1856-1924), beau-frère de Paul Gallimard, réunit une des plus importantes collections d’art de son temps, et fut le plus grand amateur d’œuvres de Renoir. Le catalogue de la vente aux enchères de sa collection, en 1925, fut préfacé par Robert de Flers et par Élie Faure.Marquet admirait profondément Renoir, et possédait de lui un Paysage de Cagnes, peint en 1915.
Huile sur toile.
CARELMAN JacquesNature morte au tabouret et à la guitareHuile sur toile.65 X 54 cmProvenance : Vente de la succession Carelman, 2013.
Lettre autographe signée
SAINT-SAËNS CamilleLettre autographe signée, adressée à un ami. Las Palmas, le 16 février 1899 ; 4 pages in-4°. Très belle lettre : « Votre lettre du 1er fév. me montre qu’on s’occupe sérieusement de Phrymé à l’Op.(éra) Com.(ique) ; je croyais qu’on n’y songeait plus. C’est moi qui ai demandé à Carré d’égayer le dîner du second acte et de faire une apparition plus suave dans cette nuit subite et complète qui n’a pas de raison d’être ; nul doute qu’avec son goût pour le pittoresque et son talent de metteur en scène, il ne fasse très bien ; pourvu qu’il ne fasse pas trop bien ! en cela comme en tout je n’aime pas qu’on dépasse le but. Mlle Emelen est ravissante ; je lui ai fait dire le rôle et elle y sera très bien. J’ai relu Vendetta comme vous pensez ; c’est maintenant tout à fait au point (me permettez-vous de dire qu’il me semblerait encore utile de retoucher quelques vers par-ci par là ? Mais c’est peu de choses). Oui, c’est tout à fait au point, mais c’est moi qui n’y suis plus. C’est plus fort que moi, je ne puis plus écrire pour le théâtre. Pourquoi ? est-ce une évolution naturelle, ou le résultat de tous les ennuis que j’ai eu dans ces « mauvais lieux de la musique » comme les appelait Berlioz ? Je ne sais ; peut-être les deux. Ce qui est certain, c’est la répugnance, l’horripilation que j’éprouve à l’idée d’entreprendre un travail de telle nature et il me paraît impossible, dans de telles conditions, de faire quelque chose de bon. Je viens d’écrire un quatuor qui sera interminable ; cela me fait peur, mais peur et plaisir à la fois, comme quand on va prendre un bain de mer et qu’il y a de grosses vagues. Que voulez-vous que j’y fasse ? J’aurais toujours la consolation de vous avoir fait faire une bonne pièce qui vous prépare au succès. Le grand effet arrivant à la fin du second acte est ainsi bien mieux préparé, tout s’enchaîne et s’équilibre à souhait. Puisque le rôle principal est destiné à Mer Héglon (et je n’en vois pas d’autres, l’astre de Deluc me semble en train de pâlir). Pourquoi ne proposeriez-vous pas à Xavier Leroux de reprendre le fardeau que je sens trop lourd pour moi et qui lui sera léger ! L’idée d’écrire un rôle pour la belle amie le surexcitera favorablement. Vous n’avez pas oublié d’ailleurs qu’il a triomphé à l’Institut sur votre Diane ! Il me semble que Vendetta lui revient de droit. Je vous perce le coeur, je le sais et cela me chagrine. Mais à quoi bon se leurrer de chimères ? Si vous faites un drame et qu’il vous fasse des choeurs et de la musique de scènes, c’est là une chose dont je me sens encore capable. Tout un opéra, décidément, je n’en suis plus. J’ai acheté tout exprès une belle cartera, comme on dit ici, en maroquin, fermant à clé, pour que votre manuscrit soit bien à l’abri. Si vous le désirez, je l’éplucherai soigneusement et vous signalerai en toute humilité, les petits détails qui me semblent encore susceptibles d’amélioration. Vous avez tenu à garder « ils s’aiment bien, ils sont heureux ! », cela plaira peut-être à un autre, mais moi, je l’aurais certainement retranché... J’ai été vivement touché de cette petite carte de Mme de Lassus ; pourvu qu’elle ne se chagrine pas trop à cause de moi ! qu’elle veuille penser à ce qu’elle ferait si on lui demandait de faire du trapèze ou de danser sur la corde raide, elle se trouvera tout à fait à ma place. Je pense que si Phrymé voit enfin les feux de la nouvelle rampe, vous me donnerez des détails bien circonstanciés sur cet événement. On peut bien dire événement, car c’en est un maintenant de voir représenter un Opéra-comique à l’Opéra-comique ! »












