Nos plus beaux documents autographes
4586 autographes de prestige trouvés
Deux manuscrits autographes
PAGNOL Marcel [Aubagne, 1895 - Paris, 1974]Deux manuscrits autographes intitulé « La Belle et la Bête / Le Petit Ange », 4 janvier 1940 à 4 heures ¼ et Valberg lundi 28 mars 1950 ; 6 et 78 pages in-4 sur feuillets de cahier d’écolier, sous couverture titrée, numérotation à l’encre, corrigée au crayon rouge. Deux manuscrits de travail d’une pièce débutée en 1940, reprise en 1950, inachevée et restée inédite. Les six premières pages sont un synopsis, non dialogué, mêlé de notes d’un premier jet, résumant l’histoire de Gaby, de mèche avec son père pour escroquer l’inventeur d’un appareil de radiologie qui vaut des millions. La jeune femme se rend compte de la noblesse d’âme du médecin et décide de le sauver des griffes de son père et de ses complices. Le second manuscrit, dialogué cette fois, avec des corrections, des onglets rajoutés, des passages biffés, reprend la même trame avec quelques variantes : l’action se déroule à Cannes. Le père de Gaby et ses complices fomentent un plan pour forcer un jeune savant nommé Ferdinand à épouser sa fille sous la communauté de biens, ayant appris qu’un procès gagné le rendait richissime. Ledit plan fonctionne, Ferdinand déclare son amour à Gaby mais n’ose y croire, se croyant plus pauvre qu’elle. Sincèrement touchée, Gaby lui propose une promenade romantique avant le mariage prévu pour le soir même. Lors de la scène finale, les escrocs se réjouissent de ce dénouement, qui reste à leur profit : « Florent – Et on peut dire que c’est un génie dans un cœur d’or… Vernis ─ Et on peut dire aussi qu’il est fait comme un rat, qu’il l’a dans l’os, et qu’on l’a possédé jusqu’à l’âme du cœur du trognon ». Il est probable que Pagnol abandonna l’idée du premier titre après la sortie du film de Cocteau, La Belle et la Bête en 1946, film auquel il devait initialement participer mais auquel il renonça après avoir rompu avec Josette Day, l’interprète du personnage de Belle. Le « scénario » de ce « Petit Ange » a été adapté en bande dessinée par Luc Brahy et Véronique Grisseaux sous le titre Gaby ou la Belle et l'argent (Michel Lafon, 2024).
Pastel signé en bas à gauche.
PESKÉ Jean (Jan Miroslaw Peszke, dit)Deux femmes dans un intérieur. Pastel signé en bas à gauche. 58 x42 cm.
Pastel signé en bas à droite.
PESKÉ Jean (Jan Miroslaw Peszke, dit)Femme à la broderie. Pastel signé « Peské » en bas à droite.58 x 47 cm.La pastel représent la femme de l’artiste.
Aquarelle en forme déventail sur papier calque
ROY LouisFillettes jouant dans un pré.Aquarelle en forme déventail sur papier calque.Signée en bas au milieu du tampon à son monograme.25,5 x 45 cm.
Lettre signée
HEMINGWAY ErnestLettre signée « Ernest », adressée à son ami Bill Davis. 5 septembre 1960 ; 6 pages in-4°. En-tête gravé : « Finca Vigia, San Francisco de Paula, Cuba ». Superbe et longue lettre à son ami qu’il avait surnommé « Negro ». Le corps de la lettre est de la main de Valerie Danby-Smith, une journaliste qu’Hemingway avait connue à Pamplona quand il avait des difficultés avec sa vue. Il est question d’un article sur la tauromachie écrit en trois parties pour le magazine Life. Le manuscrit sera finalement édité à titre posthume dans ce qui sera considéré comme son dernier roman, The dangerous Summer [L’Été dangereux].« Thank you very much for doing such a wonderful job with the two Krauts. Annamarie’s letter finally came through and you were right that she does not know when she is well off. I cannot give her exact publication dates nor give her some clarity as to her working program for the next few years having just this morning...gone over 92,000 words on something that I hoped would not exceed 18,000 when I started with it. Still at least 15 days of steady work to go. I had to postpone the Paris Book from this fall. But you have to do one damned thing at a time... It was impossible for me to contract with Rowhowlt to write the book since over 60,000 words of it was written before he made the offer. It would be nice to have that money tax free... if Rowhowlt published it before Scribners did I could lose the American copyright... I would prefer not to have him advance me any money on anything where there are possible angles... For years I have never taken advances ever from people that I trusted. Then I took this advance from Life & it has been nothing but a headache... I could have stopped the work at a certain date... rewrite on the Paris book, had it in shape for Scribners & then returned to the bullfight thing & finished it off. But my head was forced by having to produce that cash to pay out Rice’s mistake... I hate to ask you to do anything else... [but] can you get me an account of the Cuenca fight. All I remember is the terrible state of the piso and how dangerous it was and that Pepe Casares would not deal with his bulls and that Chicuelo II & Antonio could, due to greater experience... preoccupation with the dangerous ring drives the rest of it out of my head. I also need accounts in the local papers of the fights in Muncia... I might be wrong in remembering whether Antonio did the truco of kneeling in front of the bull & throwing away the munleta & the sword in the first or the second fight... do you remember too what was done exactly about the picadorsat Cuenca, Villara... & Ronda? Juanito Quintana has looked up several of the fights... Have handled the picador business OK so far & have only one more fight to write, the Ronda one. It is a hell of a difficult book to write, Negro, because of the because of the way it ended & the moral angle & what transcends it is the only frame it goes on... I still have to keep on writing... Val has caught 2 good white marlin & is handling rod very well. Sorry this letter is all business & begging ... »Hemingway a finalement soumis un manuscrit de 75 000 mots au magazine, duquel un extrait de 30 000 mots a été édité en trois parties, la première partie a été éditée le même jour où cette lettre a été écrite. The Dangerous Summer sera publié après sa mort par Charles Scribner’s Sons en 1985.
Dessin en sanguine signé
DERAIN AndréNu de dos.Sanguine, signée en bas à gauche.64 x 49 cm.Provenance : Drouot, 17 mars 2002.
Lettre autographe signée
BLANCHE ÉmileExtraordinaire lettre autographe signée. Passy, 24 septembre 1862 ; 2 pages 1/2. « Je vous remercie de la lettre affectueuse que vous avez bien voulu mécrire [ ]. Je mempresse de vous adresser toutes les pièces dont je vous ai parlé qui peuvent vous intéresser, et je nai pas besoin de vous dire que japprouve davance tel usage quil vous plaira den faire. »À la suite de cette lettre, le remarquable passage sur Gérard de Nerval « Gérard de Nerval est entré pour lavant-dernière fois dans la maison de Passy le 8 8 bre 1853. Il en est sorti le 27 mai 1854 pour voyager en Allemagne. Il a été ramené à la Maison de santé le 8 août 1854. Il en est sorti définitivement le 18 8 bre 1854.Il est mort le 26 janvier 1855. »Le 27 janvier 1855, le docteur Blanche écrivait : « Se croyant la même énergie dimagination et la même aptitude au travail, Gérard de Nerval comptait pouvoir vivre, comme autrefois, du produit de ses uvres ; il travailla plus que jamais, mais il fut déçu dans ses espérances. Sa nature indépendante et sa fierté de caractère sopposaient à ce quil voulût rien recevoir, même des amitiés les plus éprouvées ; sa raison sest égarée, et cest bien certainement dans un accès de folie quil a mis fin à ses jours. »
Danseuse debout. Sanguine sur papier.
DERAIN AndréDanseuse debout.Sanguine sur papier.Signée en bas à droite.61 x 46 cm.Sanguine on paper.Signed lower right.Provenance: collection privée.(Anciennes étiquettes de provenance et d’exposition au dos)
lettre autographe signée
HEMINGWAY ErnestLettre autographe signée « papa » adressée à Roberto Herrera Sotolongo (secrétaire et photographe d’Hemingway à Cuba). Madrid, hotel Florida, 22 juillet 1953 ; 1 page avec un ligne et signature au dos -in-4°. petit trou sur le haut d’une lettre “f”. Enveloppe jointe. « Thank you very much for fowarding the mail and for taking up the things of the “Pilar”with captain Rakow at the Embassy. When we are back in Paris the first week in august will send z check to cover any expenses you have lead at the Fuica. Glad to hear everything is well at the Fuica and hope everything goes well with you and your family. Please give them my best and best to Feo. Please tell Juanito Dunabeitia I will see his mother and give her the fountain pen which I carried away by mistake at the Floridita. It is Juanito’s pen. Give my best to all the boys there. I just missed seeing Pedrico in Pamplona. He was on an excursion from Cuba that was passing through. But I saw Paco Echauri and Saralequi at the bull fights also Aymar and Pepe Harios. Aymar Aguolin sent you his best. Pamplona was wonderful. We have had a very interesting trip but Madrid is quite hot now. »
Photographie dédicacée
ABD EL-KADERPhotographie dédicacée. 90 X 55 mm dans un feuillet cartonné de 240 x 189 mm.Rare portrait photographique ancien le représentant, tirage sépia monté sur carton avec dédicace autographe signée. Texte en arabe avec traduction en français par l’interprète de l’émir, N. Siouffi.« Les hommes sont la famille de Dieu, celui que Dieu aime le plus c’est celui qui leur est le plus utile. Au milieu de Rabbi-Esvel 1282. l’Emir Abd-el-Kader ».Très rare.
5 lettres autographes signées
DUCOS DU HAURON LouisLettre autographe signée, adressée à « A. Lumière & ses fils ». Alger, 19 juin 1896 ; 4 pages in-4°. Très importante lettre sur la photographie en couleurs, adressée aux frères Lumières. Louis Ducos du Hauron était parti à Alger de 1884 à 1896. Cette lettre est écrite juste avant son retour à Paris.« Mon frère vient d’achever un long ouvrage intitulé La Triplice Photographique des Couleurs et l’Imprimerie, système de Photochromographie, Louis Ducos du Hauron, Nouvelles descriptions théoriques et pratiques mises en rapport avec les progrès généraux de la photographie, de l’optique, des tirages photomécaniques et des arts auxiliaires. Cet ouvrage rend compte de tous les travaux que j’ai consacrés, depuis une trentaine d’années, aux moyens de réaliser cette triplice sous ses différentes formes, et il divulgue d’importantes nouveautés tenues secrètes jusqu’à ce jour. Nous venons de traiter avec la librairie Gauthier-Villars pour l’impression de ce livre qui doit paraître prochainement. Il arrive bien à son heure. Ce qui est certain, c’est qu’en ce moment l’excessive vulgarisation de la photographie noire, devenue le passe-temps de presque tout le monde, prédispose nombre de photographes, amateurs ou professionnels, à vouloir réaliser, fallut-il un travail plus attentif ou plus compliqué, ce prestigieux idéal qu’on appelle la couleur. Vous-mêmes, Messieurs, avez compris toute la puissance de cette aspiration et vous l’avez secondée. Vous l’avez secondée, non seulement par la création des plaques spéciales qui conviennent pour la mise en œuvre de la chromophotographie interférentielle de M. Lippmann, mais encore et à une date plus récente par l’inauguration d’un très beau procédé de tirages par voie de réversibilité d’empreintes, lequel rentre dans la Triplice photographique des couleurs. À notre tour, dans le livre en question, tout en y mentionnant avec soin ce procédé, nous avons fait, mon frère et moi, un exposé complet de tous les autres modes de tirages, qui, en l’état actuel de la science et de l’industrie, s’attachent à la reconstitution de nos trois couleurs. […] Il est hors de doute que cette publication venant s’ajouter soit aux projections polychromes, soit aux impressions pigmentaires effectuées un peu partout, en Europe et en Amérique, d’après le même principe de division et de synthèse des couleurs, va précipiter le mouvement. Dans ces circonstances, je vous prie, Messieurs, de prêter toute votre attention à ce que je vais vous dire : Qu’ils le veuillent ou non, tous ceux qui, sous une forme quelconque, tirages photomécaniques et accélérés ou tirages d’amateur et à petite vitesse, vont vouloir faire de la polychromie photographique en trois couleurs, seront forcément conduits à préférer aux incommodes et encombrantes triples chambres noires proposées soit par moi-même jusqu’à ces derniers temps, soit par différents constructeurs, le dispositif que j’ai imaginé et breveté sous le nom de Polyfolium Chromodialytique : c’est un mince cahier constitué par une alternance d’écrans colorés pelliculaires et de pellicules sensibles s’impressionnant les unes à travers les autres, le tout contenu dans le châssis négatif d’une chambre noire quelconque. Le livre que nous allons faire paraître contient la minutieuse description de ce dispositif. Je viens de l’expérimenter à fond : il fonctionne dans la perfection, il me procure le trio irréprochable des trois phototypes, créés, l’un par la lumière bleu-violette, le second par la lumière verte, le troisième par la rouge-orangée. Pour ces expériences j’ai dû, faute de trouver dans le commerce les trois pellicules toutes préparées, m’accommoder de pellicules Planchon mises en vente par votre maison ; j’ai dépouillé du gélatino-bromure d’argent deux de ces pellicules et j’y ai substitué les préparations transparentes voulues, la troisième, celle du rouge-orangé, étant laissée telle quelle. Une pression très modérée du livret dans le châssis a assuré la grande finesse des trois images. […] Je viens maintenant vous proposer de vous charger de la fabrication industrielle de ce polyfolium. […] Autre chose non moins importante que j’ai à vous soumettre : dans ma lointaine, trop lointaine résidence, j’ai appris les considérables succès de votre cinématographe ; je sais qu’il fait courir tout Paris ; mais j’ai appris également […] que M. Francis Jenkins aurait imaginé un appareil baptisé par lui du nom de phantoscope qui constituerait un progrès. […] Il y a un grand nombre d’années, j’imaginai non seulement le principe, mais tous les détails de cet art merveilleux qui, théoriquement présenté plus tard par M. Maret en France et exécuté en Amérique par Edison sous une forme défectueuse, a été repris par vous dans de meilleures conditions ; je pris soin de garantir en ma faveur, par les moyens légaux, tous mes droits d’antériorité, de propriété sur cette invention. Les circonstances ne me permirent pas la mise à exécution du système. Il entre absolument dans les projets de mon frère de publier une brochure spéciale rétablissant, tout au moins dans un intérêt honorifique, mes droits d’inventeur : les mémoires ou je consignai mes descriptions d’autrefois vous fourniraient au besoin des armes à l’encontre des prétendus perfectionnements de M. Francis Jenkins dont je décrivis nettement le système procurant à la fois la continuité du mouvement et la non intermittence de l’éclairage. […] Je suis prêt, Messieurs, avant de m’adresser à tout autre[…] à vous faire bénéficier de ma science spéciale et des documents dont je dispose. Voyez, Messieurs, dans quelles conditions vous pourriez m’encourager à vous faire ouvertement mes communications ».On joint : DUCOS DU HAURON Alcide [Langon, 1830 - Savigny-sur-Orge, 1909], avocat à Alger et frère de Louis. Ensemble de 3 lettres autographes signées, adressées à Auguste Lumière. 1896-1912.— Sans date, « Mardi » ; 1 page 1/2 in-12, à l’encre rouge. « C’est avec une bien grande joie que nous voyons arriver le moment, où, enfin nous allons avoir le bonheur de faire votre connaissance. C’est par un simple mot, comme vous le feriez avec des parents, que nous vous prions de nous annoncer votre arrivée en nous disant simplement le jour où vous viendrez déjeuner ou dîner avec nous. Notre installation est simple mais n’en est pas moins confortable, et certainement ce serait de très bon coeur que nous vous verrions accepter une hospitalité entière. Nous avons une bonne chambre à offrir […] vous serez absolument chez vous, à 15 minutes du centre de Paris. »—1896 : Lettre dans laquelle Ducos du Hauron présente son travail et son ouvrage le «Triplice photographique des couleurs et de l’imprimerie » : « J’ai appris les considérables succès de votre Cinématographe […] Monsieur François Jenkins aurait imaginé un appareil baptisé par lui du nom de Phantascope […] Je vais vous faire une révélation que vous ne dédaignerez certainement pas. Il y a un grand nombre d’années j’imaginai non seulement le principe, mais tous les détails de cet art merveilleux. […] Je vous prie soin de garantir en ma faveur, par les moyens légaux, tous mes droits d’antériorité, de propriété de cette invention ».— 11 juillet 1900 ; 4 pages in-12. Importante lettre scientifique. Il remercie L. Lumière pour son envoi de pellicules rigides. « Nos plaques colorées nous ont donné un mal de chien. Un jour les choses se passaient à la perfection, le lendemain, rien ne pouvait réussir. L’insuccès venait toujours de questions de détails, tout à fait en dehors du principe parfait en lui-même. Bref ! aujourd’hui tout va pour le mieux et à l’aide de nos Mélano A avec lesquels on obtient en une seule pose de 8 à 10 secondes et avec un seul objectif, les trois négatifs de n’importe quel sujet, il est aisé d’obtenir de très beaux résultats en couleur. Les amateurs photographes semblent s’intéresser de plus en plus à la photographie des couleurs, et certainement si nous ne réussissons pas, faute de capitaux, d’autres pourront en prenant nos affaires toutes créées, réussir pleinement. Ces derniers modèles d’appareils se vendent bien et l’amateur est heureux de réussir à coup sûr. La préfecture de police pour son service ant[h]ropométrique, vient d’adopter définitivement après essais couronnés de succès, ce nouvel appareil, qui sert non seulement à prendre les trois négatifs qu’on peut utiliser pour n’importe quel mode de tirage, mais aussi à la vision synthétique. Notre modeste exposition a semblé intéresser vivement les membres du jury. Qu’adviendra-t-il de tout ça ? Je l’ignore. Ce qu’il y a de très sûr c’est que de tous les coins de l’horizon, nous recevons des demandes de renseignements, des commandes, auxquelles nous ne pouvons pas donner satisfaction, car notre installation, aussi simple que notre personnel, ne nous permet pas une production très régulière ».On joint : une lettre autographe signée « Al. Ducos du Hauron ». 3 avril 1912 ; 2 pages in-12 sur papier de deuil. « Comment vous exprimer les sentiments que j’éprouve, et mon entourage avec moi, en apprenant l’acte si généreux que m’annonce votre lettre reçue ce matin. […] Nous sommes une fois de plus touchés. Dans les heures si cruelles que nous traversons, quelle détente, quel repos d’esprit vous venez de nous procurer »On joint une lettre très intéressante du docteur Léon Duchesne, à Louis Lumière, concernant la microphotographie (1892).
RELIURE AUX ARMES.
BONAPARTE Joseph, prince, comte de Survilliers« Lettera pastorale » de Bernardo Della Torre. Napoli, nella stamperia Simoniana [probablement 1807] ; in-4°, 14 pages -2 blanches. Basane fauve marbré, dos lisse orné d’une frise de rubans et de fleurs dorée, large encadrement doré sur les plats avec aigle impérial doré au centre frangé de rinceaux végétaux, coupes guillochées (reliure de l’époque). Le vicaire général de Naples compose là un panégyrique de Napoléon et de son frère Joseph (roi de Naples depuis le 30 mars 1806), à l’occasion de la paix qui suivit la victoire de Friedland (14 juin 1807). Exemplaire de dédicace offert par l’auteur à Joseph Bonaparte (fer armorié inconnu à Olivier), estampille couronnée à l’encre rouge « R.B » avec, en dessous, une estampille à l’encre bleue : « duplicado ». Splendide reliure italienne aux armes de Joseph Bonaparte, roi de Naples.
RECUEIL DE POÈMES, DE PENSÉES et dessins
LIVRE DORLivre dor pour le fils de Georges Ricou, Tony Ricou. Superbe album amicorum richement illustré à pleine page de dessins et de pensées autographes signées. De 1913 à 1938 ; 28,5 x 22 cm. Tony Ricou alias Richard Tavernier [1912-1944] fut un résistant français et un dirigeant de combat Zone Nord. Avant-guerre, il est adjoint au chef de cabinet de Camille Chautemps. En juin 1940, affecté au 2e bureau de la Place de Paris, arrêté le 5 février 1942, il est emprisonné à Fresnes au Cherche-Midi puis déporté à la prison de Sarrebruck il est condamné à mort et guillotiné à la prison de Cologne. Le livre dor a été commencé en 1913, par son père Georges, homme politique de gauche, il avait alors 1 an, les derniers écrits sont de 1933. De très nombreux artistes ont laissé une trace de leurs passages dans la vie de cet homme courageux qui a exposé et perdu sa vie au service de la France. Un petit poème de Jean Richepin 1919 Poème de Louis Marsolleau. Une chanson de lécrivain Maurice Maeterlinck. Poème autographe signé dAndré de Lamandé 1920. « Le vieux Mal est toujours tout près dêtre vainqueur,Et le bien ne prévaut quen sy rompant le coeur! » de Fernand Gregh poète et critique littéraire Un petit air composé par Claude Terrasse qui a écrit la musique de la pièce Ubu Roi dAlfred Jarry 1913. Petit poème dAlbert du Bois, homme de lettre de langue française et diplomate belge militant wallon 1919. Une page musicale autographe signée par Manuel de Falla, 1913. Un dessin de Charles Granval acteur 1919 Page de texte du dramaturge français Henri Bernstein.« Ou donc est-il ce temps charmantoù le mot marrivait si vite!Le mot venait dabord, et la pensée ensuite...Jétait un poète vraiment! » de Tristan Bernard. Superbe dessin de Don 1920 Superbe dessin de E. Clair-Guyot 1926. Poème autographe signé de Paul Bourget. Superbe dessin à la gouache de Joseph Hémard. Poème dHenry Marx écrivain français, auteur de romans, de poèmes, de pièces de théâtre et dessais. Petit écrit dHenri Bataille dramaturge et poète français . Petit écrit de Jean Sarment acteur et écrivain français. Très beau poème de Paul Fort, poète et dramaturge français « La Ronde autour du MondeSi toutes les filles du monde voulaient sdonner la main, tout autour de la mer elles pourraient faire une rondeSi tous les gars du monde voulaient bien être marins, ils f raient avec leurs barques un joli pont sur londeAlors on pourrait faire une ronde autour du monde, si tous les gens du monde voulaient sdonner la main». Très beau dessin colorié de Charles Bétout, costumier pour le théâtre et le music hall 1921. Un dessin au crayon de couleur de Jean Gabriel Domergue. Très beau portrait signé par Henri Rudaux artiste peintre. Page de musique autographe signée de Manuel de Falla, 1928. Une page musicale autographe signée dAlfred Bachelet, compositeur et chef dorchestre français 1928 . Une portée musicale autographe signée Georges Hüe compositeur de musique français (prix de Rome en 1879) Une page musicale autographe signée de Max dOllone chef dorchestre, compositeur et musicographe français 1930.- Et bien dautres encore... Un magnifique livre dor.
Manuscrit autographe.
SALMON YvonneManuscrit autographe de premier jet intiulé « Les Humbles » ; 29 pages in-4°. Manuscrit poignant consacré aux combattants de la France Libre, “les humbles” célèbre ces volontaires anonymes - ouvriers, marins, étudiants, pères et fils - qui quittèrent tout pour rejoindre le Général de Gaulle et poursuivre la lutte. Dans un style ardent et profondémet humain, Yvonne Salmon exalte la fièrté de leur courage intact, cette foi indomptable qui mena à la victoire et fit renaître une France libre. Les Humbles dans la France libre ? et le Général de Gaulle ? « « Ce que nous sommes? Rien n'est plus simple que de répondre à cette question ... Nous sommes des Français, de toute origine, de toute condition, de toute opinion, qui avons décidé de nous unir dans la lutte pour notre pays ! » Charles de Gaulle, 15 novembre1941. Des Français, de toute origine, de toute condition, telle fut la caractéristique essentielle de la France Libre, puis de la France Combattante. L'histoire des grands a été dite leurs noms étaient connus ou le sont devenus, mais quelle est belle l’histoire de la foule, des humbles, qui se sont unis aux grands dans la lutte pour notre pays, qui ne demandaient que des cadres dignes de les guider, et qui ont tout de suite reconnu le clair métal de la voix qui mettait l'ennemi au défi. Lorsqu'en ces jours de victoire, le hasard d'une course dans le métro à Paris, vous fait rencontrer l'un d’entre eux, lorsqu'au cours d’une conversation, on évoque une histoire, tous, les uns après les autres, se dressent en légion. Voilà Georges le Breton, qui raconte son aventure retour d'une permission passée chez un brave mineur Gallois, qui lui aussi est Gaulliste et a mis sa maison à la disposition des Français libres pour que les soldats puissent avoir une famille adoptive, on se serre, la femme lave, raccommode les habits du jeune Français, les enfants lui apprennent un peu l'anglais et le promènent ; ainsi d'humbles britanniques ouvrent leurs portes à d'humbles Français, isolés loin de leur famille. En traversant Londres, pour rejoindre son corps à Camberley, Georges a bien gros cœur, il a quitté ses nouveaux amis, et il pense avec une plus grande émotion encore à ses parents : « Comment les a-t-il quittés ? L'Armistice est annoncé, Georges rentre du travail, il vient d'avoir 18 ans et sa mère lui annonce l'affreuse nouvelle. « Vas voir ce que fait ton cousin, Pierre, il y a un général qui continue la guerre en Angleterre ! Sautant sur sa bicyclette, Georges monte chez sa tante. À la porte de la chaumière, il trouve son cousin, qui embrasse sa mère, son baluchon sous le bras. Il part donc ! Les deux cousins redescendent la colline, et voient la mère de Georges, un sac à la main sur le seuil de la porte Je savais bien qu'il partirait ! Tiens, voilà tes affaires, ne rentre pas, ton père pleure de ne pas pouvoir partir avec toi ! Au revoir! Et Georges ajoute : j'entendais mon père, grand mutilé de 1918, sangloter, ma mère m'a embrassé bien fort ; puis je suis parti en courant très vite sans me retourner parce qu'elle était là debout ses grands yeux noirs comme quand elle a de la peine ; si je m'étais retourné, je ne serais peut-être pas parti, et ils ne me l'auraient jamais pardonné. » Les 600 humble Français habitant les alentours de Londres, qui le 27 juillet réunis en Assemblée Générale, s'inscrivent pour aider la France comme ils disent : la femme de chambre qui régulièrement, tous les mois, enverra pendant quatre ans, un quart de ce qu'elle gagne ; le garçon coiffeur, qui fera de même ; celles qui auront toujours un coin pour loger un convalescent, tous ces humbles, ne penseront qu'à aider au maximum, celui qui leur aura permis de garder la tête haute devant l'allié britannique. Telle Française, demande à toutes ses amies jusqu'à les importuner, dit-elle elle-même un peu gênée, des morceaux d'étoffe pour faire des poupées, qu'elle vendra fort cher au profit des « volontaires » ; sa maison est un véritable atelier ; son mari typographe anglais est plus fanatique qu'elle quand il s'agit des combattants de la France Libre. Car la belle histoire des humbles et d'autant plus belle que c'est une histoire franco-britannique. Trois officiers qui vont s'engager à Carlton Gardens, voient avec un étonnement ému, le chauffeur du taxi, qui les conduit leur rendre le prix de la course et le pourboire, en disant avec un bon sourire « Pour la France ». Brigade internationale, plutôt même au service de la France, que cette tribu des humbles: 3000, sud-Américains des divers pays de l'Amérique Latine se sont mis en route en 1940 pour rejoindre les rangs de la France Libre dans le seul but de rendre au monde une France délivrée ; esprit qui s'est maintenu, puisque en 1943, un petit garçon Colombien visitant l'Exposition de la France Libre à Bogota, met une pièce d'argent dans le tronc, placé à la porte en murmurant : « une balle pour tirer un Boche ! ». Une fermière islandaise, recevant une Française avec grand honneur, a préparé une réception à la mode si hospitalière de son pays ; ne sachant comment remercier notre compatriote, donne à son hôtesse, son insigne à Croix de Lorraine, et émue la dame Islandaise, remercie en ces termes : « Ce sera un précieux souvenir, car chaque soir en priant pour la France, je pleure! » La masse britannique garde son affection au Général de Gaulle, cet ami des mauvais jours, parce qu'il a eu confiance en la Grande-Bretagne et symbolise le respect de la parole donnée, si chère au cœur des Anglais. Comme il vient de la France, dont on vante le climat, en 1941, lorsqu'on prédit un hiver sans charbon, les Ecossais, d'une humble rue d'Édimbourg, se cotisent pour lui envoyer une chaude et moelleuse robe de chambre : l'envoi est anonyme et pendant 18 mois, le Général de Gaulle ignore qui a eu cette délicate pensée ! Mais cette adhésion des peuples à la grande figure qui, par ses caractéristiques chevaleresques et morales, incarne la France à leurs yeux, est une autre histoire qui devra être dit un jour prochain. Il convient cependant de noter encore ici, l'impression de joie admirative que les ouvriers de l'usine anglaise qu'il visitait, ont ressenti le 21 octobre 1941 devant ce grand « manouvrier » des chars quand il s'est assis dans le bel engin sorti de leurs mains et l'a mis en marche dans la cour de l’usine ; pour eux, c'était un connaisseur de haute classe qui donnait toute sa valeur à leur œuvre. Ainsi cette amitié britannique accueillit les Français qui arrivèrent de partout, au prix de grosses difficultés en flot continu plus ou moins dense. C'étaient d'abord dans le chaos des premiers jours, au milieu, des soldats étrangers et des Britanniques, habitant la France, échappant à l'envahisseur après avoir fait des kilomètres dans des wagons, puis dans des camions, des soldats qui arrivaient à Saint-Jean-de-Luz où grâce à la complicité des Polonais, ils pouvaient se réfugier dans un coin du navire qui les emmènerait continuer la lutte contre l'Allemand. C'étaient ces jeunes garçons qui traversèrent la Manche pour rejoindre l'allié ; l'histoire de ceux-ci se résume dans celle d'un sous-lieutenant observateur du Groupe Lorraine. Colcanap faisait partie de 14 jeunes garçons, qui s’évadèrent ensemble, après avoir juré de rendre la liberté à la France; c'était un gamin vieux de 17 ans 1/2, quand il débarqua en Angleterre en 1940. Avant de lui permettre de faire son entraînement dans l'aviation, on l'obligea à passer son Baccalauréat au Lycée français. Dans la composition française d'un examen au Camp de Old Dean à Camberley où ils étaient à l'entraînement, Colcanap exprime le sentiment qui animait ces jeunes gens : « En m'analysant bien, maintenant je m'aperçois que, en m'embarquant, j'ai senti remuer en moi quelque chose qui a été comme une partie de moi-même, et cette secousse a réveillé toute les forces de mon orgueil et de mon énergie primitive. Oui, ma première réaction a été celle-ci : un Français ne peut pas laisser son Allié se battre seul, même si ce dernier est responsable de la guerre. Ça m'a été une consolation intérieure d'autant plus belle que, longtemps j'en ai ignoré la source et la raison véritable. Toujours est-il que j'ai eu une révélation soudaine du beau, du vrai, du juste. De là est jaillie, une lumière qui m'a toujours éclairé depuis 10 mois que je suis en Angleterre, et qui toujours ma empêché de dévier du droit chemin. Et je me suis embarqué tout tranquillement comme je suis né, comme j’ai vécu, et comme je mourrai, fort probablement. » Les annales du Ministère de l'air en date du 17 novembre 1944, nous apprennent en ces termes, comment Colcanap, dernier survivant de ce groupe de 14 jeunes braves, faisait son devoir tout tranquillement : « Est cité, à l'ordre de l'Armée aérienne, « les lieutenant Colcanap. Robert du Groupe Lorraine », « Observateur ardent et courageux à donner en exemple par son allant et sa conscience professionnelle. A rejoint les Forces Françaises du Général de Gaulle, à l'âge de 17 ans, s'évadant de France occupée; et s'est engagé dans une unité combattante dès qu'il eut atteint l'âge requis. A mérité l'estime et l'affection de ses chefs et de ses camarades, pour son ardeur juvénile et ses grandes qualités de cœur et de courage. Le 22 octobre 1943, au cours d'une mission particulière, particulièrement importante, son avion, étant touché par le « Flack » et lui-même étant blessé, à l'œil et à la jambe au moment de l'entrée en territoire ennemi, a néanmoins accompli entièrement sa mission. A trouvé la mort le 1 novembre 1943, au cours d'un vol d'entraînement, dans des circonstances montrant une fois deux plus le plus bel esprit de sacrifice ; son pilote essayant de poser son avion désemparé sur un terrain de football, accepta le risque de se poser dans un endroit moins propice pour éviter de heurter les joueurs aperçus au dernier moment sur le terrain choisi. » - Signé « de Rancourt » - Ainsi mourut-il, comme il s'était embarqué. . tout tranquillement. C'était le sergent Henri de Péronne, blessé pendant la bataille des Flandres, et tué par les premiers bombardements de Londres. Il s'était engagé, parce qu'il ne voulait pas se présenter à sa femme et à sa petite fille, avant d’avoir aidé à leur libération en même temps qu’à celle de la France. Ce furent les soldats de la légion étrangère, retour de Norvège, qui répondirent à l'appel pour le combat avec leur Colonel, Maingret- Vernerey (Magrin-Vernerey ?), leur capitaine Pierre O. Lapie et autres, puis chaque jour des groupes arrivèrent : équipage de sous-marins, de quelques unités de guerre, et des isolés militaires ou civils. Ceux de Londres, alertent les amis et connaissances de province ; le 29 juin, le Général de Gaulle rencontre les représentants de la Colonie Française. Ce jour-là se révèle le caractère particulier de la France libre, ce sera pour chacun une aventure librement consentie, le Général de Gaulle n'a pas énoncé de programme spectaculaire, il n'a fait aucune promesse, il parla de devoir et d'espérance.... tout simplement ! Les escaliers et les corridors de ses bureaux à St Stephen's House sont encombrés de matelots et de soldats, des familles entières arrivent du Pas de Calais, du Nord et de Bretagne ; on ne s'y reconnaît guère, ce sont des Duval quelque chose ou des quelques choses Duval, familles de pêcheurs venues avec leurs bateaux de pêche pour aider le Général de Gaulle et l'Angleterre; puis les hommes de l'Ile de Sein qui feront la poste avec la France pendant ces dures années, malgré les dangers, que ce travail comportait. Encore cet ouvrier de l'Arsenal de Brest, qui en rentrant de son travail trouve sa femme devant une valise fermée ; la bonne Bretonne dit à son mari : « le Vieux va signer l'armistice, un général continue à se battre en Angleterre, voilà ta valise, pars. » « Est-ce que je peux attendre le gars pour lui dire au revoir ? » « Oui », répond la femme. Le gars arrive et apprenant l'histoire il veut partir aussi. « Je l'avais bien pensé », dit la mère « il y a vos affaires à tous les deux là-dedans. » Père et fils s'engagèrent à Londres dans la marine ; au mois de mai 1941, le père naviguait seul, portant deux Croix de la Libération sur la poitrine, la sienne et celle de son gars, tué à côté de lui en mer. Au furet à mesure que les blessés de Dunkerque se rétablissaient et sortaient de l'hôpital, la question se posait pour chacun de savoir s'ils rentreraient en France, ou s’ils resteraient en Angleterre, pour y fortifier les rangs des « Volontaires », réunis autour du Général de Gaulle. Parmi eux, se trouvaient des réservistes, des ouvriers, restés insensibles à la cinquième colonne qui, au camp de rassemblement à Londres, menaçait ceux qui resteraient, de représailles sur les familles : vendeurs de journaux, petits hôteliers (sic), garagistes, électriciens, employés de commerce, maçons, mécaniciens, cuisiniers, ils s'étaient engagés dans les ForcesFrançaises Libres, pour y travailler, soit comme soldats, soit comme ouvriers spécialisés ; le mystère français s'est encore une fois vérifié, tout Français peut faire un travail qualifié, ceux-là n'étaient pas de tout jeunes exaltés, ils avaient vécu la dure bataille des Flandres en mai 1940, après le long et dur hiver de 1939 ; leurs pères avaient combattu pendant la dernière guerre. Ils avaient, tout simplement des enfants devant qui ils ne voulaient pas se présenter avant la victoire, puisqu'il leur était possible de continuer la lutte; à leur idée, le seul raisonnement valable pour un Français qui n'était pas prisonnier en France, c'était de vouloir être vainqueur, et ils résistaient au Consul Général qui les sollicitait de rentrer en France, retrouver leurs petites économies, leur petite maison, leur petit emploi! Sans ambition pour eux-mêmes, ils ne pouvaient cependant concevoir une France sans grandeur. Bientôt du reste, ils eurent la preuve que les Français en France, pensaient comme eux ; la métropole se remettait, graduellement du choc qui l'avait étourdie, et ceux qui arrivèrent en novembre a un prix de mille difficultés étaient la preuve vivante que Français Libres et Français enchaînés formaient un tout. Le 4 novembre, un groupe de 12 jeunes gens arriva à Londres, l'un deux était bien connu dans la capitale anglaise, car il avait été pendant plusieurs années attaché de Chancellerie à l'Ambassade. Mobilisé en 1940, il avait été fait prisonnier à Lamotte-Beuvron près d'Orléans, il s'évada et se mêlant à la foule il remonta vers Paris, couvert d'un sac, affublé d'une fausse barbe , marchant comme un vieillard; il passa un mois dans la capitale, la plupart du temps dans une cave traqué par les recherches des Allemands; il partit enfin, pour Nantes, mis quelques temps à trouver quelques jeunes gens voulant partir comme lui ; ils se trouvèrent enfin douze ; cherchèrent une barque qui leur coûta 60.000 francs ; versèrent une forte somme en y mettant toutes leurs économies, et promirent de verser dans une barque anglaise le reliquat ; ce qu’ils firent intégralement sur leur faible solde de simples soldats ! Mais partis de la côte bretonne aux environs de Douarnenez, nos jeunes navigateurs se trouvent pris dans une tempête, restent 12 jours en mer, manquant de vivres, et ne subsistant que par un rationnement sévère et une discipline strictement observée. Ils arrivent enfin, atteints de scorbut, mais veulent s'engager tout de suite en dépit de leurs souffrances. nos jeunes navigateurs se trouvent pris dans une tempête, restent 12 jours en mer, manquant de vivres, et ne subsistant que par un rationnement sévère et une discipline strictement observée. Ils arrivent enfin, atteints de scorbut, mais veulent s'engager tout de suite en dépit de leurs souffrances. Ce sont eux qui, les premiers donnent à Camberley des nouvelles de la France, montrent la communion qui existe entre ceux de là-bas et ceux d'Angleterre. Dans ce groupe se trouvent les deux fils d'un chirurgien de Rennes, le Dr Vourch. C'est ensuite le 1 novembre qui révèle au monde la révolte des étudiants de Paris et la brutalité de l'occupant allemand ; quelques semaines plus tard, une lettre de France arrive à Camberley. Elle est du Dr Vourch à son fils aîné, étudiant en médecine. La famille Vourch est une de ses familles françaises caractéristiques dans leur tranquille héroïsme. Elle se compose de quatre fils et de plusieurs filles. Les deux aînés sont donc arrivés en Angleterre. Le fils aîné, reçoit la lettre suivante de son père « l'Institution universitaire de France occupée à laquelle tu appartenais m'a adressé un questionnaire au quel je répondis par retour : - situation actuelle ? Je l'ignore, sans doute s'efforce-t-il d'atténuer le déshonneur français si bien soigné à Vichy. - Doit-il revenir ? Oui, après la Victoire. J'avais quelques appréhensions sur l'accueil qui serait fait à une telle déclaration de sentiments. Je suis tranquillisé par la lettre suivante reçue à l'instant: « Monsieur voulez-vous me permettre de vous dire à titre personnel, mes félicitations. Votre fils est de ceux à qui nous devons de garder espoir et confiance, de ceux à qui nous devrons de retrouver un jour notre fierté d'être Français. J'ai tout lieu de penser qu'il retrouvera là, où tous nous souhaiterions être quelques-uns de ses camarades d’ici. Croyez Monsieur, à toute ma sympathie. Et c'est signé du nom de la secrétaire de l'Institution en question. Suivent quatre phrases, chacune d'elle signée d'un nom de professeur ou d'étudiant : « en qualité de Française et de Bretagne, je m'associe aux sentiments exprimés par notre secrétaire sur la belle conduite de votre fils. « Bravo pour votre fils dont la place est viable. « J'associe pleinement mes félicitations à celles qui précèdent. « Je me joins à mes collègues et je suis pleinement heureux du geste heureux de votre fils. » En effet, (avec) les fils Vourch avaient retrouvé à Camberley un noyau de jeunes étudiants : futurs médecins, pharmaciens, candidats à Navale, à Polytechnique, à Saint-Cyr. Ils formèrent les embryons des écoles et pelotons d'officiers que d'admirables jeunes officiers, le lieutenant Molina, le Capitaine Emmanuel Dupont, tué le jour de l'entrée à Paris en 1944, le Pasteur Stael, l'Abbé Lepoutre et tant d'autres formèrent (les cadres) pour encadrer l’armée d'Afrique, qui se couvrit de gloire du Tchad à Paris. Les deux autres fils Vourch rejoignirent leurs frères, dès qu'ils atteignirent leurs 18 ans; puis le Père lui-même partit et laissa sa femme et ses filles qui continuèrent tranquillement à travailler dans les réseaux de la résistance. Le sergent Jean Vourch tomba aux portes de Paris le 29 août 1944 ! Après ces premières nouvelles de France, les Français libres eurent des contacts plus fréquents avec la métropole, et les arrivées se multiplièrent : par exemple, ces deux barques de pêcheurs, qui arrivèrent avec tout leurs équipages, vêtus de la toile rose des Douarnenais, elles avaient faussé la politesse aux patrouilles allemandes, et ayant entendu les Allemands qui occupaient leur région dirent qu'en Angleterre, on mourait de faim, ils apportaient caché sous les filets, du porc fumé, des mottes de beurre, pour faire plaisir à ceux qu'ils rejoignaient ! Des histoires aussi touchantes sont vraies, des territoires français du monde entier et des groupes de Français de l'étranger. Les marins de la marine marchande quittent leurs bateaux dans les ports étrangers pour rejoindre la France Libre; les prisonniers s'évadent d'Allemagne, par la Russie et en juillet 1941, il en arrive presque 200 avec le Capitaine Billotte ; ils ont souffert de terribles souffrances de jour et de nuit avant d'arriver à rejoindre Londres. Aux alentours de Penzance s'est constitué un vrai village de pêcheurs français avec leurs femmes et leurs enfants; tous attendant en travaillant, le moment de retrouver le pays libéré. Hervé Le Scour, chasseur, reçoit de sa mère d'admirables lettres qui traversent la France de mains en mains avant de parvenir à Londres, d'où elles repartent pour le cœur de l'Afrique Libre, où se trouve Hervé. - La mère à son fils, première lettre : « Et toi, mon chéri, comment vas-tu revenir ? Qu'importe, pour moi, tu seras toujours le fils auréolé de la gloire d'avoir fait son devoir, et qui n'a pas hésité dans son choix, malgré les risques que comportait ce choix. La voie que tu as prise est la bonne, mon Hervé, nous sommes fiers de toi ». Cette lettre en contenait une du père : « Ton père qui est fier de toi, vient encore une fois t'exprimer tous ses remerciements pour le dur mais noble sacrifice que tu as consenti pour le salut de la Patrie, c'est-à-dire notre libération à tous. Bon courage, mon cher enfant, et souviens-toi que la foi inébranlable que tu as mise dans le destin de la France, (ta conduite le prouve) est partagée par tous les bons Français ». - Deuxième lettre de la mère à son fils : « À ton retour, nous fêterons ensemble notre victoire, car ici personne ne doute de vous. D'ailleurs les faits sont là pour nous prouver de quoi vous êtes capables ; votre prodigieuse avance en Libye, où nous sommes fiers d'apprendre que des Forces Libres prennent part au combat, malgré les dangers qu'ils comportent. Hélas ! Qu'il n'y ait pas trop de victimes dans ces combats et que la victoire finale ne tarde pas trop. Nous vous attendons stoïquement et sommes prêts à vous aider le moment venu. Tous les jeunes gens qui sont revenus de là-haut, à peine venus le regrettent, et cherchent le moyen de s'en retourner ; quelques-uns réussissent, mais le plus simple eut été de faire comme toi, mon chéri. Je suis heureuse de penser que tu as vu où était ton devoir » Ce fut ce professeur de Quimper qui vint emmenant dans sa barque ses 19 élèves de première quelques jours après que son frère eut été fusillé par les Allemands ; ce qui fut cause que le deuxième de ses frères fut également victime de l’occupant. C'étaient des familles entières comme celle des deux frères Montjarret, de Plouha, Côtes du Nord, que la mère, entendant Pétain parler d'armistice le 18 juin 1940, envoya en Angleterre, où ils s'engagèrent à la France Libre le 1er juillet 1940. Joseph fut parachuté en France ; son jeune frère chasseur dans la division Leclerc en a fait toutes les campagnes ; Lorsque Madame Montjarret appris l'arrestation par la Gestapo à Lyon de son fils aîné, elle décida de servir à sa place dans la mesure de ses moyens. Elle commence par héberger deux jeunes gens réfractaires du travail en Allemagne et les cacha dans sa propriété. Elle est dénoncée à la police allemande et sa propriété est perquisitionnée, puis surveillée pendant plusieurs semaines ; son cousin et sa fille (arrêtés) sont arrêtés, longuement interrogés et finalement relâchés. La surveillance cesse enfin, et Madame Montjarret entre dans un réseau d'évasion, rattaché à l'Intelligence service. Sa propriété à 4 km de la plage ou atterrissent les bateaux qui viennent chaque mois chercher les pilotes abattus au-dessus de la France, devient le dernier relais avant le départ de nombreux Canadiens, Anglais et Américains qui y sont hébergés, cachés, nourris, cajolés. Le jour du départ annoncé par « un Message Personnel », Madame Montjarret ne pouvant pas en raison de son âge, accompagner ses hôtes à la côte, en charge sa fille aînée Françoise qui guide les groupes à travers les champs de mines. Et cette activité de la mère et des filles dure jusqu'en août 1944, date de la libération de la Bretagne tandis que Jojo est derrière les barbelés comme déporté politique et que son frère combat dans la division Leclerc. Il y a aussi des femmes qui quittèrent tout pour faire des liaisons comme Madeleine David, pseudo Christiane qui commença à militer dans un réseau clandestin en mars 1942 et effectua de nombreuses liaisons pour le délégué général du Général de Gaulle, et pour Joseph Monjarret (pseudo Hervé), chef de réseau d'atterrissages et parachutages. Arrêtée en octobre 1942 à la suite d'une dénonciation par un officier en retraite de Vichy qu'elle était allée contacter de la part de son chef, elle fut interrogée du matin au soir pendant 4 jours de suite et frappée. Non seulement elle refuse de donner des noms, mais encore nie l'activité qu'on lui reproche. Après cinq semaines de cellule elle est relâchée dans un état de santé très précaire par suite des mauvaises conditions d'alimentation et d'hygiène où elle a été tenue. Elle reprend son activité sous un autre nom ; participe à plusieurs opérations d'atterrissage et de parachutage, en particulier, au départ de Monsieur Frenaye. Participe en juin et juillet 1942 à la tentative d'évasion de Jean Moulins (Pseudo Rex). Elle doit faire le guet sur le passage des voitures de la Gestapo, cette garde dure 5 jours. Echappe à une arrestation de la Gestapo grâce à son extraordinaire sang-froid. Ensuite elle sert d'agent de liaison entre le réseau et des amis internés à Lyon et à Paris. Elle réussit à leur faire passer lettres et colis, malgré les difficultés de ce travail qui dure jusqu'en octobre 1943, date de sa deuxième arrestation par la Gestapo. Interrogée pendant près d'une semaine, elle établit si bien son système de défense qu'elle est libérée après 25 jours, les Allemands croyant s'être trompés de personne. Elle reprend son activité jusqu’au jour de la libération ....Puis il y a encore le merveilleux esprit des camps ou les soldats du Général de Gaulle faits prisonniers ont trouvé des camarades avec qui ils ont saboté ! Ainsi donc, petit à petit la liaison s’est faite, d’humbles héros travaillaient en France, les uns en réseau, les autres isolément. À Royat, un facteur, sans que nul le sache, a soustrait plus de 500 lettres de dénonciations adressées à la Gestapo et trouvait de braves gens chez qui les cacher; au même endroit, les cheminots qui ont fait dérailler les trains allemands, le commis de gare, qui faisait des parachutages la nuit et le jour distribuait sous le manteau, la presse clandestine; cet étudiant de Paris, qui subtilisait à la Bibliothèque Nationale les livres du Général de Gaulle, les copiait à la machine à écrire, et tenait à les remettre en place ! Aujourd'hui, tous ces héros, sans le savoir, considèrent simplement qu'ils ont fait leurs devoirs, ils ont aucune revendication. Ils sont légions en France, conscients seulement d'avoir fait leur devoir de Français, fiers seulement d'avoir eu le privilège de comprendre tout de suite, celui qui les a guidés dans la libération de« Notre-Dame, la France .» Manuscrit autographe de premier jet intiulé « Les Humbles » ; 29 pages in-4°. Manuscrit poignant consacré aux combattants de la France Libre, “les humbles” célèbre ces volontaires anonymes - ouvriers, marins, étudiants, pères et fils - qui quittèrent tout pour rejoindre le Général de Gaulle et poursuivre la lutte. Dans un style ardent et profondémet humain, Yvonne Salmon exalte la fièrté de leur courage intact, cette foi indomptable qui mena à la victoire et fit renaître une France libre. Les Humbles dans la France libre ? et le Général de Gaulle ? « « Ce que nous sommes? Rien n'est plus simple que de répondre à cette question ... Nous sommes des Français, de toute origine, de toute condition, de toute opinion, qui avons décidé de nous unir dans la lutte pour notre pays ! » Charles de Gaulle, 15 novembre1941. Des Français, de toute origine, de toute condition, telle fut la caractéristique essentielle de la France Libre, puis de la France Combattante. L'histoire des grands a été dite leurs noms étaient connus ou le sont devenus, mais quelle est belle l’histoire de la foule, des humbles, qui se sont unis aux grands dans la lutte pour notre pays, qui ne demandaient que des cadres dignes de les guider, et qui ont tout de suite reconnu le clair métal de la voix qui mettait l'ennemi au défi. Lorsqu'en ces jours de victoire, le hasard d'une course dans le métro à Paris, vous fait rencontrer l'un d’entre eux, lorsqu'au cours d’une conversation, on évoque une histoire, tous, les uns après les autres, se dressent en légion. Voilà Georges le Breton, qui raconte son aventure retour d'une permission passée chez un brave mineur Gallois, qui lui aussi est Gaulliste et a mis sa maison à la disposition des Français libres pour que les soldats puissent avoir une famille adoptive, on se serre, la femme lave, raccommode les habits du jeune Français, les enfants lui apprennent un peu l'anglais et le promènent ; ainsi d'humbles britanniques ouvrent leurs portes à d'humbles Français, isolés loin de leur famille. En traversant Londres, pour rejoindre son corps à Camberley, Georges a bien gros cœur, il a quitté ses nouveaux amis, et il pense avec une plus grande émotion encore à ses parents : « Comment les a-t-il quittés ? L'Armistice est annoncé, Georges rentre du travail, il vient d'avoir 18 ans et sa mère lui annonce l'affreuse nouvelle. « Vas voir ce que fait ton cousin, Pierre, il y a un général qui continue la guerre en Angleterre ! Sautant sur sa bicyclette, Georges monte chez sa tante. À la porte de la chaumière, il trouve son cousin, qui embrasse sa mère, son baluchon sous le bras. Il part donc ! Les deux cousins redescendent la colline, et voient la mère de Georges, un sac à la main sur le seuil de la porte Je savais bien qu'il partirait ! Tiens, voilà tes affaires, ne rentre pas, ton père pleure de ne pas pouvoir partir avec toi ! Au revoir! Et Georges ajoute : j'entendais mon père, grand mutilé de 1918, sangloter, ma mère m'a embrassé bien fort ; puis je suis parti en courant très vite sans me retourner parce qu'elle était là debout ses grands yeux noirs comme quand elle a de la peine ; si je m'étais retourné, je ne serais peut-être pas parti, et ils ne me l'auraient jamais pardonné. » Les 600 humble Français habitant les alentours de Londres, qui le 27 juillet réunis en Assemblée Générale, s'inscrivent pour aider la France comme ils disent : la femme de chambre qui régulièrement, tous les mois, enverra pendant quatre ans, un quart de ce qu'elle gagne ; le garçon coiffeur, qui fera de même ; celles qui auront toujours un coin pour loger un convalescent, tous ces humbles, ne penseront qu'à aider au maximum, celui qui leur aura permis de garder la tête haute devant l'allié britannique. Telle Française, demande à toutes ses amies jusqu'à les importuner, dit-elle elle-même un peu gênée, des morceaux d'étoffe pour faire des poupées, qu'elle vendra fort cher au profit des « volontaires » ; sa maison est un véritable atelier ; son mari typographe anglais est plus fanatique qu'elle quand il s'agit des combattants de la France Libre. Car la belle histoire des humbles et d'autant plus belle que c'est une histoire franco-britannique. Trois officiers qui vont s'engager à Carlton Gardens, voient avec un étonnement ému, le chauffeur du taxi, qui les conduit leur rendre le prix de la course et le pourboire, en disant avec un bon sourire « Pour la France ». Brigade internationale, plutôt même au service de la France, que cette tribu des humbles: 3000, sud-Américains des divers pays de l'Amérique Latine se sont mis en route en 1940 pour rejoindre les rangs de la France Libre dans le seul but de rendre au monde une France délivrée ; esprit qui s'est maintenu, puisque en 1943, un petit garçon Colombien visitant l'Exposition de la France Libre à Bogota, met une pièce d'argent dans le tronc, placé à la porte en murmurant : « une balle pour tirer un Boche ! ». Une fermière islandaise, recevant une Française avec grand honneur, a préparé une réception à la mode si hospitalière de son pays ; ne sachant comment remercier notre compatriote, donne à son hôtesse, son insigne à Croix de Lorraine, et émue la dame Islandaise, remercie en ces termes : « Ce sera un précieux souvenir, car chaque soir en priant pour la France, je pleure! » La masse britannique garde son affection au Général de Gaulle, cet ami des mauvais jours, parce qu'il a eu confiance en la Grande-Bretagne et symbolise le respect de la parole donnée, si chère au cœur des Anglais. Comme il vient de la France, dont on vante le climat, en 1941, lorsqu'on prédit un hiver sans charbon, les Ecossais, d'une humble rue d'Édimbourg, se cotisent pour lui envoyer une chaude et moelleuse robe de chambre : l'envoi est anonyme et pendant 18 mois, le Général de Gaulle ignore qui a eu cette délicate pensée ! Mais cette adhésion des peuples à la grande figure qui, par ses caractéristiques chevaleresques et morales, incarne la France à leurs yeux, est une autre histoire qui devra être dit un jour prochain. Il convient cependant de noter encore ici, l'impression de joie admirative que les ouvriers de l'usine anglaise qu'il visitait, ont ressenti le 21 octobre 1941 devant ce grand « manouvrier » des chars quand il s'est assis dans le bel engin sorti de leurs mains et l'a mis en marche dans la cour de l’usine ; pour eux, c'était un connaisseur de haute classe qui donnait toute sa valeur à leur œuvre. Ainsi cette amitié britannique accueillit les Français qui arrivèrent de partout, au prix de grosses difficultés en flot continu plus ou moins dense. C'étaient d'abord dans le chaos des premiers jours, au milieu, des soldats étrangers et des Britanniques, habitant la France, échappant à l'envahisseur après avoir fait des kilomètres dans des wagons, puis dans des camions, des soldats qui arrivaient à Saint-Jean-de-Luz où grâce à la complicité des Polonais, ils pouvaient se réfugier dans un coin du navire qui les emmènerait continuer la lutte contre l'Allemand. C'étaient ces jeunes garçons qui traversèrent la Manche pour rejoindre l'allié ; l'histoire de ceux-ci se résume dans celle d'un sous-lieutenant observateur du Groupe Lorraine. Colcanap faisait partie de 14 jeunes garçons, qui s’évadèrent ensemble, après avoir juré de rendre la liberté à la France; c'était un gamin vieux de 17 ans 1/2, quand il débarqua en Angleterre en 1940. Avant de lui permettre de faire son entraînement dans l'aviation, on l'obligea à passer son Baccalauréat au Lycée français. Dans la composition française d'un examen au Camp de Old Dean à Camberley où ils étaient à l'entraînement, Colcanap exprime le sentiment qui animait ces jeunes gens : « En m'analysant bien, maintenant je m'aperçois que, en m'embarquant, j'ai senti remuer en moi quelque chose qui a été comme une partie de moi-même, et cette secousse a réveillé toute les forces de mon orgueil et de mon énergie primitive. Oui, ma première réaction a été celle-ci : un Français ne peut pas laisser son Allié se battre seul, même si ce dernier est responsable de la guerre. Ça m'a été une consolation intérieure d'autant plus belle que, longtemps j'en ai ignoré la source et la raison véritable. Toujours est-il que j'ai eu une révélation soudaine du beau, du vrai, du juste. De là est jaillie, une lumière qui m'a toujours éclairé depuis 10 mois que je suis en Angleterre, et qui toujours ma empêché de dévier du droit chemin. Et je me suis embarqué tout tranquillement comme je suis né, comme j’ai vécu, et comme je mourrai, fort probablement. » Les annales du Ministère de l'air en date du 17 novembre 1944, nous apprennent en ces termes, comment Colcanap, dernier survivant de ce groupe de 14 jeunes braves, faisait son devoir tout tranquillement : « Est cité, à l'ordre de l'Armée aérienne, « les lieutenant Colcanap. Robert du Groupe Lorraine », « Observateur ardent et courageux à donner en exemple par son allant et sa conscience professionnelle. A rejoint les Forces Françaises du Général de Gaulle, à l'âge de 17 ans, s'évadant de France occupée; et s'est engagé dans une unité combattante dès qu'il eut atteint l'âge requis. A mérité l'estime et l'affection de ses chefs et de ses camarades, pour son ardeur juvénile et ses grandes qualités de cœur et de courage. Le 22 octobre 1943, au cours d'une mission particulière, particulièrement importante, son avion, étant touché par le « Flack » et lui-même étant blessé, à l'œil et à la jambe au moment de l'entrée en territoire ennemi, a néanmoins accompli entièrement sa mission. A trouvé la mort le 1 novembre 1943, au cours d'un vol d'entraînement, dans des circonstances montrant une fois deux plus le plus bel esprit de sacrifice ; son pilote essayant de poser son avion désemparé sur un terrain de football, accepta le risque de se poser dans un endroit moins propice pour éviter de heurter les joueurs aperçus au dernier moment sur le terrain choisi. » - Signé « de Rancourt » - Ainsi mourut-il, comme il s'était embarqué. . tout tranquillement. C'était le sergent Henri de Péronne, blessé pendant la bataille des Flandres, et tué par les premiers bombardements de Londres. Il s'était engagé, parce qu'il ne voulait pas se présenter à sa femme et à sa petite fille, avant d’avoir aidé à leur libération en même temps qu’à celle de la France. Ce furent les soldats de la légion étrangère, retour de Norvège, qui répondirent à l'appel pour le combat avec leur Colonel, Maingret- Vernerey (Magrin-Vernerey ?), leur capitaine Pierre O. Lapie et autres, puis chaque jour des groupes arrivèrent : équipage de sous-marins, de quelques unités de guerre, et des isolés militaires ou civils. Ceux de Londres, alertent les amis et connaissances de province ; le 29 juin, le Général de Gaulle rencontre les représentants de la Colonie Française. Ce jour-là se révèle le caractère particulier de la France libre, ce sera pour chacun une aventure librement consentie, le Général de Gaulle n'a pas énoncé de programme spectaculaire, il n'a fait aucune promesse, il parla de devoir et d'espérance.... tout simplement ! Les escaliers et les corridors de ses bureaux à St Stephen's House sont encombrés de matelots et de soldats, des familles entières arrivent du Pas de Calais, du Nord et de Bretagne ; on ne s'y reconnaît guère, ce sont des Duval quelque chose ou des quelques choses Duval, familles de pêcheurs venues avec leurs bateaux de pêche pour aider le Général de Gaulle et l'Angleterre; puis les hommes de l'Ile de Sein qui feront la poste avec la France pendant ces dures années, malgré les dangers, que ce travail comportait. Encore cet ouvrier de l'Arsenal de Brest, qui en rentrant de son travail trouve sa femme devant une valise fermée ; la bonne Bretonne dit à son mari : « le Vieux va signer l'armistice, un général continue à se battre en Angleterre, voilà ta valise, pars. » « Est-ce que je peux attendre le gars pour lui dire au revoir ? » « Oui », répond la femme. Le gars arrive et apprenant l'histoire il veut partir aussi. « Je l'avais bien pensé », dit la mère « il y a vos affaires à tous les deux là-dedans. » Père et fils s'engagèrent à Londres dans la marine ; au mois de mai 1941, le père naviguait seul, portant deux Croix de la Libération sur la poitrine, la sienne et celle de son gars, tué à côté de lui en mer. Au furet à mesure que les blessés de Dunkerque se rétablissaient et sortaient de l'hôpital, la question se posait pour chacun de savoir s'ils rentreraient en France, ou s’ils resteraient en Angleterre, pour y fortifier les rangs des « Volontaires », réunis autour du Général de Gaulle. Parmi eux, se trouvaient des réservistes, des ouvriers, restés insensibles à la cinquième colonne qui, au camp de rassemblement à Londres, menaçait ceux qui resteraient, de représailles sur les familles : vendeurs de journaux, petits hôteliers (sic), garagistes, électriciens, employés de commerce, maçons, mécaniciens, cuisiniers, ils s'étaient engagés dans les ForcesFrançaises Libres, pour y travailler, soit comme soldats, soit comme ouvriers spécialisés ; le mystère français s'est encore une fois vérifié, tout Français peut faire un travail qualifié, ceux-là n'étaient pas de tout jeunes exaltés, ils avaient vécu la dure bataille des Flandres en mai 1940, après le long et dur hiver de 1939 ; leurs pères avaient combattu pendant la dernière guerre. Ils avaient, tout simplement des enfants devant qui ils ne voulaient pas se présenter avant la victoire, puisqu'il leur était possible de continuer la lutte; à leur idée, le seul raisonnement valable pour un Français qui n'était pas prisonnier en France, c'était de vouloir être vainqueur, et ils résistaient au Consul Général qui les sollicitait de rentrer en France, retrouver leurs petites économies, leur petite maison, leur petit emploi! Sans ambition pour eux-mêmes, ils ne pouvaient cependant concevoir une France sans grandeur. Bientôt du reste, ils eurent la preuve que les Français en France, pensaient comme eux ; la métropole se remettait, graduellement du choc qui l'avait étourdie, et ceux qui arrivèrent en novembre a un prix de mille difficultés étaient la preuve vivante que Français Libres et Français enchaînés formaient un tout. Le 4 novembre, un groupe de 12 jeunes gens arriva à Londres, l'un deux était bien connu dans la capitale anglaise, car il avait été pendant plusieurs années attaché de Chancellerie à l'Ambassade. Mobilisé en 1940, il avait été fait prisonnier à Lamotte-Beuvron près d'Orléans, il s'évada et se mêlant à la foule il remonta vers Paris, couvert d'un sac, affublé d'une fausse barbe , marchant comme un vieillard; il passa un mois dans la capitale, la plupart du temps dans une cave traqué par les recherches des Allemands; il partit enfin, pour Nantes, mis quelques temps à trouver quelques jeunes gens voulant partir comme lui ; ils se trouvèrent enfin douze ; cherchèrent une barque qui leur coûta 60.000 francs ; versèrent une forte somme en y mettant toutes leurs économies, et promirent de verser dans une barque anglaise le reliquat ; ce qu’ils firent intégralement sur leur faible solde de simples soldats ! Mais partis de la côte bretonne aux environs de Douarnenez, nos jeunes navigateurs se trouvent pris dans une tempête, restent 12 jours en mer, manquant de vivres, et ne subsistant que par un rationnement sévère et une discipline strictement observée. Ils arrivent enfin, atteints de scorbut, mais veulent s'engager tout de suite en dépit de leurs souffrances. nos jeunes navigateurs se trouvent pris dans une tempête, restent 12 jours en mer, manquant de vivres, et ne subsistant que par un rationnement sévère et une discipline strictement observée. Ils arrivent enfin, atteints de scorbut, mais veulent s'engager tout de suite en dépit de leurs souffrances. Ce sont eux qui, les premiers donnent à Camberley des nouvelles de la France, montrent la communion qui existe entre ceux de là-bas et ceux d'Angleterre. Dans ce groupe se trouvent les deux fils d'un chirurgien de Rennes, le Dr Vourch. C'est ensuite le 1 novembre qui révèle au monde la révolte des étudiants de Paris et la brutalité de l'occupant allemand ; quelques semaines plus tard, une lettre de France arrive à Camberley. Elle est du Dr Vourch à son fils aîné, étudiant en médecine. La famille Vourch est une de ses familles françaises caractéristiques dans leur tranquille héroïsme. Elle se compose de quatre fils et de plusieurs filles. Les deux aînés sont donc arrivés en Angleterre. Le fils aîné, reçoit la lettre suivante de son père « l'Institution universitaire de France occupée à laquelle tu appartenais m'a adressé un questionnaire au quel je répondis par retour : - situation actuelle ? Je l'ignore, sans doute s'efforce-t-il d'atténuer le déshonneur français si bien soigné à Vichy. - Doit-il revenir ? Oui, après la Victoire. J'avais quelques appréhensions sur l'accueil qui serait fait à une telle déclaration de sentiments. Je suis tranquillisé par la lettre suivante reçue à l'instant: « Monsieur voulez-vous me permettre de vous dire à titre personnel, mes félicitations. Votre fils est de ceux à qui nous devons de garder espoir et confiance, de ceux à qui nous devrons de retrouver un jour notre fierté d'être Français. J'ai tout lieu de penser qu'il retrouvera là, où tous nous souhaiterions être quelques-uns de ses camarades d’ici. Croyez Monsieur, à toute ma sympathie. Et c'est signé du nom de la secrétaire de l'Institution en question. Suivent quatre phrases, chacune d'elle signée d'un nom de professeur ou d'étudiant : « en qualité de Française et de Bretagne, je m'associe aux sentiments exprimés par notre secrétaire sur la belle conduite de votre fils. « Bravo pour votre fils dont la place est viable. « J'associe pleinement mes félicitations à celles qui précèdent. « Je me joins à mes collègues et je suis pleinement heureux du geste heureux de votre fils. » En effet, (avec) les fils Vourch avaient retrouvé à Camberley un noyau de jeunes étudiants : futurs médecins, pharmaciens, candidats à Navale, à Polytechnique, à Saint-Cyr. Ils formèrent les embryons des écoles et pelotons d'officiers que d'admirables jeunes officiers, le lieutenant Molina, le Capitaine Emmanuel Dupont, tué le jour de l'entrée à Paris en 1944, le Pasteur Stael, l'Abbé Lepoutre et tant d'autres formèrent (les cadres) pour encadrer l’armée d'Afrique, qui se couvrit de gloire du Tchad à Paris. Les deux autres fils Vourch rejoignirent leurs frères, dès qu'ils atteignirent leurs 18 ans; puis le Père lui-même partit et laissa sa femme et ses filles qui continuèrent tranquillement à travailler dans les réseaux de la résistance. Le sergent Jean Vourch tomba aux portes de Paris le 29 août 1944 ! Après ces premières nouvelles de France, les Français libres eurent des contacts plus fréquents avec la métropole, et les arrivées se multiplièrent : par exemple, ces deux barques de pêcheurs, qui arrivèrent avec tout leurs équipages, vêtus de la toile rose des Douarnenais, elles avaient faussé la politesse aux patrouilles allemandes, et ayant entendu les Allemands qui occupaient leur région dirent qu'en Angleterre, on mourait de faim, ils apportaient caché sous les filets, du porc fumé, des mottes de beurre, pour faire plaisir à ceux qu'ils rejoignaient ! Des histoires aussi touchantes sont vraies, des territoires français du monde entier et des groupes de Français de l'étranger. Les marins de la marine marchande quittent leurs bateaux dans les ports étrangers pour rejoindre la France Libre; les prisonniers s'évadent d'Allemagne, par la Russie et en juillet 1941, il en arrive presque 200 avec le Capitaine Billotte ; ils ont souffert de terribles souffrances de jour et de nuit avant d'arriver à rejoindre Londres. Aux alentours de Penzance s'est constitué un vrai village de pêcheurs français avec leurs femmes et leurs enfants; tous attendant en travaillant, le moment de retrouver le pays libéré. Hervé Le Scour, chasseur, reçoit de sa mère d'admirables lettres qui traversent la France de mains en mains avant de parvenir à Londres, d'où elles repartent pour le cœur de l'Afrique Libre, où se trouve Hervé. - La mère à son fils, première lettre : « Et toi, mon chéri, comment vas-tu revenir ? Qu'importe, pour moi, tu seras toujours le fils auréolé de la gloire d'avoir fait son devoir, et qui n'a pas hésité dans son choix, malgré les risques que comportait ce choix. La voie que tu as prise est la bonne, mon Hervé, nous sommes fiers de toi ». Cette lettre en contenait une du père : « Ton père qui est fier de toi, vient encore une fois t'exprimer tous ses remerciements pour le dur mais noble sacrifice que tu as consenti pour le salut de la Patrie, c'est-à-dire notre libération à tous. Bon courage, mon cher enfant, et souviens-toi que la foi inébranlable que tu as mise dans le destin de la France, (ta conduite le prouve) est partagée par tous les bons Français ». - Deuxième lettre de la mère à son fils : « À ton retour, nous fêterons ensemble notre victoire, car ici personne ne doute de vous. D'ailleurs les faits sont là pour nous prouver de quoi vous êtes capables ; votre prodigieuse avance en Libye, où nous sommes fiers d'apprendre que des Forces Libres prennent part au combat, malgré les dangers qu'ils comportent. Hélas ! Qu'il n'y ait pas trop de victimes dans ces combats et que la victoire finale ne tarde pas trop. Nous vous attendons stoïquement et sommes prêts à vous aider le moment venu. Tous les jeunes gens qui sont revenus de là-haut, à peine venus le regrettent, et cherchent le moyen de s'en retourner ; quelques-uns réussissent, mais le plus simple eut été de faire comme toi, mon chéri. Je suis heureuse de penser que tu as vu où était ton devoir » Ce fut ce professeur de Quimper qui vint emmenant dans sa barque ses 19 élèves de première quelques jours après que son frère eut été fusillé par les Allemands ; ce qui fut cause que le deuxième de ses frères fut également victime de l’occupant. C'étaient des familles entières comme celle des deux frères Montjarret, de Plouha, Côtes du Nord, que la mère, entendant Pétain parler d'armistice le 18 juin 1940, envoya en Angleterre, où ils s'engagèrent à la France Libre le 1er juillet 1940. Joseph fut parachuté en France ; son jeune frère chasseur dans la division Leclerc en a fait toutes les campagnes ; Lorsque Madame Montjarret appris l'arrestation par la Gestapo à Lyon de son fils aîné, elle décida de servir à sa place dans la mesure de ses moyens. Elle commence par héberger deux jeunes gens réfractaires du travail en Allemagne et les cacha dans sa propriété. Elle est dénoncée à la police allemande et sa propriété est perquisitionnée, puis surveillée pendant plusieurs semaines ; son cousin et sa fille (arrêtés) sont arrêtés, longuement interrogés et finalement relâchés. La surveillance cesse enfin, et Madame Montjarret entre dans un réseau d'évasion, rattaché à l'Intelligence service. Sa propriété à 4 km de la plage ou atterrissent les bateaux qui viennent chaque mois chercher les pilotes abattus au-dessus de la France, devient le dernier relais avant le départ de nombreux Canadiens, Anglais et Américains qui y sont hébergés, cachés, nourris, cajolés. Le jour du départ annoncé par « un Message Personnel », Madame Montjarret ne pouvant pas en raison de son âge, accompagner ses hôtes à la côte, en charge sa fille aînée Françoise qui guide les groupes à travers les champs de mines. Et cette activité de la mère et des filles dure jusqu'en août 1944, date de la libération de la Bretagne tandis que Jojo est derrière les barbelés comme déporté politique et que son frère combat dans la division Leclerc. Il y a aussi des femmes qui quittèrent tout pour faire des liaisons comme Madeleine David, pseudo Christiane qui commença à militer dans un réseau clandestin en mars 1942 et effectua de nombreuses liaisons pour le délégué général du Général de Gaulle, et pour Joseph Monjarret (pseudo Hervé), chef de réseau d'atterrissages et parachutages. Arrêtée en octobre 1942 à la suite d'une dénonciation par un officier en retraite de Vichy qu'elle était allée contacter de la part de son chef, elle fut interrogée du matin au soir pendant 4 jours de suite et frappée. Non seulement elle refuse de donner des noms, mais encore nie l'activité qu'on lui reproche. Après cinq semaines de cellule elle est relâchée dans un état de santé très précaire par suite des mauvaises conditions d'alimentation et d'hygiène où elle a été tenue. Elle reprend son activité sous un autre nom ; participe à plusieurs opérations d'atterrissage et de parachutage, en particulier, au départ de Monsieur Frenaye. Participe en juin et juillet 1942 à la tentative d'évasion de Jean Moulins (Pseudo Rex). Elle doit faire le guet sur le passage des voitures de la Gestapo, cette garde dure 5 jours. Echappe à une arrestation de la Gestapo grâce à son extraordinaire sang-froid. Ensuite elle sert d'agent de liaison entre le réseau et des amis internés à Lyon et à Paris. Elle réussit à leur faire passer lettres et colis, malgré les difficultés de ce travail qui dure jusqu'en octobre 1943, date de sa deuxième arrestation par la Gestapo. Interrogée pendant près d'une semaine, elle établit si bien son système de défense qu'elle est libérée après 25 jours, les Allemands croyant s'être trompés de personne. Elle reprend son activité jusqu’au jour de la libération ....Puis il y a encore le merveilleux esprit des camps ou les soldats du Général de Gaulle faits prisonniers ont trouvé des camarades avec qui ils ont saboté ! Ainsi donc, petit à petit la liaison s’est faite, d’humbles héros travaillaient en France, les uns en réseau, les autres isolément. À Royat, un facteur, sans que nul le sache, a soustrait plus de 500 lettres de dénonciations adressées à la Gestapo et trouvait de braves gens chez qui les cacher; au même endroit, les cheminots qui ont fait dérailler les trains allemands, le commis de gare, qui faisait des parachutages la nuit et le jour distribuait sous le manteau, la presse clandestine; cet étudiant de Paris, qui subtilisait à la Bibliothèque Nationale les livres du Général de Gaulle, les copiait à la machine à écrire, et tenait à les remettre en place ! Aujourd'hui, tous ces héros, sans le savoir, considèrent simplement qu'ils ont fait leurs devoirs, ils ont aucune revendication. Ils sont légions en France, conscients seulement d'avoir fait leur devoir de Français, fiers seulement d'avoir eu le privilège de comprendre tout de suite, celui qui les a guidés dans la libération de« Notre-Dame, la France .» Manuscrit autographe de premier jet intiulé « Les Humbles » ; 29 pages in-4°. Manuscrit poignant consacré aux combattants de la France Libre, “les humbles” célèbre ces volontaires anonymes - ouvriers, marins, étudiants, pères et fils - qui quittèrent tout pour rejoindre le Général de Gaulle et poursuivre la lutte. Dans un style ardent et profondémet humain, Yvonne Salmon exalte la fièrté de leur courage intact, cette foi indomptable qui mena à la victoire et fit renaître une France libre. Les Humbles dans la France libre ? et le Général de Gaulle ? « « Ce que nous sommes? Rien n'est plus simple que de répondre à cette question ... Nous sommes des Français, de toute origine, de toute condition, de toute opinion, qui avons décidé de nous unir dans la lutte pour notre pays ! » Charles de Gaulle, 15 novembre1941. Des Français, de toute origine, de toute condition, telle fut la caractéristique essentielle de la France Libre, puis de la France Combattante. L'histoire des grands a été dite leurs noms étaient connus ou le sont devenus, mais quelle est belle l’histoire de la foule, des humbles, qui se sont unis aux grands dans la lutte pour notre pays, qui ne demandaient que des cadres dignes de les guider, et qui ont tout de suite reconnu le clair métal de la voix qui mettait l'ennemi au défi. Lorsqu'en ces jours de victoire, le hasard d'une course dans le métro à Paris, vous fait rencontrer l'un d’entre eux, lorsqu'au cours d’une conversation, on évoque une histoire, tous, les uns après les autres, se dressent en légion. Voilà Georges le Breton, qui raconte son aventure retour d'une permission passée chez un brave mineur Gallois, qui lui aussi est Gaulliste et a mis sa maison à la disposition des Français libres pour que les soldats puissent avoir une famille adoptive, on se serre, la femme lave, raccommode les habits du jeune Français, les enfants lui apprennent un peu l'anglais et le promènent ; ainsi d'humbles britanniques ouvrent leurs portes à d'humbles Français, isolés loin de leur famille. En traversant Londres, pour rejoindre son corps à Camberley, Georges a bien gros cœur, il a quitté ses nouveaux amis, et il pense avec une plus grande émotion encore à ses parents : « Comment les a-t-il quittés ? L'Armistice est annoncé, Georges rentre du travail, il vient d'avoir 18 ans et sa mère lui annonce l'affreuse nouvelle. « Vas voir ce que fait ton cousin, Pierre, il y a un général qui continue la guerre en Angleterre ! Sautant sur sa bicyclette, Georges monte chez sa tante. À la porte de la chaumière, il trouve son cousin, qui embrasse sa mère, son baluchon sous le bras. Il part donc ! Les deux cousins redescendent la colline, et voient la mère de Georges, un sac à la main sur le seuil de la porte Je savais bien qu'il partirait ! Tiens, voilà tes affaires, ne rentre pas, ton père pleure de ne pas pouvoir partir avec toi ! Au revoir! Et Georges ajoute : j'entendais mon père, grand mutilé de 1918, sangloter, ma mère m'a embrassé bien fort ; puis je suis parti en courant très vite sans me retourner parce qu'elle était là debout ses grands yeux noirs comme quand elle a de la peine ; si je m'étais retourné, je ne serais peut-être pas parti, et ils ne me l'auraient jamais pardonné. » Les 600 humble Français habitant les alentours de Londres, qui le 27 juillet réunis en Assemblée Générale, s'inscrivent pour aider la France comme ils disent : la femme de chambre qui régulièrement, tous les mois, enverra pendant quatre ans, un quart de ce qu'elle gagne ; le garçon coiffeur, qui fera de même ; celles qui auront toujours un coin pour loger un convalescent, tous ces humbles, ne penseront qu'à aider au maximum, celui qui leur aura permis de garder la tête haute devant l'allié britannique. Telle Française, demande à toutes ses amies jusqu'à les importuner, dit-elle elle-même un peu gênée, des morceaux d'étoffe pour faire des poupées, qu'elle vendra fort cher au profit des « volontaires » ; sa maison est un véritable atelier ; son mari typographe anglais est plus fanatique qu'elle quand il s'agit des combattants de la France Libre. Car la belle histoire des humbles et d'autant plus belle que c'est une histoire franco-britannique. Trois officiers qui vont s'engager à Carlton Gardens, voient avec un étonnement ému, le chauffeur du taxi, qui les conduit leur rendre le prix de la course et le pourboire, en disant avec un bon sourire « Pour la France ». Brigade internationale, plutôt même au service de la France, que cette tribu des humbles: 3000, sud-Américains des divers pays de l'Amérique Latine se sont mis en route en 1940 pour rejoindre les rangs de la France Libre dans le seul but de rendre au monde une France délivrée ; esprit qui s'est maintenu, puisque en 1943, un petit garçon Colombien visitant l'Exposition de la France Libre à Bogota, met une pièce d'argent dans le tronc, placé à la porte en murmurant : « une balle pour tirer un Boche ! ». Une fermière islandaise, recevant une Française avec grand honneur, a préparé une réception à la mode si hospitalière de son pays ; ne sachant comment remercier notre compatriote, donne à son hôtesse, son insigne à Croix de Lorraine, et émue la dame Islandaise, remercie en ces termes : « Ce sera un précieux souvenir, car chaque soir en priant pour la France, je pleure! » La masse britannique garde son affection au Général de Gaulle, cet ami des mauvais jours, parce qu'il a eu confiance en la Grande-Bretagne et symbolise le respect de la parole donnée, si chère au cœur des Anglais. Comme il vient de la France, dont on vante le climat, en 1941, lorsqu'on prédit un hiver sans charbon, les Ecossais, d'une humble rue d'Édimbourg, se cotisent pour lui envoyer une chaude et moelleuse robe de chambre : l'envoi est anonyme et pendant 18 mois, le Général de Gaulle ignore qui a eu cette délicate pensée ! Mais cette adhésion des peuples à la grande figure qui, par ses caractéristiques chevaleresques et morales, incarne la France à leurs yeux, est une autre histoire qui devra être dit un jour prochain. Il convient cependant de noter encore ici, l'impression de joie admirative que les ouvriers de l'usine anglaise qu'il visitait, ont ressenti le 21 octobre 1941 devant ce grand « manouvrier » des chars quand il s'est assis dans le bel engin sorti de leurs mains et l'a mis en marche dans la cour de l’usine ; pour eux, c'était un connaisseur de haute classe qui donnait toute sa valeur à leur œuvre. Ainsi cette amitié britannique accueillit les Français qui arrivèrent de partout, au prix de grosses difficultés en flot continu plus ou moins dense. C'étaient d'abord dans le chaos des premiers jours, au milieu, des soldats étrangers et des Britanniques, habitant la France, échappant à l'envahisseur après avoir fait des kilomètres dans des wagons, puis dans des camions, des soldats qui arrivaient à Saint-Jean-de-Luz où grâce à la complicité des Polonais, ils pouvaient se réfugier dans un coin du navire qui les emmènerait continuer la lutte contre l'Allemand. C'étaient ces jeunes garçons qui traversèrent la Manche pour rejoindre l'allié ; l'histoire de ceux-ci se résume dans celle d'un sous-lieutenant observateur du Groupe Lorraine. Colcanap faisait partie de 14 jeunes garçons, qui s’évadèrent ensemble, après avoir juré de rendre la liberté à la France; c'était un gamin vieux de 17 ans 1/2, quand il débarqua en Angleterre en 1940. Avant de lui permettre de faire son entraînement dans l'aviation, on l'obligea à passer son Baccalauréat au Lycée français. Dans la composition française d'un examen au Camp de Old Dean à Camberley où ils étaient à l'entraînement, Colcanap exprime le sentiment qui animait ces jeunes gens : « En m'analysant bien, maintenant je m'aperçois que, en m'embarquant, j'ai senti remuer en moi quelque chose qui a été comme une partie de moi-même, et cette secousse a réveillé toute les forces de mon orgueil et de mon énergie primitive. Oui, ma première réaction a été celle-ci : un Français ne peut pas laisser son Allié se battre seul, même si ce dernier est responsable de la guerre. Ça m'a été une consolation intérieure d'autant plus belle que, longtemps j'en ai ignoré la source et la raison véritable. Toujours est-il que j'ai eu une révélation soudaine du beau, du vrai, du juste. De là est jaillie, une lumière qui m'a toujours éclairé depuis 10 mois que je suis en Angleterre, et qui toujours ma empêché de dévier du droit chemin. Et je me suis embarqué tout tranquillement comme je suis né, comme j’ai vécu, et comme je mourrai, fort probablement. » Les annales du Ministère de l'air en date du 17 novembre 1944, nous apprennent en ces termes, comment Colcanap, dernier survivant de ce groupe de 14 jeunes braves, faisait son devoir tout tranquillement : « Est cité, à l'ordre de l'Armée aérienne, « les lieutenant Colcanap. Robert du Groupe Lorraine », « Observateur ardent et courageux à donner en exemple par son allant et sa conscience professionnelle. A rejoint les Forces Françaises du Général de Gaulle, à l'âge de 17 ans, s'évadant de France occupée; et s'est engagé dans une unité combattante dès qu'il eut atteint l'âge requis. A mérité l'estime et l'affection de ses chefs et de ses camarades, pour son ardeur juvénile et ses grandes qualités de cœur et de courage. Le 22 octobre 1943, au cours d'une mission particulière, particulièrement importante, son avion, étant touché par le « Flack » et lui-même étant blessé, à l'œil et à la jambe au moment de l'entrée en territoire ennemi, a néanmoins accompli entièrement sa mission. A trouvé la mort le 1 novembre 1943, au cours d'un vol d'entraînement, dans des circonstances montrant une fois deux plus le plus bel esprit de sacrifice ; son pilote essayant de poser son avion désemparé sur un terrain de football, accepta le risque de se poser dans un endroit moins propice pour éviter de heurter les joueurs aperçus au dernier moment sur le terrain choisi. » - Signé « de Rancourt » - Ainsi mourut-il, comme il s'était embarqué. . tout tranquillement. C'était le sergent Henri de Péronne, blessé pendant la bataille des Flandres, et tué par les premiers bombardements de Londres. Il s'était engagé, parce qu'il ne voulait pas se présenter à sa femme et à sa petite fille, avant d’avoir aidé à leur libération en même temps qu’à celle de la France. Ce furent les soldats de la légion étrangère, retour de Norvège, qui répondirent à l'appel pour le combat avec leur Colonel, Maingret- Vernerey (Magrin-Vernerey ?), leur capitaine Pierre O. Lapie et autres, puis chaque jour des groupes arrivèrent : équipage de sous-marins, de quelques unités de guerre, et des isolés militaires ou civils. Ceux de Londres, alertent les amis et connaissances de province ; le 29 juin, le Général de Gaulle rencontre les représentants de la Colonie Française. Ce jour-là se révèle le caractère particulier de la France libre, ce sera pour chacun une aventure librement consentie, le Général de Gaulle n'a pas énoncé de programme spectaculaire, il n'a fait aucune promesse, il parla de devoir et d'espérance.... tout simplement ! Les escaliers et les corridors de ses bureaux à St Stephen's House sont encombrés de matelots et de soldats, des familles entières arrivent du Pas de Calais, du Nord et de Bretagne ; on ne s'y reconnaît guère, ce sont des Duval quelque chose ou des quelques choses Duval, familles de pêcheurs venues avec leurs bateaux de pêche pour aider le Général de Gaulle et l'Angleterre; puis les hommes de l'Ile de Sein qui feront la poste avec la France pendant ces dures années, malgré les dangers, que ce travail comportait. Encore cet ouvrier de l'Arsenal de Brest, qui en rentrant de son travail trouve sa femme devant une valise fermée ; la bonne Bretonne dit à son mari : « le Vieux va signer l'armistice, un général continue à se battre en Angleterre, voilà ta valise, pars. » « Est-ce que je peux attendre le gars pour lui dire au revoir ? » « Oui », répond la femme. Le gars arrive et apprenant l'histoire il veut partir aussi. « Je l'avais bien pensé », dit la mère « il y a vos affaires à tous les deux là-dedans. » Père et fils s'engagèrent à Londres dans la marine ; au mois de mai 1941, le père naviguait seul, portant deux Croix de la Libération sur la poitrine, la sienne et celle de son gars, tué à côté de lui en mer. Au furet à mesure que les blessés de Dunkerque se rétablissaient et sortaient de l'hôpital, la question se posait pour chacun de savoir s'ils rentreraient en France, ou s’ils resteraient en Angleterre, pour y fortifier les rangs des « Volontaires », réunis autour du Général de Gaulle. Parmi eux, se trouvaient des réservistes, des ouvriers, restés insensibles à la cinquième colonne qui, au camp de rassemblement à Londres, menaçait ceux qui resteraient, de représailles sur les familles : vendeurs de journaux, petits hôteliers (sic), garagistes, électriciens, employés de commerce, maçons, mécaniciens, cuisiniers, ils s'étaient engagés dans les ForcesFrançaises Libres, pour y travailler, soit comme soldats, soit comme ouvriers spécialisés ; le mystère français s'est encore une fois vérifié, tout Français peut faire un travail qualifié, ceux-là n'étaient pas de tout jeunes exaltés, ils avaient vécu la dure bataille des Flandres en mai 1940, après le long et dur hiver de 1939 ; leurs pères avaient combattu pendant la dernière guerre. Ils avaient, tout simplement des enfants devant qui ils ne voulaient pas se présenter avant la victoire, puisqu'il leur était possible de continuer la lutte; à leur idée, le seul raisonnement valable pour un Français qui n'était pas prisonnier en France, c'était de vouloir être vainqueur, et ils résistaient au Consul Général qui les sollicitait de rentrer en France, retrouver leurs petites économies, leur petite maison, leur petit emploi! Sans ambition pour eux-mêmes, ils ne pouvaient cependant concevoir une France sans grandeur. Bientôt du reste, ils eurent la preuve que les Français en France, pensaient comme eux ; la métropole se remettait, graduellement du choc qui l'avait étourdie, et ceux qui arrivèrent en novembre a un prix de mille difficultés étaient la preuve vivante que Français Libres et Français enchaînés formaient un tout. Le 4 novembre, un groupe de 12 jeunes gens arriva à Londres, l'un deux était bien connu dans la capitale anglaise, car il avait été pendant plusieurs années attaché de Chancellerie à l'Ambassade. Mobilisé en 1940, il avait été fait prisonnier à Lamotte-Beuvron près d'Orléans, il s'évada et se mêlant à la foule il remonta vers Paris, couvert d'un sac, affublé d'une fausse barbe , marchant comme un vieillard; il passa un mois dans la capitale, la plupart du temps dans une cave traqué par les recherches des Allemands; il partit enfin, pour Nantes, mis quelques temps à trouver quelques jeunes gens voulant partir comme lui ; ils se trouvèrent enfin douze ; cherchèrent une barque qui leur coûta 60.000 francs ; versèrent une forte somme en y mettant toutes leurs économies, et promirent de verser dans une barque anglaise le reliquat ; ce qu’ils firent intégralement sur leur faible solde de simples soldats ! Mais partis de la côte bretonne aux environs de Douarnenez, nos jeunes navigateurs se trouvent pris dans une tempête, restent 12 jours en mer, manquant de vivres, et ne subsistant que par un rationnement sévère et une discipline strictement observée. Ils arrivent enfin, atteints de scorbut, mais veulent s'engager tout de suite en dépit de leurs souffrances. nos jeunes navigateurs se trouvent pris dans une tempête, restent 12 jours en mer, manquant de vivres, et ne subsistant que par un rationnement sévère et une discipline strictement observée. Ils arrivent enfin, atteints de scorbut, mais veulent s'engager tout de suite en dépit de leurs souffrances. Ce sont eux qui, les premiers donnent à Camberley des nouvelles de la France, montrent la communion qui existe entre ceux de là-bas et ceux d'Angleterre. Dans ce groupe se trouvent les deux fils d'un chirurgien de Rennes, le Dr Vourch. C'est ensuite le 1 novembre qui révèle au monde la révolte des étudiants de Paris et la brutalité de l'occupant allemand ; quelques semaines plus tard, une lettre de France arrive à Camberley. Elle est du Dr Vourch à son fils aîné, étudiant en médecine. La famille Vourch est une de ses familles françaises caractéristiques dans leur tranquille héroïsme. Elle se compose de quatre fils et de plusieurs filles. Les deux aînés sont donc arrivés en Angleterre. Le fils aîné, reçoit la lettre suivante de son père « l'Institution universitaire de France occupée à laquelle tu appartenais m'a adressé un questionnaire au quel je répondis par retour : - situation actuelle ? Je l'ignore, sans doute s'efforce-t-il d'atténuer le déshonneur français si bien soigné à Vichy. - Doit-il revenir ? Oui, après la Victoire. J'avais quelques appréhensions sur l'accueil qui serait fait à une telle déclaration de sentiments. Je suis tranquillisé par la lettre suivante reçue à l'instant: « Monsieur voulez-vous me permettre de vous dire à titre personnel, mes félicitations. Votre fils est de ceux à qui nous devons de garder espoir et confiance, de ceux à qui nous devrons de retrouver un jour notre fierté d'être Français. J'ai tout lieu de penser qu'il retrouvera là, où tous nous souhaiterions être quelques-uns de ses camarades d’ici. Croyez Monsieur, à toute ma sympathie. Et c'est signé du nom de la secrétaire de l'Institution en question. Suivent quatre phrases, chacune d'elle signée d'un nom de professeur ou d'étudiant : « en qualité de Française et de Bretagne, je m'associe aux sentiments exprimés par notre secrétaire sur la belle conduite de votre fils. « Bravo pour votre fils dont la place est viable. « J'associe pleinement mes félicitations à celles qui précèdent. « Je me joins à mes collègues et je suis pleinement heureux du geste heureux de votre fils. » En effet, (avec) les fils Vourch avaient retrouvé à Camberley un noyau de jeunes étudiants : futurs médecins, pharmaciens, candidats à Navale, à Polytechnique, à Saint-Cyr. Ils formèrent les embryons des écoles et pelotons d'officiers que d'admirables jeunes officiers, le lieutenant Molina, le Capitaine Emmanuel Dupont, tué le jour de l'entrée à Paris en 1944, le Pasteur Stael, l'Abbé Lepoutre et tant d'autres formèrent (les cadres) pour encadrer l’armée d'Afrique, qui se couvrit de gloire du Tchad à Paris. Les deux autres fils Vourch rejoignirent leurs frères, dès qu'ils atteignirent leurs 18 ans; puis le Père lui-même partit et laissa sa femme et ses filles qui continuèrent tranquillement à travailler dans les réseaux de la résistance. Le sergent Jean Vourch tomba aux portes de Paris le 29 août 1944 ! Après ces premières nouvelles de France, les Français libres eurent des contacts plus fréquents avec la métropole, et les arrivées se multiplièrent : par exemple, ces deux barques de pêcheurs, qui arrivèrent avec tout leurs équipages, vêtus de la toile rose des Douarnenais, elles avaient faussé la politesse aux patrouilles allemandes, et ayant entendu les Allemands qui occupaient leur région dirent qu'en Angleterre, on mourait de faim, ils apportaient caché sous les filets, du porc fumé, des mottes de beurre, pour faire plaisir à ceux qu'ils rejoignaient ! Des histoires aussi touchantes sont vraies, des territoires français du monde entier et des groupes de Français de l'étranger. Les marins de la marine marchande quittent leurs bateaux dans les ports étrangers pour rejoindre la France Libre; les prisonniers s'évadent d'Allemagne, par la Russie et en juillet 1941, il en arrive presque 200 avec le Capitaine Billotte ; ils ont souffert de terribles souffrances de jour et de nuit avant d'arriver à rejoindre Londres. Aux alentours de Penzance s'est constitué un vrai village de pêcheurs français avec leurs femmes et leurs enfants; tous attendant en travaillant, le moment de retrouver le pays libéré. Hervé Le Scour, chasseur, reçoit de sa mère d'admirables lettres qui traversent la France de mains en mains avant de parvenir à Londres, d'où elles repartent pour le cœur de l'Afrique Libre, où se trouve Hervé. - La mère à son fils, première lettre : « Et toi, mon chéri, comment vas-tu revenir ? Qu'importe, pour moi, tu seras toujours le fils auréolé de la gloire d'avoir fait son devoir, et qui n'a pas hésité dans son choix, malgré les risques que comportait ce choix. La voie que tu as prise est la bonne, mon Hervé, nous sommes fiers de toi ». Cette lettre en contenait une du père : « Ton père qui est fier de toi, vient encore une fois t'exprimer tous ses remerciements pour le dur mais noble sacrifice que tu as consenti pour le salut de la Patrie, c'est-à-dire notre libération à tous. Bon courage, mon cher enfant, et souviens-toi que la foi inébranlable que tu as mise dans le destin de la France, (ta conduite le prouve) est partagée par tous les bons Français ». - Deuxième lettre de la mère à son fils : « À ton retour, nous fêterons ensemble notre victoire, car ici personne ne doute de vous. D'ailleurs les faits sont là pour nous prouver de quoi vous êtes capables ; votre prodigieuse avance en Libye, où nous sommes fiers d'apprendre que des Forces Libres prennent part au combat, malgré les dangers qu'ils comportent. Hélas ! Qu'il n'y ait pas trop de victimes dans ces combats et que la victoire finale ne tarde pas trop. Nous vous attendons stoïquement et sommes prêts à vous aider le moment venu. Tous les jeunes gens qui sont revenus de là-haut, à peine venus le regrettent, et cherchent le moyen de s'en retourner ; quelques-uns réussissent, mais le plus simple eut été de faire comme toi, mon chéri. Je suis heureuse de penser que tu as vu où était ton devoir » Ce fut ce professeur de Quimper qui vint emmenant dans sa barque ses 19 élèves de première quelques jours après que son frère eut été fusillé par les Allemands ; ce qui fut cause que le deuxième de ses frères fut également victime de l’occupant. C'étaient des familles entières comme celle des deux frères Montjarret, de Plouha, Côtes du Nord, que la mère, entendant Pétain parler d'armistice le 18 juin 1940, envoya en Angleterre, où ils s'engagèrent à la France Libre le 1er juillet 1940. Joseph fut parachuté en France ; son jeune frère chasseur dans la division Leclerc en a fait toutes les campagnes ; Lorsque Madame Montjarret appris l'arrestation par la Gestapo à Lyon de son fils aîné, elle décida de servir à sa place dans la mesure de ses moyens. Elle commence par héberger deux jeunes gens réfractaires du travail en Allemagne et les cacha dans sa propriété. Elle est dénoncée à la police allemande et sa propriété est perquisitionnée, puis surveillée pendant plusieurs semaines ; son cousin et sa fille (arrêtés) sont arrêtés, longuement interrogés et finalement relâchés. La surveillance cesse enfin, et Madame Montjarret entre dans un réseau d'évasion, rattaché à l'Intelligence service. Sa propriété à 4 km de la plage ou atterrissent les bateaux qui viennent chaque mois chercher les pilotes abattus au-dessus de la France, devient le dernier relais avant le départ de nombreux Canadiens, Anglais et Américains qui y sont hébergés, cachés, nourris, cajolés. Le jour du départ annoncé par « un Message Personnel », Madame Montjarret ne pouvant pas en raison de son âge, accompagner ses hôtes à la côte, en charge sa fille aînée Françoise qui guide les groupes à travers les champs de mines. Et cette activité de la mère et des filles dure jusqu'en août 1944, date de la libération de la Bretagne tandis que Jojo est derrière les barbelés comme déporté politique et que son frère combat dans la division Leclerc. Il y a aussi des femmes qui quittèrent tout pour faire des liaisons comme Madeleine David, pseudo Christiane qui commença à militer dans un réseau clandestin en mars 1942 et effectua de nombreuses liaisons pour le délégué général du Général de Gaulle, et pour Joseph Monjarret (pseudo Hervé), chef de réseau d'atterrissages et parachutages. Arrêtée en octobre 1942 à la suite d'une dénonciation par un officier en retraite de Vichy qu'elle était allée contacter de la part de son chef, elle fut interrogée du matin au soir pendant 4 jours de suite et frappée. Non seulement elle refuse de donner des noms, mais encore nie l'activité qu'on lui reproche. Après cinq semaines de cellule elle est relâchée dans un état de santé très précaire par suite des mauvaises conditions d'alimentation et d'hygiène où elle a été tenue. Elle reprend son activité sous un autre nom ; participe à plusieurs opérations d'atterrissage et de parachutage, en particulier, au départ de Monsieur Frenaye. Participe en juin et juillet 1942 à la tentative d'évasion de Jean Moulins (Pseudo Rex). Elle doit faire le guet sur le passage des voitures de la Gestapo, cette garde dure 5 jours. Echappe à une arrestation de la Gestapo grâce à son extraordinaire sang-froid. Ensuite elle sert d'agent de liaison entre le réseau et des amis internés à Lyon et à Paris. Elle réussit à leur faire passer lettres et colis, malgré les difficultés de ce travail qui dure jusqu'en octobre 1943, date de sa deuxième arrestation par la Gestapo. Interrogée pendant près d'une semaine, elle établit si bien son système de défense qu'elle est libérée après 25 jours, les Allemands croyant s'être trompés de personne. Elle reprend son activité jusqu’au jour de la libération ....Puis il y a encore le merveilleux esprit des camps ou les soldats du Général de Gaulle faits prisonniers ont trouvé des camarades avec qui ils ont saboté ! Ainsi donc, petit à petit la liaison s’est faite, d’humbles héros travaillaient en France, les uns en réseau, les autres isolément. À Royat, un facteur, sans que nul le sache, a soustrait plus de 500 lettres de dénonciations adressées à la Gestapo et trouvait de braves gens chez qui les cacher; au même endroit, les cheminots qui ont fait dérailler les trains allemands, le commis de gare, qui faisait des parachutages la nuit et le jour distribuait sous le manteau, la presse clandestine; cet étudiant de Paris, qui subtilisait à la Bibliothèque Nationale les livres du Général de Gaulle, les copiait à la machine à écrire, et tenait à les remettre en place ! Aujourd'hui, tous ces héros, sans le savoir, considèrent simplement qu'ils ont fait leurs devoirs, ils ont aucune revendication. Ils sont légions en France, conscients seulement d'avoir fait leur devoir de Français, fiers seulement d'avoir eu le privilège de comprendre tout de suite, celui qui les a guidés dans la libération de« Notre-Dame, la France .» Manuscrit autographe de premier jet intiulé « Les Humbles » ; 29 pages in-4°. Manuscrit poignant consacré aux combattants de la France Libre, “les humbles” célèbre ces volontaires anonymes - ouvriers, marins, étudiants, pères et fils - qui quittèrent tout pour rejoindre le Général de Gaulle et poursuivre la lutte. Dans un style ardent et profondémet humain, Yvonne Salmon exalte la fièrté de leur courage intact, cette foi indomptable qui mena à la victoire et fit renaître une France libre. Les Humbles dans la France libre ? et le Général de Gaulle ? « « Ce que nous sommes? Rien n'est plus simple que de répondre à cette question ... Nous sommes des Français, de toute origine, de toute condition, de toute opinion, qui avons décidé de nous unir dans la lutte pour notre pays ! » Charles de Gaulle, 15 novembre1941.
Lettre signée
EINSTEINLettre dactylographiée signée « A. Einstein » adressée au Docteur Oliver E. Ford, physicien qui avait collaborer avec Einstein et collaborer aux idées liés à la gravitation et cosmologie. 27 janvier 1954 ; 1 page grand in-4°sur papier en-tête de l’université de Princeton “the institute for advanced study”, en allemand. 2 trous de classeur et pièce très légèrement jauni. Un témoignage rare où Einstein partage ses références et perspectives sur la physique quantique, à la croisée de la fin de sa vie. Einstein y explique que, s'il n'a pas écrit de livre sur la physique ou les théories quantiques, il a produit plusieurs courtes réflexions sur ces sujets, dont il n'a plus d’exemplaires. Il donne alors les références de certains de ces articles : - « Physics and Reality », dans le Franklin-Journal de Philadelphie en 1935 ou 1936 - « Einstein-Band » en 1949 édité par le professeur Paul A. Schilpp. - « Ein Aufsatz übet Quatentheorie und Realität in “Dialectica » Un essai sur la théorie quantique et la réalité paru dans Dialectica (une revue philosophique suisse) vers la fin des années 1940. - Ma contribution au recueil d'hommages récemment publié en l'honneur de Max Born, Édimbourg.













