Nos plus beaux documents autographes
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Ensemble de 4 lettres ou brouillons de lettres envoyées à sa fille Hortense ou à son gendre Amédée Thayer.
BERTRAND Henri-Gatien, comteEnsemble de 4 lettres ou brouillons de lettres envoyées à sa fille Hortense ou à son gendre Amédée Thayer. Nouvelles familiales et mises aux point sur les sentiments religieux de l'Empereur à la suite d'accusations dirigées contre lui et son épouse. Lettre autographe signée « B », adressée à sa fille Hortense. Châteauroux, 28 mai 1841 ; 4 pages in-8°, petits manques de papier avec pertes de quelques mots. Lettre sur les accusations portées contre lui lors du décès de Napoléon Ier. « L'opinion du monde est souvent erronée. Tant de gens jugent légèrement, et parlent de même. Tu n'as pas très bien entendu ce que je t'ai dit. Des explications à cet égard seraient ici déplacées. Le monde est persuadé, dit-on, que j'ai empêché l'Empereur de communier. Mais c'est affirmer des choses ; d'abord que l'Empereur n'a pas communié, ce dont j'ai point à me mêler, et ensuite que je l'ai empêché de le faire ; ce qui est très faux, et de plus absurde, et ne sera cru d'aucune personne sensée qui y aura réfléchi. Ce que j'ai dit à ta belle mère, comme à toi-même, repose sur cette idée de charité chrétienne que tout homme d'une piété sincere est bien vu de notre souverain maître ; opinion conforme à la justice, à la bonté, à la miséricorde divine - à ces simples et belles paroles de l'écritoire : Pax hominibus bonae volontatis Paix aux hommes de bonne volonté, c.a.d. d'intention droite. Ce que j'ai dit à ta belle mère, avait pour but d'excuser auprès d'elle la conduite de son fils (conversation d'Amédée) qui lui causait une peine, vive, et peut-être ce que j'ai dit, a-t-il contribué à la ramener à des idées plus justes. [ ] Il sied peu de parler de ses sentiments religieux. Je m'en abstiens en général, les miens sont sincères, conformes au véritable esprit du christianisme. [ ] Je te renverrai la lettre de Marchand, elle est d'un homme droit. Il y a deux petites erreurs. Je les rectifierai en répondant au libellé. Il y avait le dimanche matin, vers 9 heures, messe de l'Empereur à laquelle j'assistais ordinairement et à midi, messe chez le Gd Mal pour ta mère, pour vous, et les autres personnes de Longwood, qui voulaient y venir. Cela était tout simple. Il y avait 2 prêtres. Chacun disait la messe à des heures différentes, comme cela est partout et fort convenable. C'est ainsi que dans la biographie, des faits simples sont présentés avec des insinuations perfides. C'est bien là l'homme. Le Dr Antommarchi dit que le 29 mars, ta mère visita l'Empereur. Il n'en est plus question dans les 36 derniers jours de sa maladie. Ce n'est que le 27, quand l'Empr. fut sans connaissance à ce que je crois, que ta mère, ses enfants, et toute la maison de l'Empr. se réunissent auprès de son lit de mort. L'excuse que l'Empr. me priait de donner à ta mère, et dont parle Marchand, est exacte ; avec une figure défaite, et une longue barbe, il lui était peu agréable de se présenter à ma femme. Toi, surtout, tu dois comprendre cela. Je ne sais s'il ne se souvient pas d'attendre le 3eme libellé pour répondre à tous à la fois, n'être pas obligé de reprendre la plume, et ne pas fatiguer le public d'explications personnelles, ce qui est désagréable, et me répugne beaucoup. Il faut peut être mieux laisser ces misérables vider leur sac de calomnies. Ils m'ont fait beau jeu ; et les méchants se décident sans doute. Sans doute il reste toujours quelque chose de la calomnie. cela est inévitable. Il faut en prendre son parti. L'essentiel est de marcher droit, et d'avoir le cur pur. Je vous embrasse. B. » Lettre autographe signée « B », adressée à sa fille Hortense. [Châteauroux, 17 juin 1841] ; 2 pages in-8°, un grand passage rayé, petit trou de vers. « Je reçois la lettre d'Amédée qui m'annonce m'envoyer par la poste du jour un livre que je n'ai pas reçu et qui peut-être m'arrivera demain. Il me parle d'un libelliste de bonne foi, me dit-il. C'est un fanatique et un sot. Qu'Arthur ne s'inquiète point. Je saurai bien dire ce qui conviendra. # Ce M. doit avoir un nom comme Beauterne. Il m'écrivit l'an dernier une sotte lettre, en me disant qu'il était autour d'un tel livre. Je le fis venir. Il y avait une gravure de Napoléon mourant avec de sots alentours. Il ne faut pas de relations avec de telles gens ! Un homme qui enfonce un poignard de bonne foi, qui rectifiera ce qui est faux. Ces rectifications ne m'importent guère. Quand on est en évidence, on est exposé aux libellés. J'enverrais les nouvelles étiquettes que demande Amédée. Je lui fais mille amitiés et vous embrasse de cur. [ ] Je pars pour les eaux et te quitte en vous embrassant tous. B. J'ai reçu une lettre de Heuzé qui me demanda d'envoyer les papiers de son fils. Mais déjà le tout vous était expédié. Ne te fatigue point à porter des marbres, Amédée le fera. à 8 heures. J'arrive de La Leuf où j'ai passé une journée fort agréable. Dans cette saison la campagne est belle. J'irai m'y établir lundi 4 jours et de là j'irai en passer 3 ou 4 aux eaux pour les fondailles » Lettre autographe signée « B », adressée à son gendre, Amédée Thayer. La Leuf (Château de La Leuf sur la commune de Saint-Maur près de Châteauroux), 11 juillet 1841 ; 2 pages in-8°, avec adresse et cachets postaux. Les lignes de la première page sont rayées : elles concernent une lettre de voiture, le « départ du cher petit pour Forges les eaux [ ]. Hortense confirme les bonnes nouvelles qu'[elle] m'avait données de votre fracture. A la fin du mois vous devriez être à peu près guéri. [ ] Je vais aujourd'hui à Lagny d'ou je ne reviendrai qu'après demain. [ ] Je reçois à l'instant, Mon cher Amédée, les livres d'O'Méara, biographie Montholon, lettre manuscrite du Gal M. et de M. B. mais j'aurais besoin d'une copie exacte de la lettre de Mon [Montholon], adressée ou insérée dans un journal par laquelle il annonce avoir lu avec intérêt son livre, et l'avoir trouvé conforme aux croyances religieuses de Napoléon. Mille remerciements de l'envoi. » Lettre autographe signée « B », adressée à sa fille Hortense. Châteauroux, 10 février 1842 ; 1 page 1/2 in-8°, avec adresse et cachets postaux. « J'ai reçu hier, chère Hortense, une lettre de la Maréchale de Lobau qui me fait part du mariage de sa fille. Elle veut bien se rappeler que j'ai rapporté du Brésil, une fleur pour Alphonsine. C'est si peu de chose que je suis presque honteux d'offrir une telle bagatelle, mais elle est un souvenir de l'amitié qui me liait au Maréchal. Fais moi le plaisir de lui envoyer cette fleur avec ma lettre. Arthur va se reposer des veilles du carnaval. Il a souffert ces derniers jours de quelques choses ou fronques. Mardi il y avait un bal déguisé chez le Gal Rigny. Arthur s'était fait un joli costume. Je ne suis point sorti le soir, ni ai diné en compagnie de tout l'hiver. Mais le matin, je sors, et ma santé est fort bonne. Voilà plusieurs jours de suite dont la température est presque celle de printemps. Puisse ta santé, et celle du cher petit que j'embrasse, en ressentir de bons effets. Mes tendres amitiés à Amédée. Le Gal Drouot, toujours bon, toujours le même ne t'oublie point dans une lettre qu'il m'a écrite aujourd'hui. # Le courrier de ce jour, m'apporte 2 volumes que m'envoye Amédée, et dont je le remercie. Il parait que Beauterne a encore ajouté quelques autres mensonges à ses premiers. Il y a parmi les hommes de bien vile canaille. »
Manuscrit autographe signé.
PAGNOL MarcelManuscrit autographe signé. Octobre 1957 ; 2 pages in-4°, avec corrections. Traduction en vers français des Bucoliques de Virgile destinée à paraître dans un ouvrage chez Grasset en 1958.« Virgile — BucoliquesElle avait pris Daphnis, la mort inexorable.Ruisseaux et coudriers, vous vîtes ces adieux : Serrant son enfant mort sur son cœur misérable Une mère accusait les astres et les Dieux.Nul pâtre n’a conduit, en ces tristes journéesSes bœufs rassasiés aux fontaines du soir...Nulle bête n’a bu les ondes consternéesNulle n’a pu brouter les tendres graminées,Et les monts ont redit le rauque désespoirDes lions : accablés par ce trépas iniqueIls ont gémi longtemps sur la rive paniqueCar ce fut toi, Daphnis, divin adolescent Qui lias à ton char les tigres de l’Asie,Et qui pour célébrer l’ardente DionysieFis fleurir la houlette en thyrse arborescent...La vigne est l’ornement de l’arbre qu’elle embrasseLa grappe, du sarment, son modeste soutien.Le taureau fait l’honneur des troupeaux de sa race,La moisson est l’orgueil de la campagne grasseComme tu fus l’honneur et la gloire des tiens... Depuis que les Destins nous ont pris ta présenceApollon et Palès, ces Dieux de notre aisanceOnt quitté pour jamais nos champs jadis fécondsDans les sillons où l’orge enflait sa blonde graine,Sur la stérile ivraie, aujourd’hui souveraineLa folle avoine vide agite ses flocons.Aux lieux où bleuissait la violette fraîche,Aux lieux où rougissait le narcisse pourpréLe chardon bruissant dresse une griffe rèche,Et l’épineux roncier cache l’herbe du pré.Enfants, jonchez le sol de feuilles funéraires.Puis, en signe de deuil, au-dessus des ruisseaux,Du saule et de l’osier inclinez les arceaux :Tels sont les seuls honneurs qu’il demande à ses frèresPuis, élevez un tertre aux bois silencieux Et gravez ces deux vers comme un adieu suprême :“ Je fus Daphnis, connu des forêt jusqu’au cieux... Maitre d’un beau troupeau, mais bien plus beau moi-même.”MénalquePoète, le plaisir que donne ton poème C’est la douceur d’un long sommeil délicieux Pour ceux que la fatigue étend dans la prairie, Et c’est la volupté d’aspirer à longs traits Quand la chaleur déssèche une lèvre flétrieL’eau vive qui jaillit aux sources des forêts. »
Belle lettre d'amour autographe signée, à Victor Hugo
DROUET JulietteBelle lettre d'amour autographe signée, à Victor Hugo. « Paris, le 16 novembre 1870. Mercredi soir 4 h 1/2 » ; 4 pages in-24. Durant le siège de Paris, âgée de soixante-quatre ans, toujours follement amoureuse de l’écrivain, mais souvent malade, Juliette écrit : « Mon pauvre cher bien aimé, il faut que j’en prenne mon parti et toi aussi car rien n’est plus embêtant qu’une femme qui se plaint toujours. ». Elle charge Victor Hugo de la « dégager de Madame Ugalde » avec l’aide de Madame P. Meurice ; elle pense que Madame Ugalde chantera à merveille la « grande et adorable Patria […]. C’est un bien grand et bien humiliant regret pour moi, mon ineffable adoré d’être forcée de renoncer à l’honneur de l’interpréter […]. Mais mon respect pour la personne et pour ton œuvre ne me permet pas de risquer une parodie de cet hymne sublime, ni de caricaturer celle que tu honores de ton amour depuis trente-huit ans. » Dans ses dernières lignes, la maîtresse passionnée se transforme en une affectueuse et attendrissante grand-mère (Mme Hugo était morte en 1868) : « Je n’ai pas vu les enfants (Georges et Jeanne) mais j’ai entendu leurs petits cris joyeux toute la matinée. J’attends avec impatience le moment où tu ouvriras leur porte ; en attendant je t’ouvre les bras et le cœur et je t’adore. » Belle lettre émouvante.
Lettre autographe signée
DEBUSSY ClaudeLettre autographe signée, adressée à André Caplet. Turin, le 24 juin 1911 ; 2 pages in-8°. « Où êtes-vous, cher André Caplet ? ... Ou plutôt que n’êtes-vous prêt de moi pour m’aider à faire admettre à cet orchestre turinois que la musique, ne se joue pas, les mains dans les pochez ... ! Quel métier, mon pauvre ami ! Si heures de répétitions par jour ! Vous avouerez que pour quelqu’un d’aussi peu entraîné, c’est un peu dur ! Et si vous voyiez le col de ma chemise au sortir de ces petites fêtes je suis sûr que vous pleureriez ! Alors je suis pitoyable et fatigué et la reproduction exacte de ce « roseau pensant » dont parle Monsieur B. Pascal. Naturellement je n’ai pas la force d’écrire et c’est bien compréhensible. Ma femme, après un voyage déplorable, à continuer d’être malade chaque jour. Cela n’arrange rien, au contraire ! Heureusement, Chouchou est bien portante et gaie. Elle raconte des histoires sur ses amis : Caplet, Kiki, Teddy... Enfin, le concert a été remis à demain dimanche, mais cela ne nous empêchera pas de partir Lundi soir et d’être à Paris le Mardi dans l’après-midi. Ça sera, vraisemblablement, les meilleurs moments de ce voyage sans agrément. Excusez cette lettre hâtive et déprimée, et avec les affectueux souvenirs de ma femme et de Chouchou, croyez qu’à Turin, je reste votre vieil ami. »Venu à Turin pour une semaine avec Emma, Chouchou et une nurse, Debussy voulut diriger lui-même les répétitions. Prenant acte de son incapacité à maîtriser l’orchestre qui n’avait pas été préparé, il accepta de laisser la baguette au jeune Vittorio Gui, qui conduisit en fait toutes les répétitions, pour laisser le maître diriger seulement le jour du concert, le 25 juin 1911. Gui a raconté les péripéties des répétitions dans « Debussy in Italy », Musical Opinion (janvier-février 1939, p. 305-306 et 404-405), ainsi que dans Battute d’orchestra (Firenze, 1944, p. 222 et suivante). Le programme comprenait : l’ouverture de Gwendoline d’Emmanuel Chabrier, Sarabande de Roger-Ducasse, le prélude de l’acte III d’Ariane et Barbe-Bleue de Paul Dukas, Children’s Corner (version Caplet), le Prélude à l’après-midi d’un faune et Iberia, seconde des trois Images pour orchestre.Lettre publiée dans la correspondance de Debussy établie par MM. Lesure et Herlin chez Gallimard (2005).
Manuscrit autographe
APOLLINAIRE GuillaumeManuscrit autographe. 1 page ½ in-4. Traduction autographe d’une lettre de Moussa Molo, roi du Firdou au Sénégal. Intéressant et curieux document ; la lettre de Moussa Molo, en arabe (avec son cachet), est jointe. (Ancienne collection Guillaume et Jacqueline Apollinaire.)
Lettre signée
CHURCHILL sir Winston Leonard SpencerLettre signée « Winston Churchill » adressée à Vere Harvey. 6 juillet 1939, 1 page in-8° sur papier à en-tête de son domicile à Chartwell « Thank you very Much for our letter of June 27. I am very sorry that I am unable to visit the selsey Camp, but it would be too difficult for me to get away at that time. I am Looking forward to dining with the Squadron, and will let you know when I can fix a date. » Le Selsey Camp dont il fait référence est un ancien lieu de vacance au sud de Londres, transfomer en 1939 pour accueillir les enfants handicapés qui sont évacués de Londres. En 1939 Vere Harvey était commandant du Squadron, une unité de pilote de chasse et il fera de Churchill le Commodore Honoraire.
Belle lettre d'amour autographe signée, à Victor Hugo
DROUET JulietteBelle lettre d'amour autographe, signée « Juliette », adressée à Victor Hugo. 27 septembre, « Vendredi matin 10h » [1850] ; 4 pages in-8°. Elle espère que « l’amour des beaux-arts vous attirera dans votre atelier » avant qu’elle ait fini cette lettre « et que je serai interrompue dans mon élucubration par votre auguste présence plus opportune que le brouillard pour les dépêches télégraphiques. Il serait possible que j’allasse voir Eugénie avant de m’habiller pour n’avoir plus à sortir de la journée. Cela dépendra si tu viens ou si tu ne viens pas d’ici là car je resterai ou je m’en irai selon que tu seras là car avant tout je veux profiter des courts instants que tu passes chez moi. Comment vas-tu mon petit homme ? Cette nouvelle cautérisation te paraît-elle devoir faire plus d’effet que les autres ? J’ai hâte de savoir que tu vas mieux. Est-ce que ce n’est pas aujourd’hui que tu prends ton bain de soufre ? […] Je suis plus impatiente de te voir guéri que de te voir quoique ta vue soit pour moi comme le rayon de soleil qui réchauffe le cœur et réjouit les yeux. Dépêche-toi mon petit homme de faire tout ce qu’on te prescrit et avec la plus scrupuleuse exactitude pour être plus vite débarrassé de ton mal de gorge. Qui sait peut-être que si tu étais guéri tu sentirais le besoin de faire une petite excursion de huit jours avec ta pauvre vieille Juju. Je me flatte de cette espérance qui ne se réalisera pas hélas! Mais je serai toujours bien heureuse de te savoir guéri : ainsi de toute façon, mon amour, dépêche toi de te guérir. Juliette. »
Belle lettre d'amour autographe signée, à Victor Hugo
DROUET JulietteTrès belle lettre d’amour autographe signée, adressée à Victor Hugo. « 28 avril (1849) samedi soir, 8 h » ; 4 pages in-8°. « Mon Dieu, est-ce que tu ne viendras pas ce soir ? Vraiment, j’en ai grand peur en regardant l’heure à ma pendule. Ainsi voilà tout ce que j’aurai gagné à vous donner un Balthazard ! Merci, c’est peu encourageant et je commence à regretter mes crevettes, mes vins généreux et mes meringues à la vanille. Tout cela devrait peser à votre conscience de représentant, si vous en aviez mais vous n’en avez pas, j’en suis convaincue aujourd’hui. Il paraît, du reste, que c’est un parti pris par moi de vous écrire à l’envers de ma feuille de papier. Au reste cela ne fait pas grand-chose puisqu’aussi bien ce que je vous dis n’a ni queue ni tête. Cela tient à ce que j’ai un tas de méchancetés que je suis occupée à retenir pour les empêcher de sortir. L’attention que je mets à la surveiller m’empêche de voir ce qui se passe au bout de ma plume, et je ne sais pas les trois quarts du temps ce qu’elle fait. Mais peu importe et je ne suppose pas que tu attaches grande importance à un gribouillis. Ce que tu en fais n’est que pour la forme et par égard pour moi. Je me rends bien compte de cela, mon pauvre bien aimé, tu tâches à force de bons procédés de me cacher le tort peut-être involontaire, dont tu es coupable envers mon amour. Je le sens, je t’en remercie, je t’en supplie de ne pas te contraindre à lire ces informes gribouillis qui ne sont pas plus l’expression de mon amour que ta bonne grâce n’est la preuve du tien. Pense à cela mon Victor, et ai le courage de la franchise. Je t’en saurai gré. Juliette. » Très belle lettre.
Pièce autographe signée
MONTHERLANT Henry Millon dePièce autographe signée. Paris, 18 juillet 1951 et 17 juin 1959 ; 1 page 1/2 in-4°, enveloppe avec cachets de cire rouge aux armes. Il s’agit de son testament. « Je soussigné Henry-Marcel-Joseph-Frédéric Millon de Montherlant […] exhérède tous mes parents au degré successible. J’institue comme légataire universelle Madame Marguerite Étiennette Augustine Lauze […] ou, à son défaut, son fils, M. Jean-Claude Barat […]. Je révoque expressément tout écrit de moi qui pourrait être interprété comme une disposition testamentaire, à l’exception des présentes et des traités pour des oeuvres posthumes que j’ai signées avec M. Gallimard. » En 1959, il précise que « nulle publication d’une œuvre de moi ne doit être faite après ma mort », à l’exception de celles sous contrat avec Gallimard : « j’y insiste avec la dernière force. » Sur l’enveloppe, qui portait la mention « Ceci est mon testament », il est écrit : « annulé par celui du 19 novembre 1964 ».
Lettre autographe signée
COLETTE (Sidonie Gabrielle Colette, dite)Lettre autographe signée. Sans date ; 1 page 1/2 in-8° sur papier ancien gaufré avec une chromolithographie représentant un bouquet de fleurs.« Madame, cette feuille de papier doit avoir mon âge, c’est vous dire qu’elle est vieille. Qu’elle vous porte mes voeux, le souhait que je forme pour que le sort mette un terme à vos malheurs. Je serais bien ingrate si je ne répondais pas, tout de suite à une lettre aussi simplement belle que l’est la vôtre. Votre exemple m’aidera à supporter avec patience mon mal arthritique de la hanche, d’origine accidentelle, par conséquent inguérissable. Je vous envoie ma bien sympathique pensée, Madame, Colette. »
Lettre autographe signée
ZOLA ÉmileLettre autographe signée, adressée à un journaliste. Paris, 20 décembre 1896 ; 1 page 1/2 in-8°. Zola évoque ici son poème lyrique en prose Messidor (4 actes) qui fut mis en musique par le compositeur Alfred Bruneau. « Je serai très heureux de vous être agréable, en vous donnant les éléments d’un article sur Messidor. Mais n’est-il pas trop tôt de parler d’une pièce qui ne passera que dans deux mois, et ne faut-il pas tenir un peu compte des véritables intérêts des auteurs et du théâtre ? Veuillez donc attendre que les fêtes du jour de l’an soit [sic] au moins passées. »Messidor fut joué pour la première fois à l’Opéra de Paris le 19 février 1897 comme le confirme Zola dans sa lettre. Malgré un accueil enthousiaste du public, les représentations cessèrent en avril 1897 après avoir été jouées 13 fois, compte tenu des positions de Zola pour Dreyfus qui furent peu appréciées par les directeurs de l’Opéra et ses abonnés.
Manuscrit signé
CLAUDEL PaulManuscrit signé avec corrections autographes « José Maria Sert ». Brangues, 8 décembre 1945 ; 9 pages 1/2 in-4°. Très bel hommage au peintre catalan José-Maria Sert, décédé le 27 novembre 1945. Le texte a paru dans Le Figaro du 14 décembre 1945. « José Maria Sert est mort ! José Maria Sert est mort ! Nouvelle déchirante ! Je perds le plus cher et le plus précieux de mes amis, et l’art perd le dernier représentant de la grande Peinture. » Il conte les débuts du Catalan à Paris, qui avait besoin de murs entiers de palais ou d’églises pour traduire « la vision innombrable et retentissante qui sortait de lui ». Il évoque quelques-unes de ses plus grandes œuvres : la coupole de la salle de la Société des Nations à Genève, les fresques de l’Ambassade d’Espagne à Paris et de la cathédrale de Vich. (Anciennes archives Maurice Noël).
Aquarelle et fusain
FRANK-WILL (Frank Boggs, dit)Le Louvre et le pont du Carrousel. Aquarelle et fusain sur papier signé en bas à droite « Franck Will ». 23,4 x 32,2 cm.
Lettre autographe signée
GEORGE IerLettre autographe, signée « George R », adressée à sa fille Sophie Charlotte de Hanovre, deuxième femme de Frédéric Ier, roi de Prusse. Saint-James, « 20 avril » ; 3 pages in-4°, en français. Il lui exprime la satisfaction « Les affaires prennent un assés bon train et que il y a apparense que la tranquillité se rétablira présentement assez bien issy que en Allemagne depuis que Wismar s’est rendu, tellement que vous n’aurés plus besoin de faire la campagne et que nous serons touts deux en liberté de menner une vie plus tranquille ensemble, j’ay été en paine pour avoir des chevaux pour le Roy, j’en ay trouvé quelques-uns qu’y me paroissent pourtent pas de la bonté comme je les souhaiterais. » Très rare.
Ensemble de 5 lettres autographes signées
SAUVAGE AndréEnsemble de 5 lettres autographes signées d’André Sauvage dont 4 sont écrites à des étapes de La Croisière jaune dans les années 1930. Il s’occupa des prises de vues de l’expédition et réalisa le film La Croisière jaune en 35 mm. Cette gigantesque expédition transatlantique se rendit à travers l’Asie, de Beyrouth à Pékin, en passant par l’Himalaya et la Chine centrale. Les lettres sont datées de Kaboul (11 juin 1931 ; 4 pages in-8°), Astor (29 juillet 1931 ; 7 pages in-4°), « À bord du Kahoku Maru »(27 février 1932), Hanoï (26 mars 1932 ; 4 pages in-8°). On joint une lettre du 13 juillet 1934 (4 pages in-8°). Très rares courriers de cette expédition mythique.













