Réf : 33305 HISTOIRE

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[AS DE L’AVIATION - GUERRE 14-18] — BOURHIS Jean [Bannalec, 1888 - Chaumont-sur-Aire, 1916], pionnier de la voltige aérienne, du parachutisme et de l’aviation de chasse, mort au combat en 1916. Passe son brevet de pilote civil le 24 avril 1913 . En 1913, construit son propre avion sur lequel il passe son brevet. Expérimente après Péogoud le parachute de Frédéric Bonnet le 21 janvier 1914. Est mortellement blessé en combat aérien le 14 mars 1916.

Lettre autographe signée

Il mourut des suites d’un combat aérien livré le 14 mars 1916 près de Verdun ; atteint d’une balle au bassin, il trouva l’énergie de regagner son point d’atterrissage et mourut huit jours plus tard. Parti comme simple soldat, il termina sous-lieutenant et chevalier de la Légion d’honneur. Il est crédité de 3 victoires homologuées. Lettre autographe signée, adressée au journaliste Jacques Mortane. Toul, 17 février 1916 [moins d’un mois avant sa mort], à Jacques Mortane ; 7 pages in-8° (dernière page défr.). Extraordinaire lettre dans laquelle il raconte ses vols les plus mémorables pour le journal La Guerre aérienne. Le premier est anodin : la chaufferette de bord de son passager ayant enflammé la doublure de sa veste de cuir, les deux occupants du B1 avaient d’abord cru à un incendie de l’appareil. La découverte de la réalité mit Bourhis de bonne humeur. « Je le fus moins le jour où mon moteur me plaquant en Bochie (au-delà de Lens) je dus m’entraîner au vol plané le plus long… et user de douceur avec mon appareil pour l’amener sans accrocs au-delà des lignes boches. Jamais je n’ai tant regretté le ronflement du moteur qu’on trouve parfois assommant… mais qui couvre si bien le sifflement des balles et rend l’éclatement des obus plus sourd. […] Jusqu’au 10 octobre 1915 rien de bien saillant. Ce jour 10 octobre, j’eus la satisfaction de « descendre » un Boche et cette fois en territoire français. Je ne vous parlerai pas beaucoup du combat qui ne fut guère émotionnant. Je tirai dans de bonnes conditions et dans un temps très court une quarantaine de cartouches et ce fut fini : mon adversaire descendit à pic de 3000 m. Mais la partie émotionnante fut mon atterrissage : j’ai atterri « par bonds successifs » m’ont dit les camarades… et aussitôt hissé sur des épaules robustes j’ai fait dans cette position un certain parcours qui m’a permis de me rendre compte de ce que peut être un voyage à dos c’est-à-dire à bord du vaisseau du désert. » Bourhis a gardé pour la fin son plus beau vol, « le seul vol émouvant, angoissant même ». C’était au mois d’août 1915, en plein midi, par une forte chaleur. Il volait depuis plusieurs heures, son appareil traînant un grappin. « Tout à coup un point noir paraît à l’horizon. Il grandit rapidement et se dirige sur moi. C’est un énorme avion noir barré de croix blanches : un boche ! Attention, nous allons nous rencontrer ! D’un effort violent je lance mon appareil dans un bond vertigineux, au dessus de la sombre machine ! Un choc — Le grappin l’accroche ! Je tire le câble : il tient. Je respire enfin ! mais je suis brisé par l’effort. Au bout du câble, accroché solidement au grappin, l’avion boche vaincu se balance tel un jouet… Je suis joyeux et je ris… je ris… Pendant quelques minutes tout va bien. Puis le moteur faiblit, le vol devient pénible. […] Je ne suis plus qu’à 4350 m et brusquement mon moteur s’arrête : c’est la descente folle, vertigineuse. La sueur à grosses gouttes coule de mon menton. […] La chute s’accentue, une aile casse… tout est noir… je tombe comme une pierre… »