Nos plus beaux documents autographes
4045 autographes de prestige trouvés
Ensemble de lettres adressées à Marcel Mihalovici.
MIHALOVICI MarcelEnsemble très important de 160 lettres ou documents autographes, adressés à Marcel Mihalovici. (Inventaire sur demande).Pierre Ancelin, Tony Aubin, Conrad Beck (8), Emmanuel Bondeville (13), Émile Boutroux, Pierre Capdevielle (4), Jacques Carlu (3), Robert Casadeus, Jacques Chailley (4), Georges-Emmanuel Clancier, Marius Consttant, Luigi Cortese, Jean-Yves Daniel-Lesueur, Claude Delvincourt, Gustave Doret, Emmanuel Noël Mathieu, Georges Enesco (16), Pierre Octave Ferroud, Marius Flothuis (2), Simon Goldberg (3), Jacques Ibert (4), Vladimir Jankélévitch (10), Laszlo Lajtha (2), Jean Langlais, Paul Le Flem (6), René Leibowitz (2), Raymond Loucheur (6), Georges Migot, Serges Nigg, Paul Paray (14), Alain Peyrefitte, Jean Rivier (3), Claude Rostand (26), Henri Sauguet (10), Florent Schmitt (2), Jean Tardieu.
Manuscrit autographe signé
GOUNOD CharlesManuscrit musicale autographe signée intitulé « Concerto pour piano - pédalier et orchestre » avec envoi autographe « A Lucie Palicot cette oeuvre est dédiée et donnée septembre 1889 ». 133 pages in folio plus page de titre. Partition d’orchestre de ce rare Concerto pour piano-pédalier [CG 534]. L’œuvre fut exécutée le 6 février 1888 à Angers pour l’Association artistique, et le 4 avril 1890 au Châtelet sous la direction de Gounod dont ce fut le dernier triomphe public. Sur ce Concerto, en mi bémol majeur, on lira l’intéressante analyse de Gérard Condé (Charles Gounod, Fayard, 2009, p. 881-883), à laquelle nous empruntons quelques phrases. Il se compose de quatre mouvements : –Allegro moderato d’un « héroïsme beethovenien : des arpèges conquérants montent à l’assaut des degrés de la gamme […] Le soliste fait son entrée dans le silence ; 12 mesures d’arpèges brisés au seul pédalier »… ; Scherzo en sol mineur à ¾ ; Adagio ma non troppo en ut mineur à C, « une sorte de marche funèbre » ; Final (Allegro pomposo) à 6/8, revenant en mi bémol majeur : « Le rôle plus important des timbres de l’orchestre, le brio de l’écriture du clavier, la verve rythmique soutenue, assurent à ce final une indéniable efficacité ». Le manuscrit est complet ; la partie de piano-pédalier a été mise au net par un copiste, l’orchestration est entièrement de la main de Gounod. Gounod refusa de faire éditer ce Concerto de son vivant, considérant que son éditeur Leduc louait trop cher les partitions de ses œuvres, freinant ainsi leur diffusion ; il fit don de sa partition à Lucie Palicot, pour lui en assurer l’exclusivité.
Précieux objet intime
COLETTE (Sidonie Gabrielle Colette, dite)« Carnet intime ».9,5 x 6,5 cm. Semainier inséré dans une reliure constituée de deux plaques de porcelaine décorées de bouquets floraux à base de roses dans une monture de métal doré, dos de velours bleu, restes d’un porte crayon latéral. Cette sorte d’almanach intitulé Souvenir comporte un frontispice et quelques pages où sont gravés les noms des jours. Ce précieux objet personnel de Colette montre la grande sensibilité de l’écrivain aux fleurs. Colette a écrit à trois reprises : « Aller voir Annie… » et, à la suite : « … et comme ça jusqu’à la fin des jours, c’est la grâce que je me souhaite. Colette de Jouvenel ».Colette écrivit certainement dans ce carnet dans les années 1914-1918. Il figure reproduit dans l’ouvrage de Germaine Beaumont Colette par elle-même.PÈNE Annie de [Blosseville-Bonsecours, 1871 - Paris, 1918], amie de Colette, enfant naturelle, jeune femme divorcée, mère privée de ses enfants, elle n’était pas destinée à la carrière des lettres et fut pourtant libraire, éditrice, journaliste, reporter et chroniqueuse pendant la Grande Guerre, romancière. Elle animait à la fin de la guerre un salon littéraire réputé.
Manuscrit autographe
LUMIÈRE LouisManuscrit autographe avec croquis. [Vers 1903] ; ensemble de 2 pages 1/2 et 1 page in-folio.Important manuscrit de Louis Lumière sur l’étude de la fécule de pomme de terre qui va le mener à l’invention de la photographie en couleurs. « Séparation de la fécule chez Demure ». Demure devait être le directeur du laboratoire municipal de la ville de Lyon chez qui les frères Lumières faisaient faire leurs analyses.« hauteur totale = 35 cm.tube d’écoulement à 15 cm du fond.hauteur de chute 20 cm.Durée une heure ou 1 heure 20 ! (à voir)Poids de fécule sèche (trempée la veille) égale à 1/5 du poids total (20 %)6 extractions successives recueillies chacune dans un bac identique à celui du dépôt. Chaque extraction séjourne immobile pendant 2 heures au bout desquelles on vide à 15 cm du fond par un robinet latéral.On réunit le tout et on extrait à l’essoreuse ».Rappel historique : les frères Lumière inventent la photographie en couleurs le 17 décembre 1903. Déposée sous forme de brevet le 17 décembre 1903 mais dévoilée à l’Académie des Sciences le 30 mai 1904, la plaque Autochrome Lumière, inventée par Louis Lumière, est le premier procédé de photographie en couleur. Le secret de cette invention réside dans l’emploi de la fécule de pomme de terre teintée, permettant de capter et filtrer la lumière. Les couleurs sont recomposées à partir de la juxtaposition de cette multitude de points colorés qui donnent un charme pictural à ces photographies.
Technique mixte
LANSKOY André (Andreï Mikhaliovitch, dit)CompositionTechnique mixte sur papier. Signé « Lanskoy » en bas vers la gauche. 63 x 49 cm
Lettre autographe signée
CURIE MarieLettre autographe signée. Paris, 11 avril 1919 ; 2 pages in-4°. En-tête imprimé « Faculté des Sciences de Paris Institut du Radium Laboratoire Curie ».Très belle lettre relative à lenseignement de la radiologie : « Je prends la liberté de vous écrire au sujet de la demande qui vous a été faite par Mlle Marthe Klein, professeur au Lycée de Versailles actuellement chargée du cours de radiologie pour les infirmières militaires à lInstitut du Radium. [ ] Lenseignement de Radiologie établi par moi pour former des manipulatrices pour les hôpitaux militaires est un enseignement assez particulier, exigeant lexplication de notions scientifiques assez délicates à des personnes dont les études préparatoires sont très sommaires. Mlle Klein a su sadapter avec beaucoup de souplesse à ces fonctions et a développé dans leur exécution des facultés réelles de méthode, dorganisation et de clarté dans lexposition. Avec beaucoup de dévouement, elle consacrait tout le temps nécessaire aux leçons, interrogations et surtout aux travaux pratiques. En même temps, elle a bénéficié elle-même dune augmentation de connaissances utiles et de lhabileté expérimentale.Je puis considérer son passage à lInstitut du radium comme très favorable au développement de ses aptitudes de professeur et cela dautant plus que douée dun grand intérêt pour le travail de Laboratoire, elle na cessé de consacrer tous ses moments libres à prendre une part active à ce travail, ce qui lui a permis de prendre connaissance dun bon nombre des méthodes de recherche et de faits scientifiques. [ ] Dautre part lenseignement de radiologie dont elle est chargée, est destiné à subsister dans des conditions modifiées. Le succès très grand de cet enseignement a engagé le service de santé à le rendre permanent. Dans cet essai de réorganisation, Mlle Klein pourra encore rendre de grands services, si elle est professeur à Paris. Elle pourra maider à diriger et à former les personnes qui auront à prendre la suite de lenseignement. [ ] Dautre part, je vous prie de bien vouloir accorder une audience à Mlle Irène Curie qui désire vous demander conseil au sujet de ses projets davenir pour lannée prochaine. [ ] Mlle Curie maccompagne comme préparateur de conférence en Espagne ».
Manuscrit musical autographe signé
LISZT FranzManuscrit musical autographe signé, dédicacé à Mme Bourry. Weimar, mai 1857 ; 1 page in-4° (26,5 x 20,7 cm).Fragment autographe du poème symphonique Orphée. « Pour Madame Bourry avec mille affectueux souvenirs et hommages. »Composée la même année que Les Préludes, cette page symphonique avait été initialement conçue pour être un prologue à Orphée et Eurydice, opéra de Christoph Willibald Gluck. Luvre a été créé à Weimar le 16 février 1854. Luvre est le 4e poème symphonique composé par Franz Liszt.
Lettre autographe signée
FREUD SigmundLettre autographe signée adressée à un jeune homme. Vienne 29 Mars 1931 ; 1 page in-8°. En-tête imprimé « Dr. Freud » en haut à gauche, et « Wien, IX., Berggasse 19 » en haut à droite, une page, en allemand.Freud répond à une lettre dun jeune homme qui pensait devenir médecin, et exprime son intérêt pour un voyage en Grèce que le jeune homme fait avec sa fiancée. Freud a une lettre de M. Déridère, qui est linspecteur en chef de lhygiène pour les sanitaires administration pénitentiaire et veut savoir si le jeune homme va rencontrer le Dr Déridère. Il termine la lettre : « Avec mes meilleurs vux, votre dévoué Freud.»Rare.
Lettre autographe, signée
HEMINGWAY ErnestLettre autographe, signée « Papa », adressée à son ami le scénariste Peter Viertel. Ketchum, Idaho, 31 décembre 1958 ; 2 pages in-4°. Très belle lettre relatant une partie de chasse : « Nous espérons vous revoir quelquefois avant que vous écriviez un autre scénario de mes livres. Peut-être pour For Whom the Bell Tolls [Pour qui sonne le glas]. For Whom the Bell Tolls fut publié en 1940.« Dear Pete : Thanks for the letter and the word from and on Jerry W. Also Merry Christmas and Happy New Year to you too. Its been good out here all fall and so far this winter except for the skiing a worn 10 inches showing rocks on Baldy down to almost six actually now. No good prospects either but the weather is very screwy and nobody knows anymore. 18 inches in N. Mexico yest. towards south bound on way Rose Bowl we had a long beautiful fall and very good shooting lots of birds and very good cluckers and hen shooting spread all the way up here to Ketchum now. Fine snipe, plenty pheasants and constant ducks, although season only has 6 more days to run and the flight not yet down from Canada where theyve been leaving temps of 47 to 57 for months. Have had good shooting . Have been working good and shooting well all fall. Weigh 204 and averaged that size last winter. Everything else ok. Hope your book goes good and keeps on and you hold to what you say and do not fuck it up writing picture shit. Could use something good by you to read. Am so glad you are happy and things ok. Did not write because I kept hearing so much shit and as in some ways it was a tough year for a while did not want to bother or bore you. The last letter Id had from you was good so stood on that. The news that youre working good is the best I could have. Give our love to your girl. We will be here a couple more months or maybe only six weeks.Things very bad in Cuba so may have to go there sooner. Want to finish this book before I go back. Bud Purdy and your other friends send you their best. We missed you this year. Hope well see you sometime before you write another picture from some book of mine. Maybe when they do For Whom the Bell Tolls over again sometime. I can get another cap out of that one. Still have this cap and will try to make it last another ten years but that is a long time to wait to see you. Hope you have a good summer and a fine winter. Give my best to John H. if you see him. Write here if you get time. Love from Mary too. Papa. »Peter Viertel met Ernest Hemingway in Sun Valley, Idaho in 1946. Viertel was working on his book, Love Lies Bleeding (1964), a fictional account of the life of Spains most famous matador, which was inspired by Hemingways Death in the Afternoon (1932). Hemingway lambasts the screenwriting process in this letter, and felt that Viertel was demeaning himself with his Hollywood work. Almost all Hemingways novels and short stories were made into movies, but he disliked all of them. He must have held Viertel in high regard, though, for he jokes about making another movie from one of his books! Hemingway was working on A Moveable Feast, a memoir of his life in Paris during 1921-26, his greatest work of nonfiction.
Lettre autographe signée
GAUGUIN PaulLettre autographe signée, adressée à Camille Pissarro. [Rouen, vers le 15-20 août 1884] ; 1 page in-8°. « Mon cher Pissarro, J’attends avec plaisir l’arrivée de votre fils et j’espère assez qu’il ne va pas loger chez Murer mais chez moi. Il faut que j’envoye en Norvège le tableau ; il est temps. Si vous comptez toujours exposer, que Lucien les apporte pour que je les envoie avec les miens d’un seul envoi. Quatre, deux dessins ou aquarelles et deux peintures, je compte envoyer la même chose. A quoi pensez-vous d’avoir encore un enfant, le moment n’est pas choisi, il est vrai qu’on ne fait pas ce que l’on veut. Je vous écris à la hâte. Tout à vous. P. Gauguin. Si on arrivait à vendre en Norvège vous savez qu’avec 5 000 f une famille peut vivre superbement et que le pays est très beau. »C’est en grande partie par le truchement de Pissarro que le jeune Paul Gauguin, qui souhaite à la fois quitter Paris et adopter définitivement et exclusivement le métier de peintre, choisit à son tour de s’installer à Rouen. Il nourrit l’espoir, qui fait sourire le vieux Pissarro, de vendre facilement ses toiles aux riches négociants de la ville et trouve une maison dans le quartier Jouvenet en janvier 1884. Il y séjournera dix mois avant de rejoindre sa femme, partie avant lui, à Copenhague. La production de Gauguin à Rouen, très mal connue, est fascinante et pose des questions essentielles sur l’état de l’impressionnisme au milieu des années 1880, alors que germe le mouvement néo-impressionniste. Gauguin envoie plusieurs de ses tableaux rouennais aux dernières expositions impressionnistes et c’est certainement le moment où sa peinture est le plus en phase avec les principes du mouvement, qu’il a approfondis en compagnie de Pissarro, de Cézanne et de Guillaumin. Mais l’originalité de ces peintures tient aussi au fait qu’il se cantonne dans son quartier résidentiel, rustique, ignorant le centre-ville et ne peignant qu’exceptionnellement la Seine. Le Rouen de Gauguin est un village verdoyant et mystérieux, dont le relief très particulier suggère des visions verticales et fermées, dans lesquelles le spectateur a l’impression de s’enfoncer. Ce visage de la ville, présent aussi chez les peintres de l’école de Rouen, imprégnés de la géographie de leur cité, échappe entièrement à Monet et à Pissarro, même s’ils n’ont pas manqué d’explorer, comme il se doit à Rouen, les hauteurs environnantes.En 1884, Paul Gauguin présente plusieurs tableaux. Pour la petite histoire, Fritz Thaulow et Paul Gauguin étaient à l’époque beaux-frères ayant épousé deux sœurs danoises Ingeborg et Mette Gad. Ajoutons à cela que Gauguin et Mette eurent un fils, Pola, qui devint par la suite le biographe d’Edvard Munch. 1890 est un bon cru pour les artistes français : les œuvres de Degas, Monet et Pissaro marquent l’exposition. L’année suivante c’est au tour d’Auguste Rodin de venir en terre nordique avec L’éternel printemps. Début 1895, Claude Monet revient en Norvège pour y peindre. Il séjourne quelques mois et son tableau du Mont Kolsaas est aujourd’hui exposé au Musée d’Orsay.
Portrait dédicacé
WAGNER RichardPortrait dédicacé au compositeur Samuel David. « Souvenir de Vienne en mai 1861 » ; 42 x 32 cm (à vue).Beau portrait lithographié de R.Wagner, jeune. (d’après un portrait par Clementine Stocker Esher gravé par Franz Seraph Hanfstaengl [1804-1877] à Dresde.Bel envoi autographe signé « À Monsieur Samuel David, Richard Wagner. » À gauche de la signature deux portées musicales sont le prélude de Lohengrin.La seconde portée est le thème principal du « Vaisseau fantôme » (Der fliegende Holländer).
Projet de tissu, Gouache sur papier
DELAUNAY SoniaProjet de tissu.Gouache sur papier.Monogrammée en bas à droite.38 x 26 cm.Cachet du fond Robert Perrier et annotation manuscrite « inventaire supplémentaire le Manech’Tours », réf AL au dos.
Manuscrit autographe signé
SartreManuscrit autographe (signé sur la page 1) concernant la crise du RDR (Rassemblement démocratique révolutionnaire). [Vers 1948] ; Ensemble de 14 pages in-4°, numérotées 1 à 14, ratures et corrections. Sartre participe en 1947 à l’action du « Rassemblement démocratique révolutionnaire » (RDR), parti militant français fondé avec David Rousset et Georges Altman. Ce parti qui souhaita des solutions politiques décisives inspirées par le trotskysme ne dura qu’un an. C’est le bilan de ce mouvement politique qui est traité ici par son fondateur un an après son lancement. La première page concerne les conseils de publication par J.-P. Sartre : « Je crois qu’il serait bon de supprimer la première partie (l’historique) : Raisons du RDR, qui est trop longue, assez peu rigoureuse et qui manque d’égarer dans des discussions inutiles. Pour ma part, je suggère de commencer le papier directement par : le Bilan. » Le manuscrit commence donc à la page foliotée 2 titrée « Le Bilan » : « À sa naissance le RDR se définissait comme un rassemblement de prolétaires et d’hommes libres pour lutter contre la guerre et la dictature par la Révolution Sociale. En face de l’état totalitaire russe aussi bien que de la démocratie américaine du dollar, il affirmait son entière indépendance. Repoussant à la fois le recours exclusif aux moyens parlementaires qui sont inefficaces et l’utilisation des méthodes staliniennes qui sont anti-démocratiques, il entendait faire appel à l’initiative des masses et donner à la démocratie une base populaire […] Aujourd’hui le RDR à plus d’un an d’existence ou en est-il ? Le bilan négatif est malheureusement très lourd : Après un départ encourageant, le recrutement s’est vite arrêté. […] Le Franc-Tireur n’a pas soutenu le RDR comme nous pouvons le constater […] But du congrès : Il convient d’abord de définir l’esprit dans lequel ce congrès doit se réunir. Nous devons d’abord nous persuader qu’il ne s’agit pas de la réunion annuelle des délégués d’un grand parti ou d’un mouvement de masse. Avec ses deux mille adhérents, le RDR est une avant-garde révolutionnaire. » Dans un autre chapitre « Les Principes », Sartre rappelle l’esprit du mouvement : « Le RDR lutte contre la dictature qu’elle soit de nature économique, politique, policière ou coloniale. En France il entend rassembler les antifascistes pour faire barrage contre toute tentative gaulliste d’instaurer un pouvoir fort ». Le manuscrit se termine par « L’organisation intérieure » : « Nous devons procéder de manière à mettre les dirigeants staliniens au pied du mur : s’ils refusent de s’associer à nous, ils font la preuve de leur sectarisme, s’ils acceptent, ils reconnaissent immédiatement que le RDR sert les intérêts de la classe ouvrière. Si nous avons assez de cohésion, d’indépendance et d’habileté, nous devons gagner à tous les coups et sur tous les tableaux. » La dernière page, foliotée 14, est en fait la page de titre de l’article : « Titre proposé : La crise du RDR devant la conférence nationale », avec la liste des sous titres. Magnifique manuscrit politique.
Manuscrit autographe signé
SARTRE Jean-PaulManuscrit autographe (signé sur la page 1) concernant la crise du RDR (Rassemblement démocratique révolutionnaire). [Vers 1948] ; Ensemble de 14 pages in-4°, numérotées 1 à 14, ratures et corrections. Sartre participe en 1947 à l’action du « Rassemblement démocratique révolutionnaire » (RDR), parti militant français fondé avec David Rousset et Georges Altman. Ce parti qui souhaita des solutions politiques décisives inspirées par le trotskysme ne dura qu’un an. C’est le bilan de ce mouvement politique qui est traité ici par son fondateur un an après son lancement.La première page concerne les conseils de publication par J.-P. Sartre : « Je crois qu’il serait bon de supprimer la première partie (l’historique) : Raisons du RDR, qui est trop longue, assez peu rigoureuse et qui manque d’égarer dans des discussions inutiles. Pour ma part, je suggère de commencer le papier directement par : le Bilan. »Le manuscrit commence donc à la page foliotée 2 titrée « Le Bilan » : « À sa naissance le RDR se définissait comme un rassemblement de prolétaires et d’hommes libres pour lutter contre la guerre et la dictature par la Révolution Sociale. En face de l’état totalitaire russe aussi bien que de la démocratie américaine du dollar, il affirmait son entière indépendance. Repoussant à la fois le recours exclusif aux moyens parlementaires qui sont inefficaces et l’utilisation des méthodes staliniennes qui sont anti-démocratiques, il entendait faire appel à l’initiative des masses et donner à la démocratie une base populaire […] Aujourd’hui le RDR à plus d’un an d’existence ou en est-il ? Le bilan négatif est malheureusement très lourd : Après un départ encourageant, le recrutement s’est vite arrêté. […] Le Franc-Tireur n’a pas soutenu le RDR comme nous pouvons le constater […] But du congrès : Il convient d’abord de définir l’esprit dans lequel ce congrès doit se réunir. Nous devons d’abord nous persuader qu’il ne s’agit pas de la réunion annuelle des délégués d’un grand parti ou d’un mouvement de masse. Avec ses deux mille adhérents, le RDR est une avant-garde révolutionnaire. » Dans un autre chapitre « Les Principes », Sartre rappelle l’esprit du mouvement : « Le RDR lutte contre la dictature qu’elle soit de nature économique, politique, policière ou coloniale. En France il entend rassembler les antifascistes pour faire barrage contre toute tentative gaulliste d’instaurer un pouvoir fort ». Le manuscrit se termine par « L’organisation intérieure » : « Nous devons procéder de manière à mettre les dirigeants staliniens au pied du mur : s’ils refusent de s’associer à nous, ils font la preuve de leur sectarisme, s’ils acceptent, ils reconnaissent immédiatement que le RDR sert les intérêts de la classe ouvrière. Si nous avons assez de cohésion, d’indépendance et d’habileté, nous devons gagner à tous les coups et sur tous les tableaux. »La dernière page, foliotée 14, est en fait la page de titre de l’article : « Titre proposé : La crise du RDR devant la conférence nationale », avec la liste des sous titres.Magnifique manuscrit politique.
Ensemble de 22 lettres autographes signées
CIORAN Emil MichelEnsemble de 22 lettres autographes signées, adressées à Mme Laurent. De 1976 à 1990 ; formats in-8° et in-4° principalement ; quelques traces de mouillures sur 6 lettres.— Paris, 22 janvier 1976 : Il a « accepté d’écrire pour une revue un texte assez compliqué. » Il se plaint des difficultés de son âge pour travailler. « Or, le cerveau ne marche pas toujours seul ; il faut l’aider, le fouetter. Je fais exactement le contraire, puisque je vis sur des tisanes, qui l’engourdissent au lieu de le réveiller. » Dieppe, le 24 août 1976 : « La Normandie ne vaut pas la Californie […] d’abord parce que cette ville est boudée par les gens bien, ensuite parce que des amis vous y prêtent depuis longtemps chaque année une appartement somptueux. Simone a passé le mois de juillet en Vendée où elle pense retourner pour une semaine avant la rentrée. Nous sommes curieux d’en saisir plus long sur vos impressions d’Amérique. […] Je relis des ouvrages inactuels à la bibliothèque d’ici, ce qui me donne une vague illusion d’activité. » ; Saint-Julien de Concelles, le 7 août 1977 : ils sont chez des amis. « J’y fais de petits travaux de toutes sortes par plaisir bien entendu, car je suis bricoleur dans l’âme. La seule manière de surmonter un cafard invétéré est de s’adonner à des exercices physiques, plus précisément manuels. […] Le mois de juillet a été terrible pour moi : chaque jour des visiteurs de partout... Un vrai cauchemar. Simone a été malade : elle a attrapé une amibe en mangeant quelque crudité et, pour s’en débarrasser, elle doit faire une cure d’arsenic ! ». Dieppe, le 21 décembre 1977 : « Le “destin” de Dick me poursuit. Gâcher une situation comme la sienne, à cause d’une gourgandine ! Cela peut être beau dans une perspective littéraire, mais lui, n’aimait que l’efficacité et non la poésie du downfall. » Paris, 10 janvier 1978 : « Un seul événement mémorable à la B.B.C, un major survivant du Titanic, fait le récit de la catastrophe avec un détachement extraordinaire. » ; 27 mai 1978 : « De mon côté, je vois tous les jours des gens et je vous assure que je ne suis pas quelqu’un qui mérite d’être envié. La condition des morts n’est pas tellement pénible, eux du moins ne reçoivent plus de visites. J’espère que le fait d’être grand-mère a eu sur vous un effet plutôt tonique. Puisqu’il faut que la vie se perpétue, il vaut mieux que cela se fasse par des êtres qu’on aime. Et non par des Katangais ! ». Paris, le 14 juin 1979 : « Avril et mai, je les ai passés presque entièrement dans ma chambre, à cause d’une grippe et ‘une infection à la gorge. Après m’être soigné moi-même inutilement avec des plantes, il m’a fallu prendre des antibiotiques, ce qui équivaut à une défaite. Simone a été plus chanceuse que moi. » Paris, le 15 novembre 1979 : « L’article du Monde a été écrit par un ami. En revanche le dessin, j’entends la caricature est l’oeuvre d’un inconnu […]. On dirait une tête de rat ! Je ne suis tout de même pas si hideux. Ne croyez pas que je sois tellement content du bruit qu’on fait autour de mon livre. J’ n’y suis pour rien. Ce genre de cirque appartient au paysage parisien, et il faut s’y résigner. ». Dieppe, 23 juillet 1980 : « Je n’insiste pas sur l’anniversaire, car cela invite toujours à des réflexions mélancoliques? Personnellement je n’ai jamais fêté un événement quelconque de ma vie, en tout cas pas celui de ma naissance. » Il annonce que Simone est à la retraite et que l’état de santé de son frère est bon « peut-être trop bon ». Paris, le 29 décembre 1980 : « Je n’ai pas le courage de me réfugier à Dieppe à cause du climat trop vif. J’y dors en effet très mal. Où aller ? ». Dieppe, le 9 février 1682 : « Je suis devenu une sorte de personnage “culturel”, avec tout ce que cela implique de concessions, de cabotinage […]. Cela a commencé à Cologne où je me suis produit devant un public allemand […]. Ce fut un demi-échec. En revanche, invité par l’Institut Français d’Amsterdam, je m’y suis comporté comme un acteur. Il s’agissait d’un dialogue en fait : un professeur hollandais qui posait des questions et j’y répondais comme si je m’étais trouvé sur une scène...[…] La vieillesse nous fait gagner en vanité ce que nous perdons en orgueil. Je suis content d’apprendre que Dick a remonté la pente. J’aimerais bien savoir ce qu’il pense de l’état actuel de l’Europe ». 6 septembre 1981 : Ils sont chez des amis où ils pratiquent le jardinage et le bricolage « Vous écrivez de bien jolies lettres ; la dernière surtout devrait figurer dans vos Mémoires si un jour vous décidez d’évoquer les évènements marquants de votre vie. » Paris, 30 décembre 1984 : « Je me fais le reproche d’avoir très peu lu Mme de Sévigné. Je vais vous imiter, je vais me plonger dans ses lettres ». Paris, le 1er janvier 1986 : « Notre voyage a été une réussite. Ce qui nous a plus surtout c’est Lecce, ville splendide non loin de Brindisi, où nous avons pris le bateau pour la Grèce. Athènes nous a déçus. Il est vrai que j’ai dû y donner deux conférences, ce qui suffit à vous gâcher un voyage. Nous nous sommes arrêtés heureusement quelques jours à Corfou qui, sans les touristes, serait une manière de paradis. » Paris, 15 avril 1986 : « Thank youfor your telegramme. But I am on evening of my birthday ». Paris, le 28 décembre 1986 : « Chacun de nous deux, vu notre âge, a des ennuis de santé plus ou moins sérieux. Simone se plaint des jambes, moi je surveille ma tention et affronte — depuis 25 ans ! — mes ennuis gastriques. » Dieppe, le 30 juin 1987 : « Ma vie est devenue un cauchemar. Aurais-je pu empêcher que les choses tournent de cette façon ? Je n’en suis pas sûr. Le résultat de tout cela est que j’ai perdu toute envie de me manifester et que j’évolue lentement vers une manière spéciale d’abrutissement. » Paris, le 11 avril 1989 : « Au long des années, je n’ai fait que maudire le jour de ma naissance et m’émerveiller en même temps d’être né. Je n’aurais donc pas vécu en vain, et c’est avec joie que je contemple cet investigateur d’optimisme qu’est le Pomerol. » Paris, le 21 février 1990. Il n’ a pas répondu plus tôt à sa lettre : « Mon excuse ? La maladie ou plutôt un état étrange qui relève de la psychiatrie et de la vieillesse. Jusqu’à présent je connaissais la fatigue comme problème, je la connais maintenant comme état. C’est ce qu’on appelle progrès.... J’espère pourtant qu’une amélioration est toujours possible. » Sans date : « Cela pourrait aller si je n’étais pas envahi par mes compatriotes et, ce qui est plus grave, par des “écrivains” d’ici et d’ailleurs qui me demandent des préfaces et d’autres stupidités. » Paris, 24 august : « We would be very pleased to see you again, if you could come to dinner next wednesday th 28. » 6 décembre : « I am very much upset by the news of the death of your husband. I know that you were very happy together ».On joint une lettre de Simone : « Dec 6. Thank you for your beautiful little card. […] I wonder if I could arrange a little dinner sometime next week. I would ask Christiane Frémont. […] We would drink the bottle of ine she brought me some time ago. A ‘82 Saint-Émilion 1er grand cru classé ! ».Nous savons que Mme Laurent était une américaine parisienne grande femme élégante et très amie de Man Ray, habitant le quartier de l’Odéon. Elle croisa Cioran rue de l’Odéon et l’aborda. Il l’invita chez lui dans son petit appartement de la rue de l’Odéon et ils sont devenus amis. A la mort de Cioran, elle resta amie avec Simone la compagne de Cioran.














