Nos plus beaux documents autographes
4045 autographes de prestige trouvés
Poème autographe, intitulé « Trilby ou le Lutin d’Argail ».
DESBORDES-VALMORE MarcelinePoème autographe, intitulé « Trilby ou le Lutin d’Argail ». Sans date ; 1 page 1/4 in-4°. En haut du feuillet, Marceline Desbordes-Valmore a écrit : « Cette petite pièce est imitée d’un conte écossais, traduit ou développé par Monsieur Nodier ».Trilby ou le Lutin d’Argail, ou plus simplement Trilby, est un roman français de Charles Nodier publié en juillet 1822. Il s’est inspiré des écrits de Walter Scott pour la trame de ce récit.« À vous Lutin qu’il me faut oublier,Qui fit ensemble et ma joie et mon crime,Ne viendra plus au bord de mon foyerBaiser les pleurs de sa chère victime.Il pleut, j’ai froid. Le feu s’endortTrilby sur mes genoux ne daigne plus descendre !Mon Dieu... ne pleurons pas si fort :S’il était caché sous la cendre !Qu’il était triste et charmant ce Lutin,Quand il pleurait d’amour à mon oreille !Quand de mon rêve, il sortait le matin,En murmurant comme la bonde abeille.Sans m’endormir, le jour s’endortSur mon sommeil, Trilby ne daigne plus descendre !Méchant ! ... Ne grondons pas si fortHélas ! S’il dormait sous la cendre !Pauvre Gollet ! Soumise à mon devoir,Je t’ai banni de notre humble chaumièreEt malgré moi, je cherche à t’entrevoir,Dès qu’au château brille un peu de lumièreJe n’y vois plus, mon coeur s’endortSans toi Trilby l’espoir ne peut plus y descendreEt ce coeur qui brûla si fortVoudrait s’éteindre sous la cendre !Adieu Trilby. Sous les lambris dorésTu n’entends plus si mon âme t’appelleUne autre femme à ses pieds adorésTe tient captif. On dit qu’elle est si belle !Adieu Trilby, ma voix s’endortDe mon âme, ton nom peut à peine descendreMais ce nom que j’aimais si fortQui le tracera sur ma cendre ! »
Lettre autographe signée
JAURÈS JeanLettre autographe signée, adressée à Marguerite Moreno. Sans date [28 septembre] ; 2 pages in-8°. En-tête du Grand-Hôtel de Buenos Aires, enveloppe jointe avec adresse autographe.« Je ne puis vous dire combien je suis touché de votre aimable souvenir. Je pars le 6 et je suis littéralement pris tous les soirs par les conférences qu’il faut accumuler ou par un voyage à l’intérieur ou par des réunions dans les groupes socialistes. Mais je viendrai vous présenter mes hommages et ce sera une grande joie pour moi de vous rencontrer. Serez-vous chez vous demain à 2 heures ? »
Lettre illustrée de dessins dont un signé.
PIGNON ÉdouardLettre illustrée de dessins dont un signé.Très belle lettre de son épouse, Hélène Parmelin, illustrée de dessins dÉdouard Pignon, dont un signé, adressée à lun de leurs amis [Gildo Caputo de la galerie René Drouin (place Vendôme)]. Sanary, 10 octobre ; 4 pages in-4°.« Cher Gildo, nous sommes des affreux. Mais tu connais les difficultés de lécriture dans la douceur (de la pluie) du midi et sous le ciel (noir) de la Provence. En réalité nous ne te savions pas à Venise, et nous pensions te voir à notre passage à Paris. Jespère que tu es sage et que tu attends les nuits vénitiennes de lannée prochaine pour savoir si Casanova a dit vrai. Édouard est en train de lire le deuxième volume, et ose me le raconter : ce qui le rend infiniment plus inacontable... Et tout cas donc, sois sage, dis-nous si et quand tu te feras opérer pour que les petits coqs accompagnent ta convalescence. Nous avons passé à Paris chez ... une charmante soirée, où mes pieds nont pas voulu danser le charleston... Paris était beau, nous étions les cousins de province, nous avions mal aux pieds, nous avons vu des westerns et Les Séquestrés (que jaime); nous avons fait la famille Fenouillard au Louvre avec tous les enfants; nous avons vu le kinopanorama et mangé des oursins aux Halles à trois heures du matin avec des ambassadeurs (ça fait très Musset) et des bouchers (ça fait très Peyrefitte); nous avons enroulé autour de nos fourchettes, et toute la Biennale de Paris, dont Édouard était membre (mais ce nétait pas suffisant), du jury; nous avons (mais cest Édouard mais la peintresse dit nous voulons) entendu Malraux, parler dart et de liberté sur le Parthénon du Musée dArt Moderne, dont la Minerve était Cogniat. Nous avons vu Marilyn (ou peut-être est-ce le contraire quant à ly...) avec délices, le faubourg Saint Honoré avec ivresse, les liaisons dangereuses sans danger et [ ] trente six mille magots en un seul soir aux Deux Magots. On était ravis, morts, et le Moulin a du bon (à condition que le reste existe). On mène une vie dermites. Picasso de temps en temps, mais on manque de se casser la gueule dans lEstérel parce quil pleut à torrents. Mon livre sort vers le 25. Édouard, comme à lordinaire : des coqs, des plages, des maisons des toiles vertes et des pas mûres, des aquarelles, des dessins, des colères, des western au cinéma de Sanary, et une énorme gloire locale dans les journaux [ ]. On saime bien, on est meuniers, on monte des toiles et tout va bien ».
Pièce signée
GAINSBOURG SergePièce signée. Paris 30 novembre 1984 ; 1/2 page in-4°. Autorisation manuscrite signée par le chanteur pour diffuser « Love on the beat ». Love on the beat est le seizième album studio de Serge Gainsbourg sorti en 1984, chez Philips. Gainsbourg s'y donne une liberté totale sur le choix de ses thèmes et la crudité de ses paroles. Si l'album choque il ne subira aucune censure. Gainsbourg le chante en live au Casino de Paris en 1985.
Épreuves corrigées et bon à tirer
LA VARENDE Jean Mallard, vicomte deÉpreuves corrigées et bon à tirer de la préface qu’il avait rédigée dans l’ouvrage d’Alfred Chaudeurge Au Cri de la Chouette. 1er juin 1959 ; 4 pages in-8°. Une note de l’éditeur, imprimée à la fin de ce texte stipule : « N.D.L.E. — Cette préface est l’un des derniers textes de Jean de La Varende. Il nous en donna le bon à tirer le 1er juin 1959, une semaine avant sa mort. ». Document très rare.
lettre autographe signée
DROUET JulietteLettre autographe signée adressée à Victor Hugo ; 15 avril [1876] samedi soir 6h. ½ ; 4 pages in-8°. « Tu t'en vas, mon bien-aimé, et tu emportes avec toi toute ma force, toute ma joie, tout mon courage et tout mon bonheur. Je me retrouve seule avec mon rhumatisme, avec mon ennui, avec mon mal de tête et avec le reste… Je ne suis plus qu'une vieille Juju souffreteuse et prenant son papier à l'envers. Tout à l’heure j’étais une femme heureuse, faisant de la politique et de l'amour à perte de vue. Autre quart d'heure, autre passe-temps, mais j'aimais mieux celui de tout à l'heure, quoique le plaisir de vous gribouiller mes jérémiades, ne me soit pas indifférent au contraire. Je consens et je trouve très sage le projet que tu as sur ta famille, mais je ne m'y associe pas autrement. Je veux être partout où tu seras. C'est un de mes droits et la force même des baïonnettes ne m'en ferait pas sortir. Puisque le bon Dieu ne m'a pas laissé d'autre devoir et d'autre affection dans ce monde que de t'aimer et de mourir avec toi, c'est bien le moins que je profite de mon indépendance en faveur de mon amour. D'ailleurs c'est comme cela et toute la république de l'univers n'y pourrait rien. Où tu seras je serai. Où tu es je suis, ou du moins aussi près que le permettent les convenances. Taisez-vous et vive la République. Juliette ».
16 pièces
MARTIN DU GARD RogerEnsemble de 16 pièces, dont 13 lettres autographes signées, concernant la pièce « Un Taciturne ». Adressées [très certainement, sauf mention différente] à Bianchini, agent général de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques. La plupart expédiées de Bellême (Orne, avec en-tête), 27 juillet 1922 - 4 août 1938 ; 2 pièces in-4°, 1 pièce in-8°, 13 pièces in-12. — 27 juillet 1922. Carte-lettre, adressée à Marcel Ballot, de la Société des Auteurs. Adresse et timbre au verso. « Votre mot sur le Testament du Père Leleu me rejoint ici. J’écris immédiatement à Copeau. Je ne crois pas qu’il joue ma pièce cet été ».— 4 septembre 1928. « [...] j’ai, par lettre, autorisé M. Poppe, le traducteur allemand de ma farce « Le Testament du Père Leleu » à considérer que le contrat qui nous lie est [...] prolongé [...]. Je vous ai envoyé mes deux derniers Thibault, et ma farce nouvelle : La Gonfle ». — 16 novembre 1931. Il informe son correspondant de sa réponse à un pneumatique de Feist [Hans Feist, traducteur en allemand d’oeuvres dramatiques françaises], qui proposait de traiter directement avec lui, sans passer par M. Bianchini, ce qu’il a refusé. En surcharge au crayon, mention « Un Taciturne » : cette oeuvre est parue en 1931. - 28 novembre 1931. Donne son accord « pour demander à Jouvet ce qu’il pense de la tournée aux environs de Paris ». Puis, au sujet des traductions en langue anglaise : « [...] j’ai promis à madame Bussy, qui est la traductrice très remarquable de toute l’oeuvre de Gide en anglais, de lui confier la traduction du Taciturne [...]. D’ailleurs M. Tolnay a une façon de parler d’ « adaptation » qui me fait froid dans le dos. C’est un des rares points sur lesquels j’ai une idée tenace : pas d’adaptation ; traduction intégrale [...] ».— [Janvier ?] 1931. Transmet une lettre dactylographiée de l’agence de production américaine Elisabeth Marbury, du 16 décembre, à propos des droits de la pièce « Le Taciturne », « avec mes vœux tardifs ». — 20 janvier 1932. Contrat avec M. Karsenty [directeur des Galas Karsenty, organisateurs de tournées de théâtre francophone], pour « Un Taciturne » ; 21 janvier : lettre en accusant réception. – 10 et 30 septembre : 2 lettres sur les difficultés avec Karsenty, désaccord sur le choix des interprètes, mais il serait peu judicieux de résilier le contrat : « Si Karsenty se dégageait, que ferions-nous ? Etant donné le peu de démarches dont cette pièce a été l’objet depuis huit mois, je suppose qu’elle resterait pour compte. Mieux vaut encore risquer l’interprétation Karsenty ! »— 13 février 1932 : autre lettre concernant Feist : « [...] Je me fais quelque scrupule de ne pas avoir agit plus carrément avec lui ; et j’aimerais savoir que tout est réglé entre vous et lui ».— Cassis, 17 juillet 1933. Sur un conflit avec la maison d’édition allemande Kiepenheuer.— Nice, 3 juin 1934. « [...] c’est au sujet d’ « Un Taciturne », que je déplore de ne pas voir inscrit aux projets des diverses tournées qu’on prépare pour cet été ».— 14 novembre 1934 ; 11 janvier 1935 ; 4 octobre 1937, 3 août 1938 : Accords pour faire jouer la pièce en Grèce, en Espagne et Portugal, à Amsterdam, et à Varsovie.
6 lettres signées
ESNAULT-PELTERIE Robert6 lettres signées, avec ajouts autographes, adressées au journaliste René Brest. 1947-1949 ; in-8° ou in-4°, sur son papier à lettre. Intéressante correspondance concernant des artciles sur les vols spatiaux dont il a été un initiateur. 20 octobre 1947 : « Jattends donc la visite de lIngénieur de la D.I.E.U.S.A.I.T.Q.U.O.I. ; vous serez seulement aimable de mannoncer cette visite quelques jours à lavance ». 30 novembre 1948 : « Recevant à linstant les brochures De la bombe Atomique à lAstronautique, je vous les transmets sans délai ». 17 janvier 1949. Il raconte un accident qui lui est survenu en Italie où il se trouvait pour les fêtes, donne des corrections à un article : « Il en mest pas possible dapprendre ce quest un logarithme à ceux qui lignorent et je ne puis modifier ma phrase que par : La vitesse impartie à la fusée est proportionnelle à la vitesse déjection des gaz et au rapport (ou quotient) de la masse initiale par la masse à linstant considéré. Ce quon abrège habituellement par lusage du mot masse actuelle. [ ] Les pp. 191 à 196 vous donneront les températures prises par le véhicule dans le vide interplanétaire et du même coup les températures des surfaces des planètes qui sont entièrement déterminées par le rayonnement solaire, laction du feu intérieur étant négligeable ». Il est question ensuite de vitesses dans lespace et cette réflexion : « En somme, jai fait dans mes Astronautiques toute la théorie des V.III ; javais également établi celle des V.II avec la collaboration de Monsieur Pierre Montagne, mais ne lai jamais même présenté au Ministère de lAir qui écartait systématiquement tout ce qui venait de moi. En 1930 je voulus expérimenter avec du tétranitrométhane dont 1/4 gramme me partit entre les doigts de la main gauche ; il sagissait de V.III ». 2 mars 1949 : Il contrôle la rédaction dun article rédigé par René Brest, et apporte les corrections, page par page. 8 mars 1949. Sur la rédaction dun article : « Je ne possède aucune photo ; la partie intéressante de mes essais avait lieu sous secret militaire dont je suis très respectueux et je nen ai jamais prises. Aujourdhui, je le regrette un peu. Je répète également que je ne saurais vous donner de figures sous peine de tomber dans la fantaisie, puisque nous ignorons encore tout ce que sera le mécanisme de réalisation. Enfin, je vous ai donné mon Bt de pilote : n°4 pour mes vols de 1907 ». 4 août 1949 : « La direction a eu tord de vouloir absolument prendre lavis dexperts atomisticiens qui sont obstinés à parler de mettre une pile dans lastronef en déclarant que le poids de celle-ci est prohibitif, ce qui est évident. Dans ma petite brochure, jindiquais quon utiliserait lUranium 235 ou le Plutonium (sortant évidemment dune pile terrestre et, elle sédentaire). Ce nest pas la même chose et, sans pouvoir envisager dès maintenant le détail du dispositif, ni les possibilités de tréfilage des susdits métaux, je puis vous assurer quon réalisera lastronef périlunaire sans mettre de pile à bord et par le procédé auquel je fais allusion dans ma brochure p.9 ». 13 septembre 1949. Il le remercie pour le soin apporté à une rédaction et lui envoie son chèque.
3 poèmes autographes
SAINT-POL-ROUX Paul-Pierre Roux, dit3 poèmes autographes, dont 2 signés, 1887-1890 ; 4 pages petit in-4° et 1 page in-folio.— La Souffrance, sonnet irrégulier, est en deux versions : la première, datée 17 juin 1887, avec ratures et corrections, est biffée ; au verso, une « dernière copie », également raturée et corrigée, terminée le 23 juin 1887, avec deux titres en variante : La Douleur et Dolor : « Marâtre originelle aux prunelles d’absinthe, Hôtelière des gueux et des amants trahis »… — Marine, qui se compose de cinq quatrains, est daté « Falaise de Saint-Henry – Marseille 27 juin 1887 », et signé « Paul Roux » ; il est dédié au poète, dramaturge et historien de Marseille, Elzéar Rougier. Il présente quelques ratures, corrections et variantes alternatives : « Un taureau de fer meugle au large, Sur le triomphe des bluets ».— Épithalame, sonnet irrégulier, est daté du 23 septembre 1890, et signé « Saintpolroux » ; dédié à son ami Alexandre Kieffer, le manuscrit est soigneusement mis au net : « Voici la vierge aux seins émus comme la vague Et le jeune homme à la prunelle de rubis. Aux doigts rit le serment copieux de la bague. Or c’est un loup dompté charmant une brebis ».
Lettre autographe signée
BIZET Georges [Paris, 1838 - Bougival, 1875]Lettre autographe signée probablement adressée à mlle Pauline Viardot compositrace. SD, 1 page in-8°, petit manque de papier dans le coin inférieur droit. Bizet remercie sa correspondante de lui avoir envoyer une partition. « J’ai reçu votre charmante partition et vos deux excellents ouvrages. Je les ai lus avec le plus vif intérets et j’espère vous aller dire prochainement tout le bien que j’en pense. Je viens vous rappeler aussi la promesse que vous me faites.... Je vous parle de votre opéra de Baden. Voici mes p^cheeurs de perles. Je voudrais avoir quelque choses de meilleur à vous offrir. Mais vous serez indulgente, j’en suis sûr, comme le sont tous les artistes d’un vrai talent. Encore une fois merci, Madame, et croyez moi, je vous prie votre sincère admirateur et votre mille fois bien dévoué. » Bizet reçu la promesse que ces oeuvres seraient jouées au festival de Baden-Baden.
Lettre autographe signée
BRETON AndréLettre autographe signée, adressée à Philippe Soupault. Paris, 26 février 1954 ; 1 page in-4°. En-tête imprimé en couleur de « Qui est Medium ». Il le remercie pour le journal japonais. « Ne vous souciez plus trop du chinois : un ami a réussi à se procurer deux quotidiens de Pékin dont je veux espérer quils ne sont pas trop anciens (ce nest évidemment pas moi qui peux le déterminer). » Il lui envoie la lettre quil lui a lue au téléphone et le prie de la lui retourner.
Lettre autographe signée
MARCHAND Louis-Joseph-NarcisseLettre autographe signée. 20 juin 1841 ; 4 pages in-8°. « Je regrette bien vivement de n’avoir pas sous les yeux, la brochure intitulée Sentiments de Napoléon sur la divinité de Jésus-Christ dont vous me parlez dans votre lettre du 17 juin que je viens de recevoir. Monsieur de Beauterne, m’a souvent écrit pour être éclairé le plus complètement possible sur ce qui s’est passé de religieux autour du lit de mort de l’Empereur, dans le moment seulement où l’âme se détendant de son enveloppe terrestre, la quitte pour l’éternité. J’ai toujours répondu à Monsieur de Beauterne que je ne doutais pas que l’Empereur ait reçu les sacremeents de l’extrême-onction mais que cet acte religieux s’était passé entre lui et l’abbé Vignaly [...]. Quant aux conversations religieuses, l’Empereur avec Monsieur le Grand Maréchal que je n’en avais jamais été témoin et que jamais l’Empereur ne m’avait entretenu des sentiments religieux ou irréligieux du Comte Bertrand. »
Lettre signée, adressée à André Castel
DUBUFFET JeanLettre signée, adressée à André Castel. Paris, samedi 24 juillet ; 1 page in-8°. « Cher ami, Ne me parler pas de logique pour un type type qui aboutit à des conclusions fausses. Pas besoin de sortir de Polytechnique pour voir du premier coup d'oeil que ses conclusions sont archi fausses. Donc c'est de la logique à la mords moi le doigt. Il y a une paille dans cette logique là. Il y a même des pailles dans chaque ligne. C'est ce qui me frappe du reste dans tous ces logiciens là c'est leur manque de sens de la logique, leur logique vicieuse. On dirait que c'est principalement les gens qui n'ont pas le sens de la logique qui s'entichent de ce qu'ils croient être de la logique et s'y adonnent avec entrain. D'ailleurs le procès est déjà jugé à la base : ça n'est pas logique, ça n'est pas d'un esprit logique de faire de la logique, d'aimer la logique, de perdre son temps à la logique. Vous êtes sûrement de mon avis. Vous savez je suis le plus confus du monde d'avoir été si négligent pour cette commission dont vous m'aviez chargé et dont vous me dites que vous avez maintenant chargé à ma place Jean Paulhan ; je vous demande grandement pardon ; je vous promets d'être plus diligent pour toutes autres commissions dont vous voudrez bien me faire l'amitié de me charger ; je vous en prie donnez moi dès à présent quelque autre commission pour que je réhabilite. J'apprend toujours l'arabe. C'est Picasso qui assomme le monde avec ses toros il n'arrête pas de peindre des toros sur des toiles sur des pots, sur des assiettes, et à chaque toro qu'il peint les abbé Morel et les Eluard et les Zervos qui font une tournée de conférences pour expliquer ; à la fin ça fait du tort aux toros tout ce baratin là. »
Ensemble de lettres autographes signées
JACQUE Charles ÉmileEnsemble de 5 lettres autographes signées, adressées à M. Pérard. Mars 1870-octobre 1871 ; 10 pages in-12 (1 lettre trouée). Lettres concernant un procès de divorce : « Nous ne comprenons pas grand chose au grimoire des lois et presqu’encore moins aux appréciations », dit-il dans une lettre du 13 mars 1870. Il se plaint dans une autre lettre de ce « qu’aucune démarche n’a encore été faite auprès de mon adversaire et que je commence à en souffrir, avec assez d’impatience, des taquineries que lui suggère une situation devenue pour elle insupportable. […] J’ai appris qu’elle venait d’affecter avec grand’peine un emprunt de 50 f, somme pour laquelle sa mère a dû répondre. Voyez donc de quel effet magique serait ce billet [de 500 f] et la jouissance immédiate de la pension mensuelle ! » Il demande (5 juillet 1870) qu’on lui désigne un avocat « de mérite et estimé à la cour », il demande aussi que lui soient communiquées « les conclusions prises par mes adversaires ». Il charge aussi sa fille de vendre ses biens : « Ma fille se charge de faire signer sa mère d’après la récente visite qu’elle lui a faite. » Le Croisic, 26 octobre 1871 : « Je n’attendais pas une si prompte solution [Au sujet des billets de 500 F] […]. Je vous retourne l’acte et y joins l’effet et les billets chacun de 500 f. » Intéressante correspondance de ce grand peintre de l’école de Barbizon.
Lettre autographe signée
MARQUET AlbertLettre autographe signée, adressée à Élie Faure. Marseille, 20 mai 1919 ; 1 page in-4° sur papier à en-tête « Grand Café Restaurant Bristol Univers » à Marseille, enveloppe timbrée jointe. « Me voici enfin arrivé à Marseille, il y a trois mois que j'ai commencé mes préparatifs pour ce voyage, la route a été plutôt longue. Ma santé continue à s'améliorer mais toujours mais toujours bien lentement, enfin je crois avoir assez de force pour bientôt commencer à me remettre à la peinture [il avait été frappé par la grippe espagnole]. Je suis actuellement à [l’hôtel] “La Réserve” (promenade de la Corniche), il y a de ma chambre une vue magnifique ; si le courage peut arriver, le travail ne manquera pas. J’ai vu à Nice le docteur Sardou qui a été extrêmement gentil pour moi, il m’a examiné longuement et soigneusement, m’a trouvé quelques petites infirmités intestinales et engagé à prendre beaucoup de précautions. Je continue donc un régime bien sage malgré une violente envie de bouillabaisse et d’aïoli. Avant de quitter Nice j’ai vu Renoir plein d'ardeur et dans une bien meilleure santé que l’année dernière, ce qu’il fait est de plus en plus beau ». C'est en compagnie d’Henri Matisse et de Pierre Bonnard qu’Albert Marquet venait de rendre visite à Auguste Renoir le 27 avril 1919. Marquet admirait profondément Renoir, et possédait de lui un Paysage de Cagnes, peint en 1915.














