Nos plus beaux documents autographes
4423 autographes de prestige trouvés
Lettre autographe signée
MAILLOL AristideLettres autographes signées adressées à l’éditeur Hellen. 1 page in-4°. « Ci-joint 2 lithos que vous voudrez bien faire tirer le plus vite possible pour que je puisse me baser dessus pour continuer les autres ainsi que celle que vous avez emportée l’autre jour. Dépêchez vous le temps passe. J’ai fait plusieurs dessins pour le Verlaine. Il me faudrait encore des épreuves du texte pour la dimension des bois et des dessins car si je fais des dessins trop grands ou trop petits c’est encore à recommencer. »
Lettre autographe signée
MARCHAND Louis-Joseph-Narcisse, comteLettre autographe signée, adressée aux comte Napoléon, Henry, Arthur et Alphonse Bertrand, fils du Grand Maréchal. Paris, 15 décembre 1844 ; 4 pages in-8°. Intéressante et longue lettre contre les calomnies lancées contre le Grand Maréchal. « Je viens de lire avec le plus vif intérêt quelques une des notes laissées par Monsieur le Grand Maréchal contre les calomnies entassées sur lui et sur Madame la Comtesse Bertrand, votre mère dans deux ou trois ouvrages. Informé de la publication que vous vous proposez d'en faire, je vous prie d'y ajouter, que je n'ai jamais eu connaissance, bien qu'on me le fasse dire, d'aucune discussion religieuse, entre l'Empereur et son Grand Maréchal. Qu'on le sache bien ; c'est qu'à Ste Hélène, la volonté de l'Empereur était aussi ferme et aussi entière que lorsqu'il était sur le trône et que les sentiments de Monsieur le Comte Bertrand pour lui sont restés jusqu'au dernier moment trop respectueux, trop dévoués, et son admiration un culte trop élevé pour se permettre les inconvenances qu'on lui prête, qui, si elles eussent existées seraient inqualifiables, et n'eussent point été souffertes. Ainsi que l'expose avec beaucoup de clareté Monsieur le Grand Maréchal, les auteurs de ces ouvrages ont été mal renseignés dans ce qu'ils racontent de son projet de départ de Ste Hélène avec sa famille. Voici, à cette occasion ce que l'Empereur étant au bain, me fit l'honneur de me dire : c'est moi qui engage Bertrand à accompagner sa femme en Europe, pour mettre ordre à ses affaires, qui, s'il n'y allait pas pourraient bien en souffrir. Ils n'ont pas été mieux renseignés, lorsqu'ils disent, que l'Empereur ne voulut plus voir Madame la Comtesse Bertrand, parce que son salon, était devenu le rendez-vous des officiers anglais. Vous pouvez répondre, Messieurs, qu'à l'époque ou les officiers anglais entraient dans Longwood, Madame la Comtesse Bertrand les recevait et venait voir l'Empereur, qui, ne lui en faisant point de reproches, c'était plutôt l'occasion pour sa Majesté d'avoir des nouvelles dont l'entretenait le Grand Maréchal. Lorsque plus tard, ces mêmes officiers de durent plus entrer dans l'enceinte, l'interdit fut pour Madame la Comtesse Bertrand, comme pour toute la colonie, et comme toute la colonie, elle s'y conforma. Je demanderai à ces auteurs qui déversent avec tant de malignité, leu venin sur Madame la Comtesse Bertrand, et qui paraissent si bien instruits de ce qui se passe à Ste Hélène, comment il se fait qu'à l'époque citée par eux, l'Empereur me demanda une tabatière ornée de son portrait enrichie de diamants, et que la prenant, du plateau de vermeil sur lequel j'avais l'honneur de la lui présenter, il dit à Madame la Comtesse Bertrand en la lui offrant, tenez Madame, je vous la donne dans de bien mauvais jours, elle vous témoignera de mon estime et de mon amitié. Ceci se passait au billard, un an avant la mort de l'Empereur, et la comtesse remerciait Sa Majesté avec une émotion qui laissait voir combien elle se trouvait honorée de cette distinction. St Denis attaché au service de l'Empereur, et qui à Ste Hélène était chargé de remettre au net les dictées faites par Sa Majesté, justifiera au besoin de ce que j'avance. Je n'entreprendrai pas ici une réfutation qui demanderait que ces ouvrages fussent pris feuille par feuille pour rétablir la vérité, presque partout altérée. L'un d'eux intitulé Mes souvenirs sur Napoléon par la veuve du Général Durand, est arrivé à Ste Hélène, il contient beaucoup de notes de la main de l'Empereur. L'auteur déplore aussi la fatale influence de Madame la Comtesse Bertrand dans la détermination prise par Sa Majesté de se confier aux Anglais, et l'on ajoute que Madame Bertrand qui est anglaise d'origine se jeta aux genoux de l'Empereur en le priant, en le pressant de se confier à l'honneur, à la loyauté et à la générosité des Anglais. Cet ouvrage m'appartient, et je déclare qu'en regard du passage que je viens de citer, j'y vois écrit par l'Empereur, faux. Je ne doute pas, Messieurs, que le général Comte de Montholon, qui partage à Ham une captivité supportée avec autant de courage que de résignation par le neveu de l'Empereur, ne fasse justice dans la prochaine publication sur Ste Hélène, de productions dont le but évident est de flétrir le noble caractère de l'homme du quel l'Empereur disait à Ste Hélène, Bertrand est un véritable homme d'honneur ».
Dessin automatique au feutre. Signé et daté 1984
SOUPAULT PhilippeDessin automatique au feutre. Signé et daté 1984. 22,5 x 16 cm.Ce dessin a été offert par P. Soupault à Ré Soupault, sa femme. Il vient de recevoir fac-similé du manuscrit des Champs magnétiques publié par les éditions Lachenal et Ritter. (Archives de Ré Soupault).
Lettre autographe signée
COSSIGNY David Charpentier deLettre autographe signée, adressée à ses parents à Gaillac. Mahé sur la côte de Malabar 24 février 1784 ; 7 pages in-4°.Très intéressante lettre sur l’Inde, par un colonel de l’Armée du marquis de Suffren, futur gouverneur de Pondichéry. Il attend une frégate qui le transportera à la côte de Coromandel, près le marquis de Bussy, général de l’armée de l’Inde. « Mon projet n’est pas de faire un bien long séjour à Pondichery, d’autant que je suis appellé à l’Isle de France ». Il résume ses aventures : « je suis parti de l’Isle de France le 7e xbre 1781. Débarqué à Pondichery le 10e mars 1782 après un combat de mer. Dans le cours de la campagne, j’ai été détaché de l’armée et suis enfin parti de cette côte Coromandel le 5e fr 1783. Par une suitte des oppérations militaires et politiques, j’ai succesivement traversé la presqu’isle, et me voici a la côte de Malabar. Oh croiés que c’est passablement mener une vie vagabonde. Au surplus, j’ai eû un magnifique commandement et ce qui le rend tel, c’est d’avoir partagé la gloire qu’un corps de sept cents hommes a acquise dans le cours de cette pénible campagne. […] J’ai eû quelques actions de vigueur, des avantages toujours réels et éclatans, j’ai rempli ma tache, j’ai réüssi militairement au dessus de toute espérance et à la grande satisfaction du Général ». Il a été nommé colonel de régiment ; il sait que le marquis de Bussy a demandé davantage, et espère être promu brigadier : « dans cette expédition, j’ai acquis plus de gloire que de fortune […] La paix est survenüe, et si elle a dérrangé mes oppérations, elle a encore plus contrarié cette derniere. J’ai été contraint d’abandonner l’armée du Nabab Tipou Sultan Baader, ce prince aigri par les circonstances de cette paix étoit très disposé à me retenir […], très heureusement, j’ai dégagé les troupes du Roy …»
Lettre autographe signée
LAPERRINE D’HAUTPOULLettre autographe signée, adressée à un ami. Fort Motyhuski 4 février 1919 ; 4 pages in-4°. Rare et intéressante lettre sur l'aménagement et l’établissement de voies de communication dans les desserts du Sud de l'Algerie. Il est dans le Hoggar, et n'a pu dépasser en auto les gorges de l'Arak au sud de Tagemont ; « mais je crois qu'en deux mois […] la route peut être remise en état jusqu'à Tamanrasset. Des maintenant nous allons pouvoir faire venir des avions au Hoggar ». Il a reconnu et trace de bons terrains d'atterrissage, de Tagemont à Tamanrasset, prévoyant des vols à étapes. Au sujet des véhicules de terre, il faut des camionnettes ou voitures correspondant comme moteur et capacité de poids utile à emporter 1500 à 2000 Kg. « Les Fiat 15 ter ont donné satisfaction elles passent à peu près partout et maintiennent une vitesse de 150 km par jour en moyenne Il ne voit pas l'utilité de tanks, qui sont beaucoup trop lents, se fatiguent et s'abîment rapidement dans le désert, à moins de consteller le Sahara de nouveaux postes écuries de tanks ». Il est très intéressé par la mise au point d'un Wind Moto par un ingénieur français : « Vous savez que l'utilisation du vent au Sahara est une de mes marottes , et il demande si cette invention est vraiment sérieuse : nous pourrions en envisager l'emploi soit pour la T.S.F., soit pour l'éclairage des postes du Sahara ». Il constate : « On n'a pas fait grand-chose au Sahara dans la période qui a précède la guerre en dehors de la mission Nieger. On a fait surtout beaucoup de bluff et de bêtises. […] On commence le Bordj de Tamanraset où l'on va installer un appareil T.S.F […] ce sera un vrai central saharien. […] Ne pensez-vous pas que lorsque les autos viendront au Hoggar et que la T.S.F de Tamanraset fonctionnera, il serait intéressant de revérifier un certain nombre de longitudes obtenues par occultation ou transport de temps ».
Pièce signée par Marcel Pagnol et Jean Giono pour les droits d’adaptation au cinéma d’une des oeuvres de Giono
PAGNOL MarcelContrat dactylographié signé par les deux écrivains. Paris, 8 novembre 1932 ; 4 pages in-4°. Pièce signée par Marcel Pagnol et Jean Giono pour les droits d’adaptation au cinéma d’une des oeuvres de Giono et un droit d’option sur les quatre autres : Colline, Regain, Un de Baumugnes, Jean le bleu, Le serpent d’étoiles.
Ensemble de 26 documents
INDE — BAHADUR Jagatjit Singh [1872 -1949], maharajah de Kapurthala.Ensemble de 26 documents. Intéressant et rare ensemble sur le dernier maharadjah de Kapurthala (Penjab).— 4 lettres signées du maharadjah de Kapurthala. 1934-1948, en français.— 12 lettres autographes signées du prince héritier, Karam, en français. 1945-1956.— Dewan Jarmani Dass et Mathra Das, secrétaires du maharadjah : 9 lettres autographes signées, en français.— Lettre autographe signée de Fernand Henri Labourdette.On joint divers documents dont une lettre autographe signée de Maurice Dekobra sur un voyage qu’il compte faire au Népal sous la protection du maharadjah de Kapurthala.Lot rare.
Lettre autographe signée
GIDELettre autographe signée, adressée à Élie Allegret. [Paris, 13 décembre 1888] ; 6 pages in-8°. « Vous devez penser de moi des choses affreuses ; que je vous ai pour le moins oublié. » Il s’excuse de ne pas lui avoir donner de nouvelles car il a été « terriblement occupé ces jours-ci […]. Les premiers jours, ne sachant pas ce qu’on avait à faire, je concluais que l’on n’avait rien à faire et je ne faisais rien : c’était logique mais faux. Les compositions sont arrivées. J’en ai été dispensé, mais pris d’un beau zèle, j’ai rejeté la dispense et j’ai voulu composer comme les autres. Il m’a fallu travailler beaucoup pour cela. Puis sont arrivés les devoirs […] Enfin, j’ai eu longtemps la tête sous l’eau et je commence à peine à reprendre haleine. Je ne vous cacherai pas que je m’ennuie terriblement au lycée. De 8 à 10, de 9 1/2 à 4 1/2 et le mercredi pour l’histoire de 8 à 11 1/2, nous ne quittons pas la plume des mains. […] Une chose fastidieuse aussi, c’est la morne torpeur des choses, des élèves. On parle des farces, des chahuts, des joies du lycée. Il faut bien que ceux qui en parlent n’aient jamais connu autre chose. […] Quant à vous venez me parler de “goûter les charmes du lycée” ! C’est à moi d’ébaucher (!) un sourire. […] J’ai terminé Jouffroy seulement, j’ai abandonné Cousin qui m’ennuyait et l’ai remplacé par le premier livre du Traité des sensations de Condillac que j’ai presque fini. J’ai lu depuis le Discours de Descartes, que je relis encore et le Traité de la connaissance de Dieu. »
Lettre autographe signée
MetternichLettre autographe signée adressée à un ambassadeur. Vienne, 14 décembre [1812] ; 2 pages in-4° sur un bifeuillet (papier bruni, pli central partiellement fendu avec petite déchirure, sans atteinte au texte). Quelques jours après la bataille de la Bérézina. Intéressante lettre concernant les positions des troupes françaises et celle de l’Empereur. Metternich envoie deux lettres à son correspondant : « Leur rapprochement avec les données que nous avons d'autres côtés n'est pas telle que je le désirerais. Je prie V.E. de confronter les données françaises & russes d'après le petit tableau ci inclus ; Elle se convaincra que le peu que nous savons de Wilna [Vilnius] ne contredit pas les nouvelles russes. Je ne parle que des positions respectives. Il y a encore dans la lettre de Monsieur le d. de B. du 29 novembre, deux circonstances qui m'inquiètent. L'une est celle qu'il ne cite pas de nouvelles directes de S.M. mais des nouvelles portées par un particulier, & qui se trompe sur la position des lieux. Si votre excellence consulte la grande carte du Conseil de guerre, elle verra qu'il y a contradiction in re entre les positions et les opérations. Studzanka [Studienka] où Sa Majesté doit avoir été le 27 (tandis que l'affaire de Wezlowo doit avoir eu lieu le 26) se trouve sur la rive gauche du Dniepr et plus près de Locknitza que Wezlowo. Vous ne trouverez pas Studzabka mais bien Staroi Borisow [Borissov], un peu au nord de Borisow. C'est avec une bien vive impatience, Monsieur l'Ambassadeur, que j'attends les premières nouvelles que V. E. recevra & qui je me flatte nous tirerons d'inquiétude ». En post-scriptum, il évoque une dépêche leur apprenant que le général de Latour-Maubourg est arrivé de Constantinople.
Lettre autographe signée
BERLIOZ HectorLettre autographe signée adressée à Ernest Legouvé. Jeudi matin 19 décembre [1838] ; 1 page in-8°, adresse au verso du second feuillet. À propos de l’aide financière que vient de lui apporter Paganini. « Oui, mon cher Legouvé, tout cela est vrai ; mais vous êtes l’homme du monde que la noble action de Paganini doit le moins étonner. Remerciez-bien pour moi Mme Legouvé de l’intérêt qu’elle a pris à cet heureux incident de mon roman »… Berlioz avait donné au Conservatoire, le 16 décembre 1838, un concert auquel assista Niccolò Paganini. Après avoir entendu Harold en Italie, le violoniste adressa une lettre louangeuse au compositeur, avec un reçu pour toucher la somme de 20 000 francs. Ce don, important, provoqua toutes sortes de remous et de commentaires dans le milieu artistique. Quant à Ernest Legouvé, qui avait également aidé financièrement son ami - à une moindre hauteur - il se vit dédier l’ouverture de Benvenuto Cellini en janvier 1839.
Pièce autographe
RAIMU (Jules Muraire, dit)Pièce autographe. [1931] ; 1 page in-4°.Casting proposé par Raimu pour l’adaptation cinématographique de Marius.Raimu dans le rôle de César, Charpin dans le rôle de Panisse, Berval dans le rôle de Marius, Vilbert dans Escartefigue, etc.Antonin Berval ne sera pas retenu malgré le soutien de Raimu.
Lettre autographe signée
COLETTE (Sidonie Gabrielle Colette, dite)Lettre autographe signée, adressée à son amie Misz Hertz, épouse de Léopold Marchand, l’adaptateur de Chéri et La vagabonde. Sans date ; 4 pages in-4°, sur feuilles de couleurs différentes. Très belle lettre : « Notre indistinctible beau temps a cédé — depuis six mois et plus — la place pendant trois heures à un bel orage calme et ruisselant, qui enchante la verdure, et il fait plus beau encore, et l’odeur des pins, de l’eucalyptus et les feuilles de figuiers tonitrue, si j’ose écrire. J’ai vendangé ! Ma Misz ! Avec ma fille, avec Maurice, avec Pauline et Louise, avec mes vignerons et dix vendangeurs, des vendangeurs de Provence, c’est-à-dire assez opéra comique sans leurs propos étonnants. Trois petites sœurs noires, ambrées, très jolies, faisaient plaisir à voir. Me voici dans une étrange solitude, sans Maurice et ma fille vient de partir pour le Limousin, avec Pauline qui pleurait pour ses vacances. Je ne sais pas encore bien quel goût cette solitude va avoir, pendant une dizaine de jours au moins. Je m’accroche ici pour essayer de travailler. […] J’ai l’électricité ! Partout ! C’est une fête ! et je vais me ruiner avec l’eau ! Mais ce sera si bien... Je te prête la petite maison de ma fille, tu sais. Elle est si gentille ! (la maison, et la fille aussi) Misz, écoute : “page 29”, voilà ce que j’ai fait en deux mois. Je suis désespérée. (Mais j’ai appris à me mouvoir sous l’eau, et à me tenir debout sur les mains au fond de l’eau. Compensation. Un nouveau et charmant petit chat règne ici. Je le rapporterai car c’est une chatte, et tu le trouveras aussi joli que les premières. […] Nous avons ramassé un joli crapaud, la nuit, dans mes mains, il a jeté deux ravissant cris de cristal, je lui ai rendu sa liberté, tu penses. Mais quelle voix ! »
Lettre autographe signée
MONTPENSIER Anne-Marie-Louise dOrléans, duchesse de (dite La Grande Mademoiselle)Lettre autographe signée, adressée à sa tante Marie-Christine de France, duchesse de Savoie. [Paris, fin octobre 1638] ; 1 page in-4°, adresse autographe sur la 4e page et deux jolis petits cachets de cire rouge sur fils de soie rose. Rare lettre écrite à l'âge de onze ans, à l'occasion de la mort (4 octobre 1638) du jeune duc François-Jacinte, fils et successeur de Victor-Amédée Ier. « Madame ma tante, Je desires estre ases heureuse pour vous pouvoir consoler de votre perte et vous y soulager et servir comme j'y suis obligee », etc. Mme de Montpensier a pris part à la Fronde jusqu'à faire tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales pour défendre Condé.
Lettre autographe signée
COLETTE (Sidonie Gabrielle Colette, dite)Lettre autographe signée. Sans date ; 1 page 1/2 in-8° sur papier ancien gaufré avec une chromolithographie représentant un bouquet de fleurs.« Silencieux petit Claude, tu n’es pas malade, au moins ? Je suis inquiète. J’émerge d’un sacré remous de travail. Rejointe par “Marivaux” sur qui j’avais trop peu d’avance, et forcée de soutenir quand même mon feuilleton de critique... Quel métier. Il m’est toujours nouveau, pas ses dures surprises seulement. Nous t’embrassons, mon petit Claude, tendrement. Paris, l’hiver est affreux. Ta vieille amie, Colette. »
Lettre autographe signée
NUNGESSER CharlesLettre autographe signée, adressée à sa mère. Tucuman, 31 décembre 1912 ; 6 pages in-4°.« Chère Maman, Voilà trois semaines que je n'ai pas écrit et le temps commence à me paraître long, mais en échange j’ai pas mal de nouvelles à t’apprendre. Dans la dernière lettre que je t’ai écrit, je te parlais déjà de mon départ de l’estancia Santa Adela et ce départ n’a pas été tout seul. Mon oncle ne voulait absolument pas que je quitte la maison mais tu comprends bien que je ne suis pas ici en Amérique à 16000 km de ma mère pour gagner 15 pesos par jour en faisant le pion (domestique) de Monsieur Émilie Hautcoeur, bref j’attendais toujours à la casa dans l’espoir des melons, je comptais pouvoir les vendre et en retirer au moins 1500 à 2000 p. et pour comble de malheur ces maudits melons que j’ai eu tant de mal à planter ne valent rien, la semence n'était pas de melon, elle était de cayotte, une plante qui ne se vend pas et tu juges de ma colère quand j’ai su cela. […] Enfin bref toujours est-il que j’ai demandé à mon oncle de partir à Tucuman. À la suite de cette demande, une scène violente s’est produite entre nous deux. Il m’a traité d’insolent, m’a dit qu’il m'avait recueilli, en un mot, j’ai fait ma malle, ma valise et suis parti à Tucuman avec 5 piastres en poche, résultat d’un travail acharné de trois mois. » Sur la recommandation du consul de France, il s’est fait présenter à plusieurs millionnaires de Tucuman. « Monsieur René Hileret m’a dit simplement :“Jeune homme, j’ai trois autos, entre autre une automobile Bayard Clément de 50 chevaux qui n'a jamais marché, si vous pouvez me faire marcher le moteur, je vous prendrai comme mon mécanicien et vous donnerai 180 piastres pour commencer.” Il y a exactement onze jours que je travaille. J’ai démonté l’auto pièce par pièce et j'ai le plaisir de t’annoncer que je suis définitivement chez lui. […] Pour essayer l’auto, il m’a dit de le conduire avec sa fille, une charmante américaine de dix-huit ans dans une montagne à Vio-Etoguès. Moi qui n'ai peur de rien, je t’assure que je n’étais pas à mon aise. La première fois que je conduis une voiture en Amérique, c’est pour monter à 1500 mètres par des chemins épouvantables et toujours au bord de précipices dont on ne voyait pas le fond. Ces Américains sont extraordinaires de sang-froid au bord des précipices. Mlle Grimault chantait, lui lisait le journal avec un chauffeur qui conduisait leur voiture pour la première fois et ne m’ayant jamais vu conduire, c’est réellement extraordinaire. […] Je leur ai montré mon brevet de pilote et il n’aurait rien de drôle qu’il achète un aéroplane. […] J’ai quatre pions pour laver les voitures et astiquer les cuivres ; je vais me promener en auto pour essayer les moteurs une partie de la journée. […] Tu ne vas pas me reconnaître quand tu vas me revoir. Je t’assure que je prends le genre tout ce qu'il y a de plus américain. Autant j’étais bouillant et emporté en quittant la France, autant je suis calme et de sang-froid maintenant. »













