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Arts & Autographes

Réf : 40305 LITTERATURE

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FORT Paul [Reims, 1872 - Argenlieu, 1960], poète français.

Manuscrit autographe signé

Manuscrit autographe signé, Discours de Paul Fort, [février 1911] ; 6 pages in-8°, sur papier pelure.

Discours prononcé lors du banquet donné le 11 février 1911, au restaurant Le Globe, en l’honneur de l’auteur des Ballades françaises, fondateur du Théâtre d’art et de la revue Vers et prose. Paul Fort débute son discours en se disant conscient que cette manifestation de sympathie s’adresse non pas à un grand écrivain mais à « l'homme convaincu qui, depuis plus de 20 ans, s'efforce de faire avancer par ‘le chemin montant, sablonneux, malaisé’, le coche de la renaissance lyrique, et qui, tantôt tirant dans les harnais, tantôt poussant à la roue, n'a pas eu d'autre ambition que d'aider un tout petit peu le noble véhicule à parvenir jusqu'au sommet qu’illumine le soleil, et où le coche victorieux sera reconnu par tous les habitants de la plaine pour le char même de la gloire ». Puis il rend hommage aux très nombreux hommes de valeur qui l’entourent, présents ou absents, citant presque exhaustivement tous les poètes, écrivains, dramaturges, directeurs de revues, journalistes, musiciens et artistes de l’époque : d’Alfred Vallette à Guillaume Apollinaire, « un jeune maître, déjà », d’André Gide hanté par un idéal parfait à Pierre Louÿs son parrain littéraire, de Francis Vielé-Griffin, son maître au génial Maeterlinck, de Paul Claudel, « le plus puissant dramaturge de ce temps » à son grand ami Francis Jammes, « rénovateur de la sensibilité poétique », d’André Suarès, « l’un des plus profonds maîtres de la pensée contemporaine » à Rachilde dont il vante non seulement l’œuvre magnifique mais également sa conversation pétillante et son esprit le plus vif qui soit. « Il est naturel qu'ayant sous les yeux de tels exemples, les nouveaux arrivants soient pleins du feu sacré, que les générations se transmettent les unes aux autres, feu que ces excellents ou bons poètes, je les connais, ne laisseront pas s'éteindre. Et je n'ai parlé que des littérateurs, mais tous les arts se touchent ». Il conclut son discours avec l’évocation de son illustre ami Jean Moréas [mort en mars 1910], redisant le sentiment de modestie qui l’habite. « Laissez-moi, Mesdames et Messieurs, vous proposer de lever nos verres à l'éternelle jeunesse des poètes et des artistes, et à Henri de Régnier qui ─ place aux jeunes ! ─ vient justement aujourd'hui d'être élu membre de l'Académie française. Vive la poésie ! ».
Dans la marge, des instructions au crayon ou à l’encre, destinée à la composition du texte [paru dans le numéro XXIV de Vers et Prose en mars 1911].