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RéserverFOUCAULD Charles-Eugène vicomte de, (dit le père de Foucauld) [Strasbourg, 1858 - assassiné à Tamanrasset, 1916], soldat, géographe, trappiste, linguiste, explorateur, ermite et prêtre français.
lettre autographe signée
Lettre autographe signée « fr. Ch. de Foucauld ». Tamanraset, 16 avril 1912, à un commandant ; 7 pages petit in-4 à l'encre violette.
Intéressante lettre sur le Sahara et sur la situation internationale.
Il espère voir le commandant cet été à Tamanrasset, et parle de son dictionnaire touareg-français : « le dictionnaire ne sera, je le crains, pas fini avant le mois d'août & je resterai ici jusqu'à son achèvement ». Il se réjouit de l'amélioration de l'état de santé de son ami le colonel Laperinne « Le courrier d’hier m’a apporté une autre grande joie, celle de la guérison du colonel Laperrine [...] il espère reprendre son service au commencement d’avril » , et parle de divers officiers, en poste ou en mission dans l'Ahaggar et l'Ajjer « Je n’ai pas de nouvelles direct du Cne Nieger. D’après les dire d’indigènes qui ont rencontré la mission, je me figure qu’elle arrivera à Silet entre le 20 & 25. En attendant le plaisir de faire la connaissance du Ct Gardel.
Puis il évoque le projet de chemin de fer Transsaharien : « Le chemin de fer transformera tellement les choses sous le rapport commercial, & sous bien d'autres, & il rendra si nécessairement, par la force des choses, son propre tracé la ligne commerciale principale, la seule grande ligne, suivie par les caravanes les plus importantes, qu'à mes yeux, il n'y a plus d'utilité à chercher à faire prendre telle ou telle route par la caravane. Toutes les lettres que je reçois de France sentent la poudre à un degré tel que je me figure que ce chemin de fer se fera très vite : la rapidité de construction est une question de volonté; car la facilité du travail est telle, entre Colomb Bechar & Agadez que, si l'on veut, cela peut aller très vite; l'existence de ce chemin de fer serait d'une telle importance, en cas de guerre européenne, non seulement pour la défense de notre empire africain, mais pour la possibilité de porter le maximum de forces sur le Rhin, que j'imagine qu'on travaillera vite ». Il explique que la rumeur disant qu’il allait dans le nord n’est pas fondé, il n’y a pas pensé un instant. Il donne des nouvelles de l’ambiance du pays « le pays est dans son calme habituel. La récolte continue à s'annoncer belle. Mais, hélas, il ne tombe pas une goutte de pluie ».
Il le remercie du croquis et des lettres sur « l’emplacement des détachements soudanais du territoire et du Tchad. »
Il a reçu une lettre du capitaine Berriau, commandant à Beni-Abbès, laissant « entendre qu'en prévision d'événements graves sur le Rhin on reste dans l'expectative sur les confins marocains ».
En haut de chaque page, il a dessiné un coeur surmonté de la croix avec le nom de « Jésus ».

