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Arts & Autographes

Réf : 40289 LITTERATURE

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AUTANT-LARA Claude [Luzarches, 1903 - Antibes, 2000], réalisateur français.

lettre autographe signée

Lettre autographe signée adressée à Jean Chazal, La Poterie, 8 juillet 1979 ; 2 pages in-4° à son adresse imprimée à Biot, dans les Alpes-Maritimes.

Longue et virulente lettre à propos de l’abandon forcé de son adaptation La Chartreuse de Parme pour la télévision. Il remercie son ami pour son soutien : « peu de vos confrères ─ instruits comme vous ─ ont répondu à l'appel… Par contre, des sénateurs comme le docteur Miroudot, Jean Cluzel, ont réagi tout à fait comme vous ─ surtout devant la mollesse, effarante, du ministre (qui cherche toujours ‘une solution’ !). Et de P. Viot [Pierre Viot, alors directeur du CNC] qui, sa lanterne à la main, cherche, lui aussi ─ sans rire ─ quelqu'un à qui parler... !! Tout cela est plaisanterie : la forteresse télévision fait ce qui lui plaît, un point c'est tout. Et les caïds au Palais-Gruyère commandent tout, même les saloperies. Et c’en est une de taille, je ne vous ai pas dit le pire. Agir comme ils ont agi, croyez-moi, c'est ignoble ».
Même s’il est persuadé de perdre son procès, comme la Société des Auteurs qui a déjà perdu dix procès pour défendre les auteurs, il ira justice. « Je fais le onzième parce que je le répète, comme Alceste, je veux le perdre. Pour que cette télévision-là et la justice de ce pays se déshonorent. J'y tiens. Cela me coûtera plus que ce que la T.V. m’a donné pour mes deux ans de travail, mais je le fais ce procès pour les autres. Par solidarité. Il y aura bien un jour où, soudain, on aura honte de ce fonctionnement abusif, intolérable ─ malhonnête, de faire travailler des gens pour rien. […] A part cela, ma ─ si j’ose dire ─ ma ‘Chartreuse’, cela aurait été une émission MERVEILLEUSE ! Si la presse m'aidait un peu ─ comme vous avez eu le courage de le faire ─ on pourrait arriver à forcer un compromis, à la longue. C'est criminel de fourguer cela à un Comencini ─ pas chaud par ailleurs, il me l'a dit, pour la faire... ».
Cette adaptation, en épisodes, de la Chartreuse de Parme ne fut jamais réalisée et le cinéaste effectivement perdit le procès qu’il intenta aux producteurs. En 1981, il fit paraître Télé-Mafia pour régler ses comptes avec les décideurs de toutes sortes, rendant cependant hommage au cinéaste italien Luigi Comencini qui s’était retiré volontairement du projet, projet qui sera finalement confié à Mauro Bolognini avec une production européenne.